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Résumé des Recommandations
Depuis la
publication en 1994 (1) des premières recommandations
sur la prévention de la maladie coronaire
en pratique clinique émises par la Task
Force Communes de plusieurs Sociétés Européennes
(Société Européenne de Cardiologie, Société
Européenne d'Athérosclérose, et Société
Européenne d'Hypertension), de nouvelles
preuves scientifiques sont apparues dans
la prévention primaire ainsi que secondaire,
en particulier concernant la réduction des
lipides. Une deuxième Task Force s'est donc
réunie avec des représentants des trois
principales sociétés, y compris des représentants
de la médecine comportementale, de la médecine
générale, et du réseau européen de cardiologie
(European Heart Network), pour effectuer
une mise à jour des recommandations.
Dans le contexte
de la prévention de la maladie coronaire
en pratique clinique, la Task Force a résumé
les points essentiels sur lesquels il existe
un consensus général, dans le but de donner
aux cardiologues, aux médecins - hospitaliers
ou généraux - et aux autres professionnels
de santé les meilleurs conseils pour faciliter
leur travail dans le domaine de la prévention
de la maladie coronaire. Les personnes avec
histoire documentée de maladie coronaire
ou athéroscléreuse, ou les personnes à haut
risque demeurent prioritaires pour les actions
de prévention car c'est ce type de patient
qui en tire le plus grand bénéfice. Néanmoins,
il reste un travail considérable d'amélioration
à effectuer dans la pratique clinique actuelle
(2).
Ces recommandations
visent à encourager le développement et
la mise à jour de recommandations nationales
sur la prévention de la maladie coronaire.
Pour que la prévention devienne un élément
intégré à la pratique clinique au quotidien,
il faut que les sociétés nationales de cardiologie,
athérosclérose et hypertension, en collaboration
avec d'autres organisations professionnelles
de santé dans chaque pays, prennent la responsabilité
d'émettre de recommandations qui tiennent
compte la situation politique, économique,
et médico-sociale particulière à leur pays.
Le défi pour
tous les cardiologues, médecins et autres
professionnels de santé à travers l'Europe
consiste à prendre en compte le potentiel
offert par la prévention secondaire pour
tous nos patients, et à contribuer aux efforts
de santé publique pour réduire l'impact
de la maladie cardio-vasculaire (3).
1 - Priorités Médicales
Dans le contexte
d'une stratégie dirigée sur la population
globale, à savoir la réduction du tabagisme,
l'encouragement d'une alimentation saine
et d'une augmentation d'activité physique
pour toute la population - la priorité médicale
est en fait de mettre surtout l'accent de
l'action préventive sur les personnes ayant
déjà développé des symptômes de maladie
coronaire ou d'une maladie athéroscléreuse
d'autre localisation, ainsi sur les personnes
à haut risque de développer de telles maladies
dans le futur.
Les patients
à privilégier dans la prévention cardiologique
sont les suivants :
a) Patients
avec histoire de maladie coronaire documentée
ou patients ayant une maladie athéroscléreuse
d'autre localisation
b) Patients
asymtomatiques à risque élevé de développer
la maladie coronaire ou maladies athéroscléreuses
d'autre localisation en raison de la présence
d'un ou plusieurs facteurs de risque comprenant
:
tabagisme
hypertension artérielle
hyperlipidémie (taux de cholestérol total
et/ou taux plasmatique de LDL cholestérol
(Low Density Lipoprotein) et de triglycérides
élevés)
ou taux de HDL cholestérol réduit(High Density
Lipoprotein)
glycémie élevée
antécédents familiaux de maladie coronaire
précoce
individus ayant un hypercholestérolémie
sévère ou d'autres formes de dyslipidémie,
d'hypertension ou de diabète.
c)
Proches parents de personnes souffrant ou
ayant souffert de maladie coronaire précoce
ou de maladies athéroscléreuses d'autres
localisation, et/ou proches parents d'individus
à haut risque encore asymptomatiques.
d) Tout autre
individu rencontré au cours de la pratique
clinique générale.
2 - Objectifs de la
prévention de la maladie coronarienne
L'objectif
principal de la prévention de la maladie
coronaire est le même aussi bien chez les
patients avec maladie coronaire ou athéroscléreuse
cliniquement établie que chez les individus
à haut risque, c'est à dire de réduire le
risque de maladie coronaire majeure ou d'autres
événements athéroscléreux, et donc de réduire
la morbidité précoce et la mortalité, et
de prolonger la survie. Dans ces recommandations
sont élaborés des objectifs non seulement
pour la modification du mode de vie mais
également pour la prise en charge de l'hypertension
artérielle, de l'hypercholestérolémie et
du diabète dans la prévention primaire et
secondaire de la maladie coronaire (Tableau
1).
3 - Risque absolu multifactoriel
de la maladie coronaire comme guide des
interventions sur le mode de vie, et les
traitements médicamenteux
Les patients présentant
des symptômes de maladie coronaire ou maladies
athéroscléreuses d'autre localisation se
déclarent eux-mêmes à risque absolu élevé
d'événement coronaire récidivant. Dans ces
conditions, il est donc nécessaire d'intervenir
sur la mode de vie de ces patients
et de prescrire si nécessaire un traitement
médical afin de modifier les facteurs de
risque.
Puisque la maladie
coronaire est d'origine multifactorielle,
l'estimation du risque absolu (c'est à dire
le risque de développer la maladie coronaire
soit un événement fatal ou non-fatal à l'échéance
de 10 ans) en tenant compte de tous les facteurs
de risque majeurs est essentielle chez les
individus asymptomatiques. Voir Tableau du
Risque Coronarien (Figure 1). Les personnes
à plus haut risque multifactoriel peuvent
ainsi être identifiées et faire l'objet d'une
intervention sur la mode de vie et d'un traitement
médical, le cas échéant. Dans l'évaluation
clinique de la nécessité d'un traitement médical
de l'hypertension ou de l'hypercholestérolémie,
les praticiens devraient toujours tenir compte
du risque coronarien absolu plutôt que de
ne considérer qu'un seul facteur de risque
isolé. Un risque coronarien absolu de plus
de 20% à 10 ans, ou qui excédera 20% si projeté
jusqu'à l'âge de 60 ans, et qui persiste malgré
une intervention professionnelle sur la mode
de vie, est suffisamment élevé pour justifier
la prescription sélective de thérapeutiques
médicales ayant fait la preuve de leur efficacité.
LA PREVENTION
SECONDAIRE
1 - Patients souffrant
de maladie coronaire ou maladies athéroscléreuses
d'autre localisation
1.1 - Mode de
vie. 
Les modifications
du mode de vie dépendent largement de la
volonté des patients de changer leurs habitudes.
L'apparition de symptômes de maladie coronaire
ou la désignation comme étant à risque élevé
peut être l'opportunité idéale pour modifier
son mode de vie. Dans une telle situation,
de nombreuses personnes se déclarent prêtes
à faire les modifications nécessaires de
leur mode de vie, et peuvent réussir, avec
un soutien d'une part professionnel et d'autre
part familial, à modifier leurs habitudes
pour le long terme.
1.2
- Sevrage du tabagisme.
Les patients
devraient être encouragés, avec une aide
professionnelle si nécessaire, à arrêter
de fumer toute forme de tabac de façon permanente.
Avec des conseils constants, le médecin
peut aider le patient à renoncer au tabac.
Il serait également judicieux d'éviter le
tabagisme passif. Des produits comme des
patchs à la nicotine peuvent être une aide
indispensable dans un premier temps, particulièrement
pour les patients fortement dépendants du
tabac. L'entourage familial doit être encouragé
à offrir un soutien complémentaire en arrêtant
eux aussi de fumer, ainsi réduisant le risque
de rechute.
1.3 - Alimentation.
Des conseils
diététiques professionnels sont indispensables
dans le but d'informer le patient sur les
bons choix alimentaires et la réduction
du risque cardio-vasculaire ou athéroscléreuse
par le biais d'une alimentation saine. Le
médecin doit souligner l'importance du régime
alimentaire dans la réduction du poids,
du cholestérol et de la tension artérielle,
dans le contrôle de la glycémie chez les
patients diabétiques, et dans la réduction
du risque de thrombose. Un régime alimentaire
adapté est un élément essentiel de la prise
en charge. Le rôle des proches est d'une
importance particulière dans ce contexte
puisqu'il est nécessaire d'informer la personne
responsable de l'achat et de la préparation
des aliments sur l'importance d'une alimentation
saine, et sur la manière d'atteindre ces
objectifs diététiques dans la vie quotidienne.
Il faut souligner le rôle important de l'exercice
physique dans la réduction du poids et expliquer
la nécessité d'intervenir sur les autres
facteurs de risque. Plusieurs facteurs diététiques
ont un rapport avec le risque de maladie
coronarienne ou athéroscléreuse. Pour un
coronarien avéré, les objectifs diététiques
sont les suivants :
Réduire la consommation totale de graisses
à 30%, voire moins, de l'apport calorique
total; la consommation de graisses saturées
ne doit pas représenter plus du tiers de
l'apport total en calories d'origine lipidique,
et la consommation de cholestérol doit être
limitée à moins de 300 mg par jour.
Réduire la consommation de graisses saturées
en substituant en partie les graisses mono-
et poly-insaturées d'origine végétale et
marine, en association avec des féculents.
Augmenter la consommation de fruits, céréales
et légumes.
Réduire l'apport énergétique total dans
le cas où une perte de poids est l'objectif.
Réduire la consommation de sel et d'alcool
chez les hypertendus.
Les patients
souffrant d'hypertension artérielle, d'hypercholestérolémie,
d'autres formes de dyslipidémie ou de diabète
doivent bénéficier de conseils diététiques
spécialisés. La modification adaptée de
l'alimentation peut favorablement influer
sur ces facteurs de risque, réduisant ainsi
le besoin de traitement médicamenteux.
1.4 - Exercice
physique.
Tout patient
doit être encouragé à augmenter son activité
physique dans de bonnes conditions de sécurité
au niveau associé au risque minimal de maladie
cardio-vasculaire, en fonction de sa condition
physique. Une activité aérobique (marche
à pied, natation, bicyclette) pendant 20
à 30 minutes, 4 à 5 fois par semaine est
recommandée. Le médecin doit souligner les
effets psychologiques favorables que peut
avoir l'exercice physique. Une activité
physique régulière en association avec une
alimentation saine peut aider dans la perte
de poids, augmenter le taux de HDL cholestérol,
et réduire les triglycérides et le risque
de thrombose. Comme pour le sevrage du tabac,
le soutien de la famille est essentiel pour
mener une vie plus active.
2 - Autres Facteurs
de Risque Cardiovasculaires
2.1 - Surcharge
pondérale et obésité.
Les patients avec
une surcharge pondérale (masse corporelle
indexée >25kg/m²) ou les patients obèses
(masse corporelle indexée >30kg/m²),
en particulier les patients avec une obésité
de type centrale sont des patients à haut
risque et devraient ainsi être encouragés
à perdre du poids par le biais d'un régime
adapté et une augmentation d'activité physique.
La réduction du poids peut également aider
à réduire la tension artérielle, le taux
de cholestérol et la glycémie. La circonférence
de la taille est un indice clinique utile
d'obésité pour le suivi de la perte de poids.
Une circonférence de taille
94 cm pour les hommes et
80 cm pour les femmes indique la nécessité
de perdre du poids, et une valeur
102 cm pour les hommes et
88 cm pour les femmes indique la nécessité
de solliciter l'aide des professionnels
pour réduire la surcharge pondérale.
2.2 - Tension
Artérielle.
Chez les coronariens
avérés, le but est de maintenir la tension
artérielle en dessous de 140/90 mmHg. Si
ce but ne peut être atteint par les interventions
sur le mode de vie, un traitement médicale
est donc nécessaire. Pour des patients souffrant
d'angor, il faut privilégier des béta-bloquants,
ou si ces derniers s'avèrent mal tolérés
ou inefficaces, des inhibiteurs calciques
d'action prolongée, puisque les deux classes
pharmacologiques entraînent une réduction
de la pression artérielle et une amélioration
des symptômes. Dans le post infarctus, il
faut privilégier les béta bloquants, qui
réduisent aussi le risque de récidive de
la maladie. Les inhibiteurs de l'enzyme
de conversion peuvent aussi être utilisés,
en particulier chez les patients avec une
dysfonction ventriculaire gauche systolique
significative.
2.3 - Lipides
plasmatiques.
Les objectifs en ce
qui concerne les lipides plasmatiques sont
les suivants :
cholestérol total en dessous de 5.0
mmol/l (1.90g/l)
LDL cholestérol en dessous de 3.0
mmol/l (1.15g/l)
Les concentrations de HDL cholestérol et
de triglycérides ne doivent pas être utilisées
comme but de la thérapeutique. Cependant,
un taux de HDL cholestérol < 1.0 mmol/l
(0.40g/l) et de triglycérides à jeun >2.0
mmol/l (1.80g/l) sont associés à un risque
cardio-vasculaire élevé. Si les objectifs
de taux de cholestérol total et de LDL cholestérol
ne sont pas atteints avec des interventions
sur le mode de vie, un traitement médicale
s'impose. Il faut privilégier dans ce cas
les inhibiteurs de l'HMG Co-A réductase
(statines); il existe des preuves que les
médicaments appartenant à cette classe pharmacologique
d'hypolipidémiants réduisent la morbi-mortalité
et augmentent la survie dans la maladie
coronaire. Il existe également des preuves
que l'utilisations des statines réduit le
risque d'accident vasculaire cérébral (AVC)
chez les coronariens.
2.4 - Glycémie.
Bien qu'il ne soit
pas prouvé que le contrôle de la glycémie
réduit le risque de récidive chez les patients
diabétiques souffrant de maladie cardio-vasculaire
ou athéroscléreuse, l'effet favorable sur
la maladie vasculaire et sur les autres
complications du diabète est reconnu. Les
buts du contrôle de la glycémie dans le
diabète de Type 1 (insulino-dépendant) sont
les suivants : glycémie à jeun 5.1-6.5 mmol/l
(0.91-1.20 g/l) en post prandial; 7.6-9.0
mmol/l (1.36-1.60 mg/dl) ; HbA1C
6.2-7.5% ; et il est essentiel d'éviter
les hypoglycémies sérieuses. Chez la plupart
des patients souffrant du diabète de Type
2 (non-insulino-dépendant), on peut même
atteindre des chiffres plus bas, proches
de la normale. Pour certains types de patients,
en particulier les sujets âgés, il faut
se contenter d'objectifs moins stricts.
2.5 - Autres thérapeutiques
médicamenteuses prophylactiques.
En plus des médicaments
nécessaire à la prise en charge quotidienne
de la tension artérielle, de la lipidémie
et de la glycémie, les classes thérapeutiques
suivantes qui peuvent réduire la morbi-mortalité
chez les coronariens, peuvent également
être recommandées :
Aspirine (au moins 75mg), ou autres
médicaments agissant sur les plaquettes,
chez pratiquement tous les malades.
Beta-bloqueurs chez les malades post-infarctus.
Inhibiteurs de l'Enzyme de Conversion
(IEC) chez les patients ayant eu des signes
d'insuffisance cardiaque lors d'un infarctus
du myocarde, ou les patients avec dysfonction
ventriculaire gauche permanente (fraction
d'éjection <40%).
Anti-coagulants après un infarctus
pour certains patients à risque élevé d'événement
thrombo-embolique : infarctus du myocarde
antérieur étendu, anévrysme ou thrombus
ventriculaire gauche, tachyarrythmie paroxystique,
insuffisance cardiaque chronique, ou histoire
documentée de maladies thrombo-emboliques.
2.6 - Dépistage
de la proche famille.
Il est recommandé
de dépister les membres de la proche famille
des personnes souffrant ou ayant souffert
de maladie coronaire précoce (chez les hommes
<55 ans, chez les femmes <65 ans) puisqu'ils
sont susceptibles d'être à risque élevé
de développer la maladie coronarienne.
LA PREVENTION
PRIMAIRE
1 - Les personnes
à haut risque de développer la maladie coronaire
ou maladies athéroscléreuses d'autre localisation
.
1.1 - Estimation
du risque coronaire.
Le risque absolu de
développer la maladie coronarienne (maladie
coronarienne non-fatale ou mort d'origine
cardiaque) à l'échéance de 10 ans peut être
estimé à partir du Tableau de Risque Coronaire
(Fig. 1) en prenant en compte le sexe, l'âge,
activité de tabagisme, tension artérielle
systolique et le taux de cholestérol total.
Chez les personnes ayant un risque absolu
de maladie coronaire
20% sur 10 ans (ou qui excédera 20% si projeté
jusqu'à l'âge de 60 ans), il est indispensable
d'instaurer une campagne intensive de modification
des facteurs de risque, avec l'aide d'une
thérapeutique médicamenteuse si nécessaire.
L'intervention sur le mode de vie est d'une
importance particulière chez ce type de
patient.
1.2 - Mode de
Vie.
Les personnes à haut
risque sont encouragés d'arrêter de fumer,
de faire des choix alimentaires plus sains,
et d'entreprendre une activité physique.
Dans la prévention primaire, il est particulièrement
important d'éviter l'obésité ou de réduire
une surcharge pondérale existante. Ces modifications
du mode de vie peuvent éviter aux patients
le besoin de suivre un traitement médicamenteux
au long terme. Les recommandations pour
les modifications du mode de vie chez les
coronariens avérés s'appliquent également
aux individus à haut risque.
1.3 - Tension
artérielle.
Des essais cliniques
visant à réduire la tension artérielle en
utilisant divers molécules ont montré que
les risques associés à une tension artérielle
croissantes peuvent être réduits de façon
significative, particulièrement le risque
d'AVC, mais aussi le risque de maladie coronarienne
et d'insuffisance cardiaque. Cette réduction
est probablement plutôt attribuable à la
réduction de la tension artérielle qu'aux
propriétés inhérentes des classes d'antihypertenseurs
utilisés. La maladie coronarienne est responsable
de la plus grande proportion des morts d'origine
cardio-vasculaire, et donc, l'objectif principal
dans la prise en charge de la tension artérielle
est la réduction du risque cardio-vasculaire.
La décision de traiter
la tension artérielle par le biais d'une
thérapeutique médicamenteuse dépend essentiellement
du risque coronaire absolu, des pressions
systoliques et diastoliques, et l'impact
sur l'organe cible (Fig. 2). Pour les personnes
ayant une tension artérielle systolique
soutenue
180 mmHg et/ou une tension artérielle diastolique
100 mmHg malgré des interventions sur le
mode de vie, le risque de maladie coronarienne,
AVC et insuffisance cardiaque est tel qu'un
traitement médicamenteux est indispensable.
Lorsque la tension artérielle systolique
est compris entre 160 et 179 mmHg et/ou
la tension artérielle diastolique est compris
entre 95 et 99 mmHg, une thérapeutique médicamenteuses
peut également être nécessaire si les valeurs
demeurent élevées. Chez les patients souffrant
d'une hypertension plus modérée (tension
systolique 140-159 mmHg et/ou tension diastolique
90-94 mmHg), la décision de traiter la tension
avec une thérapeutique médicamenteuse dépend
de la présence d'autres facteurs de risque
(risque absolu de maladie coronaire
20% sur 10 ans ou qui excédera 20% si projeté
jusqu'à l'âge de 60 ans), ainsi que de l'impact
sur l'organe cible. Inversement, chez un
patient avec les mêmes niveaux de tension
artérielle mais avec un risque coronaire
absolu moins élevé, un traitement médicamenteux
n'est pas forcément nécessaire.
Dès le début du traitement
anti-hypertenseur, des objectifs thérapeutiques
sont définis, et la dose réglée jusqu'à
ce que ces objectifs soient atteints. De
préférence, le traitement de base ne comporte
qu'un seul médicament, et si nécessaire,
des agents anti-hypertenseurs supplémentaires
peuvent être rajoutés pour aider à atteindre
l'objectif du traitement. Dans la prévention
primaire, une tension artérielle inférieure
à 140/90 mmHg de façon consistante représente
un but idéal. Chez les individus jeunes,
et les personnes souffrant de diabète ou
d'insuffisance rénale parenchymale, des
niveaux plus bas peuvent être atteints.
Il a été clairement
établi par des essais cliniques randomisés
qu'un traitement anti-hypertenseur basé
sur les diurétiques (en particulier les
thiazides) et les béta-bloquants permet
de réduire la morbidité et la mortalité
cardio-vasculaire. De nouvelles preuves
révélées récemment indiquent que les inhibiteurs
calciques permettent étalement une réduction
de la morbi-mortalité. Cependant, dans beaucoup
de ces essais, des inhibiteurs de l'enzyme
de conversion et d'autres médicaments anti-hypertenseurs
étaient prescrits en association avec le
médicament à l'étude. Donc plusieurs classes
thérapeutiques peuvent être recommandées
en traitement anti-hypertenseur dans le
but de réduire la tension artérielle à un
niveau adéquate.
1.4
- Lipides Plasmatiques.
Des essais cliniques
visant à modifier les taux de lipides plasmatiques
par le biais d'une thérapeutique médicamenteuse
ou diététique ont prouvé que les risques
associés à un taux de cholestérol total
élevé peuvent être réduits de façon significative.
Il est probable que cette réduction des
risques soit due à la réduction des lipides
plasmatiques, en particulier le taux de
LDL cholestérol, plutôt qu'aux propriétés
inhérentes des hypolipidémiants utilisés.
Toute décision d'instaurer
un traitement médical dépend de plusieurs
facteurs, à savoir le risque coronaire absolu,
les taux de lipides plasmatiques, le bilan
des lipoprotéines, et la présence ou non
d'antécédents familiaux de maladie coronaire
ou athéroscléreuse d'autre localisation
précoce (Fig. 3). Chez les patients avec
hypercholestérolémie familiale, le risque
de maladie coronaire précoce est tel qu'un
traitement médical est toujours nécessaire.
Chez les individus à risque coronaire élevé
en raison d'une combinaison de facteurs
de risque (risque absolu de maladie coronaire
20% ou excédant 20% si projeté à l'âge de
60 ans) et dont les taux de cholestérol
demeurent élevés malgré des mesures diététiques,
un traitement médical hypolipidémiant est
nécessaire. Pour ces individus à haut risque,
le taux de cholestérol total idéal se situe
à moins de 5.0 mmol/l (1.90 g/l), avec LDL
cholestérol à moins de 3.0 mmol/l (1.15
g/l). Des essais cliniques de traitements
hypolipidémiants dans la prévention primaire
en ont fait la preuve, en montrant une bénéfice,
notamment en réduisant la morbi-mortalité
coronaire, chez les patients avec un risque
absolu coronaire moins de 20%. Des concentrations
de HDL cholestérol de plus de 1.0 mmol/l
(0.40 g/l), et de triglycérides à jeun >2.0
mmol/l (1.80 g/l), sont des facteurs indicatifs
d'un risque élevé de maladie cardio-vasculaire.
Au début du traitement
hypolipidémiant, le dosage devrait être
réglé jusqu'à l'obtention du niveau de cholestérol
souhaité. Il s'avérera probablement impossible
d'atteindre chez tous les individus à haut
risque les buts avec des mesures diététiques,
ou avec un traitement hypolipidémiant à
dose maximale, et donc, certains patients
nécessiteront une association de traitements.
Les patients souffrant d'une hyperlipidémie
sévère ou d'un taux de LDL cholestérol particulièrement
élevé n'atteindront peut-être jamais les
valeurs souhaitées, mais en tireront quand
même une bénéfice de la réduction du cholestérol.
Actuellement, quatre
classes d'hypolipidémiants sont employés
(les statines, les fibrates, les résines
et niacine ). Au moins un agent de chaque
classe a été démontré efficace dans la réduction
de la morbi-mortalité coronaire, mais les
preuves les plus convaincantes pour l'efficacité
et sécurité d'emploi dans la prévention
primaire plaident en faveur des statines.
1.5
- Glycémie.
Jusqu'à présent, aucun
essai randomisé n'a apporté de preuves substantielles
en ce qui concerne l'équilibre glycémique
et le risque de maladie coronaire ou athéroscléreuse
d'autre localisation chez les patients diabétiques.
Dans les deux types de diabéte, le degré
d'hyperglycémie est associé à un risque
élevé de maladies athéroscléreuses. Un bon
équilibre glycémie (comme décrit pour les
patients atteint de maladie coronaire) a
des effets bénéfiques sur la maladie microvasculaire
diabétiques, ainsi que sur d'autres complications
du diabète. Par conséquent il est essentiel
d'atteindre un bon équilibre glycémique
chez tout patient diabétique, si possible.
Pour tous les niveaux d'un facteur de risque
donné - tabagisme, tension artérielle, lipides
plasmatiques - et pour toutes les combinaisons
de ces facteurs de risque, le risque total
de maladie coronaire est beaucoup plus élevé
chez un patient diabétique que chez un individu
non-diabétique avec des facteurs de risque
comparables. Donc il est particulièrement
important d'atteindre les objectifs de facteurs
de risque chez les patients diabétiques.
1.6
- Thérapeutiques médicamenteuses prophylactiques.
L'aspirine et d'autres
anti-plaquettaires ne sont généralement
pas indiqués dans la prise en charge des
individus à haut risque. Il existe des preuves
que l'aspirine à dose réduite (75 mg) peut
réduire le risque de maladie coronaire chez
les patients hypertendus traités, et dont
la tension artérielle est bien contrôlée.
Il n'est pas recommandé de prescrire de
l'aspirine pour tout patient à risque élevé
de maladie cardio-vasculaire.
1.7
- Dépistage de la proche famille.
Il est recommandé
de faire un bilan lipidique complet chez
tous les membres de la proche famille des
patients susceptibles d'avoir une hypercholestérolémie
familiale, ou d'autres formes de dyslipidémie
familiale. |