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PHYSIOPATHOLOGIE
Pour mémoire, les
syndromes coronariens aigus ont un mécanisme
physiopathologique commun représenté par
la rupture de plaque ou l'érosion de l'endothélium
coronaire (moins fréquent que la rupture
de plaque, plus fréquemment observé chez
les femmes).
La rupture de plaque ou l'érosion endothéliale
active les fonctions plaquettaires et la
cascade de la coagulation aboutissant à
la formation de thrombi plaquettaires et/ou
fibrino-cruoriques capables de réduire de
façon brutale la lumière du vaisseau ou
de l'oblitérer complètement. Ces mécanismes
expliquent la survenue de phénomènes ischémiques
aigus dont la présentation clinique et l'intensité
sont fonction du caractère complet ou incomplet,
transitoire ou permanent de l'oblitération.
En outre, les thrombi formés au site de
la rupture de plaque ou de l'érosion plaquettaire
sont susceptibles d'emboliser dans le lit
distal et créer des foyers de nécrose cellulaire,
de taille variable, unique ou multiples,
expliquant la libération enzymatique.

On distingue désormais deux catégories
de syndrome coronarien aigu :
- Syndromes coronariens aigus avec
surélévation du segment
ST. Il s'agit de l'infarctus Q classique
qui correspond généralement
à une oblitération artérielle
complète d'un gros vaisseau épicardique.
- Syndromes coronariens aigus sans
surélévation du segment
ST, subdivisé en deux, angine de
poitrine instable et infarctus non-Q.
La présentation clinique de ces
deux entités est la même.
Il y a des signes de mort cellulaire dans
l'infarctus non-Q (libération enzymatique
ou de protéines de structure) alors
qu'il n'en existe pas dans l'angine de
poitrine instable. Il est du reste vraisemblable
que l'angine de poitrine instable procède
d'un mécanisme physiopathologie
différent de celui de l'infarctus
non-Q, où l'activation des fonctions
plaquettaires et de la cascade de coagulation
jouent probablement un rôle secondaire
et où les phénomènes
vaso-actifs jouent probablement un rôle
plus important.

CLINIQUE
- Circonstances de survenue:
- Angor de Novo:
angor d'apparition récente
immédiatement ou rapidement
évolutif avec apparition de
crises fréquentes déclenchées
par l'effort puis survenant en dehors
de l'effort représentant donc
l'éclosion puis l'évolution
sur le mode subaigu d'une angine de
poitrine chez un patient qui jusqu'alors
en était indemne.
- Angor aggravé:
survenant sur un angor stable préalablement
connu. Dans cette circonstance clinique,
une angine de poitrine jusque là
bien équilibrée subit
une aggravation de sa symptomatologie
et de son mode évolutif sur
le mode instable.
- Angor instable
après infarctus du myocarde
constituant une menace de récidive
ou d'extension.
- L'examen du malade
souffrant d'angine de poitrine instable
ne comporte pas de particularité.
- Electrocardiogramme:
- En dehors des crises:
- Il peut être normal.
- Il est fréquemment anormal.
Les anomalies se présentent sous
forme d'ischémie sous épicardique
ou lésion sous endocardique ou
association des deux, le territoire
dans lequel ces troubles électrocardiographiques
sont observés donnant une indication
sur la topographie des lésions
artérielles qui en sont responsables.
- En crise, on observe
habituellement une majoration des
troubles de repolarisation existant
au repos sous forme essentiellement
d'aggravation de la lésion sous-endocardique.
- Les images électrocardiographiques
observées en crise peuvent
alterner entre sous-décalage
et sur-décalage du segment
ST. Parfois, on observe une pseudo-normalisation
de l'onde T lorsqu'elle est largement
inversée.
Au début de l’évolution
de l’angine de poitrine instable,
l’électrocardiogramme peut
être négatif. C’est la
répétition des électrocardiogrammes
au cours de 24-48 heures d’évolution
qui va détecter les signes électrocardiographiques.

- Aspects biologiques
La présentation clinique et électrocardiographique
de l'angine de poitrine instable et de
l'infarctus non-Q est la même. C'est
l'existence de libération enzymatique
et/ou de protéines de structure
qui les différencie.
Les marqueurs de nécrose cellulaire,
CK, CK-MB, myoglobine et troponine, sont
libérés selon un chronologie
et une intensité variable dans
l'infarctus non-Q.
La détection précoce de
l'infarctus non-Q passe par le dosage
de marqueurs à libération
précoce comme la myoglobine.
En pratique, ce sont les CK et/ou CK-MB
ainsi que la troponine T ou I qui sont
le plus fréquemment dosés.
Il faut savoir que la détection
de ces marqueurs est retardée par
rapport au début clinique de 4
à 6 heures. Un dosage biologique
négatif à l'admission ne
permet pas d'éliminer la probabilité
d'un syndrome coronarien aigu sans surélévation
du segment ST. Il doit être répété
dans un délai de 6 à 12
heures. Deux dosages négatifs permettent
alors d'affirmer qu'il ne s'agit pas d'un
syndrome coronarien aigu en cours d'évolution.
Cette notion est particulièrement
importante puisqu'elle est à la
base de la stratification du risque et
de la prise en charge des patients. Les
malades sans libération enzymatique
ni de protéines de structure ont
généralement un bon pronostic
et peuvent être pris en charge en
dehors des conditions d'urgence.
A l'inverse, les patients avec libération
enzymatique ou de protéines de
structure ont un pronostic sérieux
et doivent être hospitalisés
et soumis à une thérapeutique
intensive orientée en fonction
de la stratification du risque.
MODALITES
EVOLUTIVES
- Comme on l'a vu dans l'étude des circonstances
de survenue, l'angine de poitrine instable
peut s'observer à titre de manifestation
inaugurale de la maladie coronarienne,
mais le plus souvent elle survient sur
une angine de poitrine préalablement existante
ou dans les suites d'un infarctus du myocarde,
immédiatement ou à distance.
- Le potentiel évolutif des syndromes
coronariens aigus sans surélévation du
segment ST est sévère. Le risque de décès
+ infarctus est de 8 à 16% à 30 jours
dans les séries de la littérature.
- C'est la raison pour laquelle le diagnostic
d'angine de poitrine instable doit conduire
à l'hospitalisation immédiate en milieu
cardiologique si possible en soins intensifs
pour réalisation d'un traitement d'urgence.
PRONOSTIC
ET STRATIFICATION DU RISQUE
Le pronostic de l'angine de poitrine
instable est dépendant d'un certain nombre
de paramètres et en particulier de la présentation
clinique.
- Un essai de rationalisation
des présentations cliniques
a abouti à un certain nombre de
classifications, la plus utilisée
et la plus connue étant la classification
de BRAUNWALD. Cette classification tient
compte de la présentation clinique,
des modifications électrocardiographiques,
de l’action des médicaments,
du caractère réfractaire
ou non à la thérapeutique,
du caractère primaire ou secondaire
des manifestations d’angine de poitrine.
En fait, elle est très peu utilisée
cliniquement car elle est très
complexe. De surcroît, elle est
basée sur la présentation
clinique, mais néglige beaucoup
de facteurs pronostiques qui étaient
inconnus lorsque cette classification
a été établie.
- La stratification du risque
repose sur l'analyse de critères très
simples:
2.1. Les critère cliniques:
- âge
- antécédents d'angine de poitrine
ou d'infarctus
- diabète
- antécédents d'angioplastie ou de
revascularisation myocardique
- dysfonction ventriculaire gauche
- tares viscérales associées
- angine réfractaire au traitement
conventionnel
2.2. La présentation électrocardiographique.
Les modifications électrocardiographiques
influencent très fortement le pronostic.
Le sous-décalage du segment ST
a le plus mauvais pronostic. L'inversion
de l'onde T a un moins mauvais pronostic.
Une présentation électrocardiographique
sans anomalie du segment de repolarisation
a le meilleur pronostic.
Les modifications dynamiques du segment
ST en cours de crise ont également
une valeur pronostique péjorative.

2.3. Libération de protéines de
structure.
La libération de troponine est un facteur
pronostique important. L'altération du
pronostic est d'autant plus importante
que la libération de troponine est plus
élevée.
Les patients avec sous-décalage du segment
ST et troponine positive sont ceux qui
présentent le risque le plus élevé.

2.4. Enfin, la présentation clinique
en crise est également
très importante.
- Instabilité hémodynamique (IVG)
au cours des crises.
- Instabilité électrique (arythmie
ventriculaire au cours des crises),
sont des facteurs de mauvais pronostic.
En somme, les patients présentant un ou
plusieurs de ces critères sont à haut
risque d'infarctus ou de décès et doivent
être pris en charge de façon particulièrement
active avec traitement médical maximal
et angiographie et revascularisation (cf
infra).
Des patients qui n'ont aucun de ces facteurs
de risque sont à risque modéré et peuvent
être pris en charge de façon moins agressive.
- Coronarographie
L'exploration angiographique de ces malades
a l'avantage de:
- quantifier la fonction ventriculaire
gauche
- faire le bilan anatomique des lésions.
Schématiquement, en cas d'infarctus non-Q
ou d'angine de poitrine instable:
- 14 à 19% des malades ont des lésions
non-significatives (ce qui n'implique
qu'ils n'aient pas eu de manifestations
authentiquement ischémiques. Les plaques
peuvent n'être pas significatives
et se rompre tout de même)
- 4 à 8% ont une lésion du tronc commun
du coronaire gauche
- 44 à 59% ont des lésions pluri-tronculaires
- 30 à 38% ont une lésion monotronculaire.
Le pronostic dépend bien entendu de la
qualité de la fonction ventriculaire gauche
et du nombre de lésions.
- Calculateur de Risque
Récemment, des calculateurs
de risque ont été établis,
tenant compte d’un grand nombre
de caractéristiques cliniques et
biologiques à l’admission.
Ces calculateurs de risque permettent
de prédire le risque de décès
ou infarctus à 30 jours et à
distance. Le calculateur de risque qui
procure les informations les plus précises
et les plus fiables est celui dérivé
du registre GRACE. Il est disponible sur
le site internet: http://www.outcomes-umassmed.org/grace/

Par ailleurs, la présence de thrombus
identifiable en coronarographie est un
élément de mauvais pronostic.
TRAITEMENT
D'URGENCE
- Repos au lit absolu
- Traitement anticoagulant par
héparine ou héparine de bas poids moléculaire.
L'héparine permet de réduire
le risque évolutif des patients
souffrant de syndromes coronariens aigus
sans surélévation du segment
ST. Les héparines de bas poids
moléculaire (HBPM) se sont avérées
aussi efficaces et mieux tolérées
que les héparines classiques.
Dans le registre GRACE, les héparines
de bas poids moléculaire se sont
avérées plus efficaces et
mieux tolérées que les héparines
classiques (moins de risque hémorragique).
Plus récemment, le fondaparinux
(pentasaccharide) anti-thrombotique ayant
une activité anti facteur X exclusive,
a été montré aussi
efficace que l’enoxaparine sur la
prévention du risque ischémique
à la phase aiguë des syndromes
coronariens aigus sans sur-décalage
du segment ST, mais a considérablement
réduit le risque hémorragique
(47% de réduction de risque hémorragique,
conduisant à une réduction
de 17% de mortalité à 1
mois). Ce nouvel anti-thrombotique est
appelé à devenir le traitement
anti-thrombotique de référence
dans cette indication à la dose
de 2,5mg en une injection sous-cutanée
quotidienne.

- Antiplaquettaires
3.1 - Aspirine. Ce médicament
a été démontré
efficace dans la réduction des
événements secondaires chez
les patients souffrant d’angine
de poitrine instable. Sa prescription
est obligatoire.
3.2 - La même démonstration
a été administrée
pour la ticlopidine (TICLID)
dans un essai clinique limité,
mais surtout pour le clopidogrel (PLAVIX)
dans une étude de grande taille
ayant incorporé plus de 12.000
patients. Ce médicament a permis
de réduire de risque de décès,
infarctus, récurrence de symptômes
ou accident vasculaire cérébral
de 22% à 6 mois. La réduction
du risque est immédiate et intervient
dès les premières heures
suivant la prescription de PLAVIX. Il
devient donc un médicament obligatoire
de la phase aiguë et chronique dans
l'angine de poitrine instable et de l'infarctus
non-Q.

3.3 Inhibiteurs des récepteurs
glycoprotéiques IIb/IIIa (anti
GP IIb/IIIa). Ces anti-plaquettaires
sont utilisables par voie veineuse exclusivement.
Ils bloquent la voie finale commune de
l’agrégation, c’est
à dire le récepteur membranaire
responsable de l’agrégation
plaquettaire exprimé à la
surface de la plaquette, quelle que soit
la voie d’activation plaquettaire.
Ces médicaments ne représentent
pas une classe pharmacologique homogène
bien qu’ayant tous virtuellement
le même mécanisme d’action.
Trois sont disponibles en utilisation
courante:
- Le plus anciennement utilisé
est l’abciximab (RéoPro)
qui est un anticorps monoclonal dirigé
contre les récepteurs plaquettaires.
- L’eptifibatide est un peptide
qui a le même propriété.
- Le tirofiban est une molécule
de petite taille dérivée
de la tyrosine.
Ces médicaments ne peuvent être
utilisés que par voie veineuse
et sur de courtes périodes de 24
à 72 heures maximum.
Ils ont été démontrés
efficaces:
- Chez les patients à haut
risque (sous-décalage du segment
ST et/ou libération de troponine
ou autres marqueurs de haut risque).
- Chez les patients soumis à
revascularisation instrumentale ou
chirurgicale.
- Chez les diabétiques.
En pratique ils s’utilisent à
la phase aiguë des syndromes coronariens
sans sur-décalage du segment
ST chez les sujets à haut risque
qui seront secondairement soumis à
angiographie et éventuellement
angioplastie, au quel cas le produit
est maintenu. Cette option est valide
pour le tirofiban et l’eptifibatide.
Une autre option consiste à n’utiliser
ces médicaments que lorsque l’anatomie
coronaire est connue lorsqu’on
décide de réaliser une
angioplastie. Dans cette indication,
seul l’abciximab ou l’eptifibatide
peuvent être utilisés.

- Anti-angineux majeurs:
- béta-bloqueurs
- les calcium-bloqueurs sont indiqués
en cas de résistance en traitement
initial avec béta-bloqueurs,
en association avec eux.
- TRINITRINE par voie veineuse
- Revascularisation
On admet désormais que la revascularisation
systématique des sujets souffrant
de syndromes coronariens aigus améliore
le pronostic à long terme. Trois
essais l’ont montré, FRISC
II, TACTICS et RITA 3. La réduction
des événements a porté
sur le risque de décès et
infarctus à 6 mois dans ces trois
essais. Dans deux d’entre eux, une
réduction de mortalité a
été obtenue à long
terme (FRISC II à un an, RITA 3
à 5 ans).
On ne peut donc plus contester l’utilisation
de la revascularisation dans cette catégorie
de patients. Seule la date mérite
d’être discutée. Une
méta-analyse récente et
un essai randomisé récent
(ICTUS) tendent à montrer qu’il
n’y a pas intérêt à
intervenir trop précocement, les
interventions précoces pouvant
conduire à davantage d’événements
par rapport à une intervention
relativement différée de
48 à 72 heures ou plus.
On admet enfin que l’utilisation
systématique d’anti GP IIb/IIIa
avant ou pendant la revascularisation
améliore le pronostic des malades
soumis à angioplastie.
Désormais, la prise en charge
optimale à la phase aiguë de ce type de
pathologie comporte:
- aspirine
- clopidogrel
- anti GP IIb/IIIa chez les
sujets à haut risque
- bêta bloquants
- héparine ou héparine
de bas poids moléculaire (fondaparinux
dans le futur)
- revascularisation myocardique

- Statines
Les statines font partie désormais
du traitement obligatoire en présence
de syndromes coronariens aigus.
On les administre dès la phase
aiguë en association avec les autres
thérapeutiques.
Les preuves de l’efficacité
des statines à réduire le
risque à long terme ont été
administrées par de nombreux essais
cliniques randomisés mais également
par des registres, en particulier RIKS-HIA,
conduit en Suède. Dans ce registre,
la réduction à long terme
du risque de récidive d’
infarctus et de décès est
de l’ordre de 60% lorsque les statines
sont administrées précocement.
INDICATIONS
THERAPEUTIQUES SCHEMATIQUES
Compte tenu de ce qui précède,
les indications thérapeutiques dans
l'angine de poitrine instable et l'infarctus
non-Q sont désormais très
claires:
- Risque élevé,
thérapeutique maximale décrite
précédemment et revascularisation.
Le point qui demeure discuté actuellement
est la précocité de la revascularisation
par rapport au début des symptômes. Deux
attitudes s'affrontent:
- Coronarographie immédiate
dès l'admission et revascularisation
sous anti GP IIb/IIIa. Cette attitude
n'est concevable que dans des centres
disposant d'une grande souplesse d'utilisation
des salles de cathétérisme
et d'angioplastie
- Pré-traitement par anti
GP IIb/IIIa et revascularisation différée
dans un délai de 24 à
48 heures (attitude démontrée
dans l'étude TACTICS). Cette
situation est plus adaptée
à la situation dans notre pays
où 80% des patients sont hospitalisés
initialement dans des hôpitaux
ne disposant pas de salles de cathétérismes
et de possibilités de revascularisation.
Il est donc concevable qu'ils soient
soumis au traitement maximal incluant
anti GP IIb/IIIa puis secondairement
transférés pour revascularisation.
- Comme mentionné précédemment,
il semble qu’un excès
de risque soit attaché à
la revascularisation précoce.
On tend donc désormais à
la différer de 24 à
48 heures.
- Risque faible, attitude conservatrice.
Démonstration de l'ischémie,
coronarographie si on le juge utile, revascularisation,
sans caractère d'urgence si elle
se trouve indiquée.

- Thérapeutique à
long terme
Le traitement à long terme des
syndromes coronariens aigus comporte obligatoirement
les classes pharmacologiques suivantes:
- Aspirine 75 à 100mg à
vie
- Clopidogrel 75mg pendant 9 à
12 mois
- Beta bloqueurs (ou inhibiteurs calciques
en cas de mauvaise tolérance)
- Statines
- Inhibiteurs de l’enzyme de
conversion (ramipril ou perindopril)
(cf chapitre sur l’angine de
poitrine stable)
- Contrôle strict des facteurs
de risque, en particulier tabagisme,
diabète, hypertension artérielle,
modification du mode de vie avec régime
de type méditerranéen,
perte de poids, reprise d’activité
physique.
CAS
PARTICULIER : L'ANGOR DE PRINZMETAL
L'angor de Prinzmetal mérite
une place à part, il s'agit d'une angine
de poitrine très particulière
quant à son expression clinique et
électrocardiographique et à
ses modalités évolutives et
ses implications pronostiques.
- Physiopathologie
L'angine de poitrine de Prinzmetal correspond
à une ischémie myocardique
transmurale aiguë correspondant à
une occlusion transitoire d'un vaisseau
épicardique à la faveur
d'un spasme survenant soit sans lésion
organique athéromateuse angiographiquement
définissable, cas le plus rare,
soit sur une lésion athéromateuse
significativement sténosante.
Le déterminisme du spasme coronaire
demeure encore à l'heure actuelle
mal connu. En particulier, les stimulis
qui déterminent la survenue de
la vasoconstriction demeurent non identifiés.
-
Clinique
• Angor spontané en dehors
de tout effort mais la présence
d'angine de poitrine d'effort associée
peut également s'observer,
• douleurs survenant classiquement
à horaire fixe avec évolution
cyclique et récidivante,
• survenue avec une particulière
prédilection dans la deuxième
partie de la nuit ou en phase post-prandiale.
Cette survenue en deuxième partie
de la nuit évoque très
fortement la notion de spasme coronaire.
• La douleur angineuse peut se
compliquer d'épisodes syncopaux.
- Electrocardiogramme
- Electrocardiogramme de repos:
- il peut être normal.
- il peut objectiver des troubles
de repolarisation comme dans l'angine
de poitrine stable commune.
- Electrocardiogramme d'effort:
- il peut être entièrement
normal,
- ou donner des modifications
électrocardiographiques
de l'angine de poitrine stable.
- A titre non exceptionnel, il
peut déclencher la survenue
d'un spasme, manifesté
soit à l'effort soit pendant
la période de récupération
par une lésion sous-épicardique,
le plus souvent accompagnée
de douleurs (figure).

- Electrocardiogramme critique:
- C'est lui qui fait l'originalité
électrocardiographique
de l'angine de poitrine de Prinzmetal.
- Une lésion sous épicardique
souvent de très forte amplitude
apparaît au moment de la
crise, disparaît avec elle,
- sans qu'on voie apparaître
secondairement d'onde Q de nécrose
ni de modifications enzymatiques.
- L'image électrique est
celle d'une ischémie myocardique
aiguë transmurale, transitoire.
- Elle est due à une interruption
totale du flux dans un territoire
artériel.
- Evolution
- Risque majeur d'infarctus.
- • Risque de mort subite par
troubles du rythme ventriculaire ou
troubles de conduction auriculo-ventriculaire
paroxystiques.
- Coronarographie formellement
indiquée
- La plupart du temps sténose unique
et proximale d'un tronc principal,
- souvent interventriculaire antérieure,
- parfois lésions diffuses,
- à titre exceptionnel, coronaires
strictement normales angiographiquement.
Dans tous les cas, spasme démontrable,
survenant soit spontanément à l'examen
coronarographique, soit déclenché par
un test de provocation (Méthylergométrine).
- Traitement
- Calcium-bloqueurs en cas d'angor
de Prinzmetal sur réseau coronaire
angiographiquement normal,
- indication de revascularisation
myocardique par pontage ou par dilatation
endoluminale en cas de lésion organique
favorable à ce type de thérapeutique,
- en cas de lésion organique ne pouvant
être ni pontée ni dilatée, indication
de calcium-bloqueurs.
Points Forts à Retenir
Syndromes
Coronariens Aigus sans Surélévation
du Segment ST
(Angine de Poitrine Instable et Infarctus
Non-Q)
- Les syndromes coronariens aigus
ont un mécanisme physiopathologique
commun, c’est à dire rupture
ou érosion de la plaque athéromateuse
qui résulte en activation plaquettaire,
activation de la cascade de coagulation,
formation de thrombus au site de la plaque
instable, embolisation distale de matériel
cruorique, plaquettaire ou athéromateux.
Le tout entraîne des manifestations
d’ischémie myocardique, nécrose
myocardique, anomalies rythmiques, ou
même la mort subite.
Dans les syndromes coronariens
aigus sans sur-décalage du segment
ST, le thrombus est riche en plaquettes
et occlusif de façon intermittente
ou incomplète.
-
Le pronostic
des syndromes coronariens aigus sans
sur-décalage du segment ST est
sérieux. La mortalité
à 1 mois est de l’ordre
de 3 à 5%, le risque de décès
plus infarctus de 8 à 10% à
un mois. A 6 mois, ces chiffres sont
doublés.
-
La présentation
clinique est quasi identique
à celle des syndromes coronariens
aigus avec sur-décalage du segment
ST. Il s’agit de crises angineuses
prolongées et/ou répétées
survenant au repos ou lors d’efforts
minimes. L’électrocardiogramme
dans les formes typiques montre un sous-décalage
du segment ST, ou une inversion de l’onde
T. Il peut être normal. En crise,
on peut observer des variations transitoires
du segment ST sous forme de sur-décalage
ou sous-décalage.
-
Le diagnostic
repose sur les dosages enzymatiques
(CK et CK-MB) et le dosage des protéines
de structure (troponine I ou T). La
positivité de ces dosages permet
d’identifier la nécrose
myocardique et d’affirmer le diagnostic
de syndrome coronarien aigu sans sur-décalage
du segment ST dans un contexte de douleurs
thoraciques avec ou sans modifications
électrocardiographiques caractéristiques.
Ces dosages ont également une
valeur pronostique.
-
On doit retenir
que les dosages de troponine peuvent
être élevés dans
d’autres circonstances
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