| CE QU'IL
FAUT COMPRENDRE
1 - Le rétrécissement
mitral est une valvulopathie devenue
rare sous nos climats mais encore fréquente
en milieu d’endémie rhumatismale
ou chez l'immigré.
2 - Il représente un obstacle
mécanique à l'écoulement
du sang entre l'oreillette gauche et le
ventricule gauche. La conséquence
est l'augmentation de la pression dans l'oreillette
gauche et dans toutes les cavités
d'amont, c'est à dire petite circulation.
Cette augmentation
de pression entraîne une dilatation
et hypertrophie de l'oreillette gauche dont
la conséquence à long terme
est la survenue d'arythmie atriale sous
forme de fibrillation atriale.
Les manifestations cliniques et les complications
du rétrécissement mitral sont
facilement déductibles de la physiopathologie
de la maladie.
L'augmentation
chronique des pressions de la petite circulation
explique oedème pulmonaire et manifestations
de poumon cardiaque, hypertension artérielle
pulmonaire et à long terme, insuffisance
cardiaque droite,
La
dilatation de l'oreillette gauche explique
la survenue de fibrillation atriale,
La
stase sanguine dans l'oreille gauche explique
les embolies systémiques.
3 - Le traitement du rétrécissement
mitral a été radicalement
transformé par l'apparition:
de
la chirurgie de commissurotomie mitrale
en 1947,
puis
par les possibilités de traitement
non chirurgical par commissurotomie mitrale
percutanée en 1984.
Ce traitement est
réservé aux formes serrées.
4 - Pour la pratique, retenir que
:
le diagnostic de rétrécissement
mitral peut être suspecté cliniquement
par l'auscultation de l'apex. La symptomatologie
acoustique du rétrécissement
mitral est très caractéristique.
L'échocardiographie
en fait très facilement le diagnostic,
L'électrocardiogramme
et la radiographie de thorax permettent
seulement de le suspecter mais jamais de
l'affirmer,
Vous
avez très peu de chances d'être
confrontés à cette pathologie
si vous exercez dans le futur dans un pays
à haut niveau de développement
économique. Cela rendra le diagnostic
de rétrécissement mitral lorsqu'il
se présentera à vous d'autant
plus gratifiant!!
Enfin,
le rétrécissement mitral en
fibrillation atriale ou le rétrécissement
mitral déjà compliqué
d'accident embolique même en rythme
sinusal demeure une indication formelle
et définitive de traitement anti-coagulant
oral.
COURS
Le rétrécissement mitral est
un obstacle à l'éjection atriale
gauche. Il constitue un barrage mécanique
permanent au niveau de la valve atrio-ventriculaire
gauche opérant passivement pendant
la diastole ventriculaire gauche. Il a des
conséquences hémodynamiques
sur la petite circulation pulmonaire.
Cette pathologie valvulaire tend à
se raréfier dans les pays développés
mais demeure très fréquente
dans les pays en voie de développement
où l'endémie rhumatismale
demeure très active. Première
valvulopathie à avoir fait l'objet
d'une correction chirurgicale dès
1947, l'intérêt à son
égard s'est renouvelé depuis
1984 grâce à l'apparition d'une
nouvelle technique de traitement non opératoire,
la commissurotomie mitrale percutanée
par ballonnet.
ETIOLOGIE
1
- Le rhumatisme articulaire aigu
est l'étiologie la plus fréquente,
répondant à la quasi totalité
des cas. La sténose mitrale ne se
développe que plusieurs années
à plusieurs dizaines d'années
après l'atteinte rhumatismale. Sa
constitution est d'autant plus précoce
que le processus rhumatismal intervient
plus précocement dans l'existence
et est plus soutenu et répété.
La fréquence et la sévérité
des rétrécissements mitraux
dans les pays en voie de développement
sont à la mesure de l'insuffisance
de la prophylaxie. Sa fréquence baisse
dans les pays développés où
les rares formes observées sont désormais
le fait de rhumatisme articulaire aigu passé
inaperçu ou insuffisamment traité.
Parfois seule la notion d'angines répétées
dans l'enfance est retrouvée.
2 - Le rétrécissement
mitral congénital est très
rare et s'observe le plus souvent dans un
contexte malformatif. Il est le plus souvent
dû à une valve mitrale «
en parachute » sur pilier mitral unique,
et est plus fréquent chez les garçons.
3 - La sténose mitrale
peut être satellite d'une autre pathologie
valvulaire. Une sclérose avec calcifications
de la valve mitrale peut s'observer en présence
d'un rétrécissement aortique.
Dans ces cas, la sténose mitrale
est plus fonctionnelle liée à
la perte de mobilité des valves qu'organique
liée à la fusion des commissures
PHYSIOPATHOLOGIE
1
- Conséquences hémodynamiques
:
La présence d'une sténose
mitrale entraîne un obstacle mécanique
qui se traduit sur le plan hémodynamique
par l'apparition d'un gradient de pression
diastolique entre atrium gauche et ventricule
gauche. Le gradient est d'autant plus élevé
que la surface valvulaire est plus basse
et d'autant plus élevé que
le débit traversant l'orifice sténosé
est plus élevé, ainsi qu'en
rend compte la formule de Gorlin et Gorlin:
où F = flux
traversant l'orifice mitral, G = gradient
de pression, S = surface valvulaire et k
= constante. 
1.1 La présence
d'un gradient de pression entre oreillette
gauche et ventricule gauche entraîne
une élévation des pressions
de l'oreillette gauche, du capillaire pulmonaire
et de la pression artérielle pulmonaire.
L'élévation de la pression
capillaire rend compte des phénomènes
pulmonaires, dyspnée, oedème
pulmonaire, manifestations de poumon cardiaque.
L'élévation des pressions
est à l'origine d'une dilatation
cavitaire progressive de l'oreillette gauche
dont les parois s'amincissent et dont le
tissu musculaire est remplacé par
du tissu fibro-graisseux. La dilatation
favorise l'éclosion des troubles
du rythme atrial.
1.2 Dans les formes
sévères d'évolution
prolongée, une hypertension
artérielle pulmonaire peut s'installer
à la faveur d'une augmentation des
résistances artériolaires
pulmonaires de mécanisme mal connu.
Elle est à l'origine des hémoptysies.
Elle est incomplètement régressive
après correction chirurgicale. C'est
dans ces formes qu'une insuffisance pulmonaire
peut s'observer. L'hypertension artérielle
pulmonaire constitue un obstacle à
l'éjection du ventricule droit, à
l'origine des signes droits observés
dans le rétrécissement mitral:
dilatation des cavités droites, insuffisance
tricuspidienne fonctionnelle et insuffisance
ventriculaire droite.
1.3 Le débit
cardiaque est habituellement maintenu
sauf dans les formes très serrées,
dans les formes avec hypertension artérielle
pulmonaire particulièrement lorsqu'il
existe une fibrillation atriale.
2 - Troubles du
rythme :
Fibrillation atriale et flutter atrial sont
des complications fréquentes de la
sténose mitrale. Ils sont d'autant
plus fréquents que l'oreillette gauche
est plus dilatée.
3 - Les embolies
systémiques sont la conséquence
de la thrombose de l'oreillette gauche qui
s'observe préférentiellement
dans les sténoses mitrales serrées
en fibrillation atriale avec oreillette
gauche dilatée. Elles sont parfois
révélatrices de la maladie.
4 - Troubles de
la mécanique ventilatoire.
La stase chronique dans la petite circulation
et l'hypertension artérielle s'accompagnent
d'une fibrose pulmonaire diminuant la compliance
du poumon et entravant les échanges
gazeux s'observe dans les rétrécissements
mitraux sévères très
longuement évolués.
DIAGNOSTIC
1 - Circonstances
de découverte :
Le rétrécissement mitral est
observé dans 9 cas sur 10 chez la
femme. En règle générale,
il est révélé par une
manifestation fonctionnelle ou une complication
: dyspnée d'effort progressivement
croissante, hémoptysie, trouble du
rythme auriculaire, fibrillation auriculaire
ou flutter, oedème aigu du poumon,
embolie systémique périphérique
ou cérébrale, accident gravido-cardiaque.
2 - L'examen
somatique permet en règle générale
de porter le diagnostic.
2.1 A l'inspection,
le classique faciès mitral
avec pommettes rouges est très inconstant.
Le nanisme mitral s'observe dans les formes
sévères de l'enfant.
2.2 La palpation
révèle dans les formes serrées
un frémissement diastolique.
L'éclat du premier bruit est parfois
palpable. Dans les formes avec hypertension
artérielle pulmonaire, un soulèvement
infundibulaire au bord gauche du sternum
avec deuxième bruit palpable représente
le syndrome infundibulo-pulmonaire. Il ne
s'observe que chez les sujets maigres avec
très forte hypertension artérielle
pulmonaire.
2.3 En fait,
l'auscultation cardiaque est l'élément
essentiel du diagnostic
. L'identification
de l'anomalie auscultatoire est le plus
souvent aisée. Toutefois, chez les
patients obèses, a fortiori en fibrillation
atriale rapide, l'auscultation peut être
difficile. Elle doit être soigneuse,
réalisée en décubitus
latéral gauche après avoir
localisé le choc de pointe, éventuellement
après effort.
L'auscultation
associe un éclat du premier bruit,
une systole libre, un claquement d'ouverture,
un roulement diastolique, un renforcement
pré systolique lorsque le rythme
sinusal est maintenu. Ces différents
signes lorsqu'ils sont complets réalisent
le classique rythme de Durozier. L'intensité
de chacun des éléments de
l'auscultation est variable. Dans les formes
très serrées, le roulement
diastolique peut être difficile à
percevoir.
D'autres
anomalies auscultatoires peuvent être
perçues en fonction de la sévérité
de la sténose mitrale :
éclat
du deuxième bruit pulmonaire à
distinguer du claquement d'ouverture mitral,
en cas d'hypertension artérielle
pulmonaire,
souffle
systolique xiphoïdien d'insuffisance
tricuspidienne, majoré par l'inspiration
profonde,
souffle
diastolique d'insuffisance pulmonaire rarissime,
roulement
diastolique de rétrécissement
tricuspidien associé.
2.4 L'examen
somatique extracardiaque peut révéler
les manifestations annexes du rétrécissement
mitral :
râles
crépitants dans les bases chez les
patients avec manifestation d'oedème
pulmonaire.
augmentation
du volume du foie, turgescence des jugulaires,
expansion systolique des jugulaires en présence
d'une hypertension artérielle pulmonaire
compliquée d'insuffisance ventriculaire
droite et d'insuffisance tricuspidienne.
signe
de Harzer.
EXAMENS COMPLEMENTAIRES
1 - L'électrocardiogramme
Il peut être normal dans les formes
peu serrées.
Dans
les formes serrées, il objective
une déviation axiale droite, une
hypertrophie auriculaire gauche
manifestée
par une onde P de durée prolongée
au delà de 12/100ème de seconde
avec morphologie en dos de chameau dans
les dérivations périphériques
en D2 ainsi que dans les précordiales
gauches V5, V6 et à concavité
terminale dans les précordiales droites.
une
hypertrophie ventriculaire droite manifestée
par une onde R apparente en précordiales
droites et une onde S en précordiales
gauches.

Dans
les formes majeures, l'hypertrophie ventriculaire
droite peut être particulièrement
apparente avec onde R exclusive en V1 et
hyper déviation axiale droite.
Le
rythme sinusal peut faire place à
une fibrillation atriale, plus rarement
à un flutter atrial.
2 - Radiographie du thorax.
La radiographie du thorax permet dans la
plupart des cas d'identifier le diagnostic.
2.1 La silhouette
cardiaque
est non ou peu augmentée de volume
dans les rétrécissements mitraux
peu évolués. Elle peut être
fortement augmentée de volume dans
les formes très évoluées,
particulièrement si une insuffisance
tricuspidienne est associée.
La
silhouette cardiaque du rétrécissement
mitral comporte une saillie à court
rayon de la partie basse de l'arc moyen
gauche correspondant à l'auricule
gauche. L'oreillette gauche est visible
de face sous forme d'un double contour avec
débord au niveau de l'arc inférieur
droit. Son arc surcroise celui de l'arc
de l'oreillette droite. Dans les formes
avec hypertension artérielle pulmonaire,
une saillie de l'artère pulmonaire
peut s'observer de face.

L'observation
de calcifications valvulaires est rare,
même sur le cliché de profil.
Seul l'examen en amplificateur de brillance
permet de les identifier facilement.
Chez
les patients avec antécédent
de commissurotomie la saillie de l'auricule
gauche au niveau de l'arc moyen gauche est
remplacée par une dépression
et la pointe du coeur est soulevée
du diaphragme.
Dans
les formes avec forte dilatation cavitaire
et insuffisance tricuspidienne associée,
l'index cardio-thoracique peut être
augmenté de façon importante.
L'arc inférieur droit déborde
largement. L'ensemble réalise une
silhouette triangulaire dite mitro-tricuspidienne.
2.2 Les
signes parenchymateux de poumon cardiaque
évoluent en trois stades selon le
niveau des pressions de la petite circulation:
hypertension
veineuse post-capillaire avec redistribution
de la perfusion au profit des sommets et
raréfaction de la vascularisation
des bases lorsque la pression capillaire
est de l'ordre de 15 à 18 mm de mercure.
oedème
pulmonaire interstitiel avec stries de Kerley,
épanchement inter lobaire ou de la
grande cavité, densification des
septa, images de réticulation de
l'ensemble du poumon, bronches nimbées
d'oedème pour une pression capillaire
comprise entre 18 et 25 mm de mercure.
oedème
pulmonaire alvéolaire avec images
nodulaires péri hilaires parfois
confluentes lorsque la pression capillaire
dépasse 25 mm de mercure. Il s'observe
principalement au décours des phases
d'oedème pulmonaire clinique.

3 - Echocardiographie
Doppler :
Cet examen non invasif a bouleversé
le diagnostic du rétrécissement
mitral tant en ce qui concerne le degré
de sévérité que l'estimation
de la forme anatomique. Les signes échographiques
sont observables dans la plupart des cas
par voie transthoracique. En cas d'échogénicité
insuffisante, la voie transœsophagienne
sera indiquée.
3.1 - Le
mode TM, qui n’est plus guère
utilisé pour le rétrécissement
mitral, montre :
le
ralentissement de la vitesse de fermeture
de la grande valve mitrale, réduction
de la pente EF, disparition ou atténuation
de l'onde A,
le
mouvement paradoxal de la petite valve,
qui suit celui de la grande valve,
l'épaississement
des feuillets valvulaires témoignant
du degré de fibrose valvulaire. La
présence de réflexions multiples
permet de soupçonner la présence
de calcifications.
il
permet la mensuration des cavités
cardiaques droites et gauches.
3.2 - L'échocardiographie
bidimensionnelle
permet de préciser les dégâts
anatomiques ainsi que le degré de
sténose valvulaire.
La
fusion commissurale limitant l’ouverture
valvulaire, l'épaississement des
feuillets valvulaires qui diminue la souplesse,
la mobilité et l'excursion des valves,
la fusion et le raccourcissement des cordages
sont analysables en échographie bidimensionnelle.
Dans les formes évoluées,
des calcifications peuvent s'observer. Elles
intéressent le tissu valvulaire,
parfois les commissures, plus rarement les
cordages.
Au
total, la surface utile de l'orifice mitral,
normalement de 3 à 6 cm², est
réduite. En dessous de 1,5 cm²
l'obstacle mécanique est significatif;
il est très serré en dessous
de 1 cm².
Selon
la répartition des lésions,
on distingue deux formes anatomiques principales
:
les
rétrécissements mitraux valvulaires
où prédominent fusion commissurale
et épaississement valvulaire. Ces
formes sont idéales pour la commissurotomie
mitrale à coeur fermé ou percutanée
par ballonnet.
les
formes sous valvulaires où prédominent
les lésions des cordages. Dans les
formes extrêmes, l'appareil valvulaire
est transformé en entonnoir fibreux.
Dans ce type anatomique, la commissurotomie
donne des résultats insuffisants
car l'ouverture des commissures ne rend
pas leur mobilité aux valves et n'améliore
pas la fonction valvulaire.
3.3 - L'examen
en écho et au doppler permet :
de
mesurer les gradients transvalvulaires mitraux,
de dépister la présence d'une
fuite valvulaire et d'en apprécier
la localisation et l'importance au doppler
à codage couleur
d'estimer
la surface valvulaire par planimétrie
de l’orifice mitral en diastole, ou
en mesurant le temps de demi décroissance
du gradient protodiastolique d'après
la formule de Hatle (220/T ½),
de
dépister les fuites et sténoses
valvulaires associées au niveau des
autres orifices valvulaires,
de
calculer les pressions pulmonaires, systolique
à la faveur d'une éventuelle
insuffisance tricuspidienne associée
et diastolique à la faveur d'une
éventuelle insuffisance pulmonaire.
Une échocardiographie Doppler bien
conduite chez un sujet échogène
permet de réaliser un cathétérisme
cardiaque complet de manière non
invasive.
3.4 - Echographie
transœsophagienne.
Elle permet une observation fine de l'oreillette
gauche et de la valve mitrale en raison
des rapports anatomiques étroits
unissant oreillette gauche et œsophage.
Cette fenêtre d'observation permet
de dépister avec une très
grande sensibilité les thrombi de
l'oreillette gauche, localisés le
plus souvent à la face postérieure
de la cavité ou au niveau de l'auricule
gauche.
Dans les sténoses serrées,
le ralentissement circulatoire dans l'oreillette
gauche se manifeste sous forme de contraste
spontané, rarement observable en
échographie transthoracique.

4 - Cathétérisme
et angiographie :
Ils sont inséparables l'un de l'autre.
Moins utilisés pour l'appréciation
du degré de sténose et de
la forme anatomique depuis l'avènement
de l'échocardiographie, le cathétérisme
cardiaque et l'angiographie gardent des
indications en cas de doute persistant ou
de lésions valvulaires associées
mal appréciées.
Ils restent la base du cathétérisme
interventionnel.
4 .1 - Cathétérisme.
Il permet :
la
mesure directe du gradient transvalvulaire
mitral estimé par superposition des
courbes de pression atriale et ventriculaire
gauches. L'oreillette gauche est abordée
par voie transseptale. A défaut,
la pression capillaire bloquée est
assimilée à la pression atriale
gauche.

l'estimation
du régime des pressions dans toutes
les cavités cardiaques, oreillette
droite, ventricule droit, artère
pulmonaire, capillaire pulmonaire et/ou
oreillette gauche, ventricule gauche et
aorte.
la
mesure du débit cardiaque.
l'estimation
de la surface mitrale selon la formule de
Gorlin et Gorlin.
4.2 - L'angiographie
a plusieurs intérêts :
Réalisée
dans le ventricule gauche, elle permet de
préciser :
le
degré de calcifications des valves,
l'étendue
des lésions sous valvulaires manifestées
par les images lacunaires unissant le bord
libre des valves aux piliers de la mitrale.
Ces images sont surtout visibles en oblique
antérieure droite et en transverse,
la
présence et l'importance d'une régurgitation
valvulaire mitrale associée.
La
coronarographie obligatoire au delà
de 45 ans en cas d'exploration invasive
permet de dépister d'éventuelles
lésions coronaires associées.
5 - Au total,
au terme de l'examen clinique et de l'exploration
non invasive d'un rétrécissement
mitral, on doit être en mesure de
préciser :
le
degré de sténose par l'estimation
du gradient et de la surface valvulaire,
la
forme anatomique du rétrécissement
mitral, valvulaire ou sous valvulaire, ou
forme intermédiaire,
le
retentissement sur les pressions de la petite
circulation,
les
lésions valvulaires associées.
L'exploration invasive n'a d'indication
qu'en cas de doute persistant sur l'un des
éléments du bilan ou pour
la réalisation d'un cathétérisme
interventionnel. En préopératoire,
elle ne s'impose que chez les sujets âgés
à la recherche de lésions
coronaires associées.
En fonction du degré de sténose,
de la forme anatomique, des lésions
associées, la thérapeutique
sera décidée, traitement médical
pour les formes peu serrées, commissurotomie
percutanée par ballonnet ou chirurgicale
en fonction des ressources thérapeutiques
locales pour les formes anatomiques favorables,
remplacement valvulaire par prothèse
pour les formes anatomiques défavorables.
EVOLUTION
L'évolution
du rétrécissement mitral se
fait constamment vers la détérioration
des conditions hémodynamiques et
l'apparition de complications.
1 - Dans
l'évolution naturelle,
rarement observée dans les pays développés,
les premières manifestations sont
l'oedème pulmonaire ou les hémoptysies.
Ultérieurement, apparaissent les
manifestations d'insuffisance ventriculaire
droite. La mort survient dans un tableau
d'insuffisance cardiaque réfractaire.
Dans les séries anciennes, l'âge
moyen de la mort se situait autour de 50
ans. Le pronostic est en fait très
variable d'un individu à l'autre
et il dépend étroitement de
la classe fonctionnelle au moment de la
première observation et de la survenue
de complications.
2 - Troubles
du rythme :
2.1 - Fibrillation
atriale et flutter atrial
sont pratiquement inévitables dans
l'évolution d'une sténose
mitrale. D'évolution paroxystique
initialement, la fibrillation atriale éventuellement
entrecoupée d'épisodes de
flutter s'installe de façon définitive.
Elle survient d'autant plus tôt dans
l'évolution que la taille de l'oreillette
gauche est plus grande.
La survenue de la fibrillation atriale marque
souvent un tournant évolutif. La
perte de la systole atriale, le raccourcissement
de la diastole sont deux éléments
qui aggravent l'hémodynamique du
rétrécissement mitral. Les
premières manifestations dyspnéiques
sévères peuvent s'observer
à cette occasion.
De plus, la survenue de la fibrillation
atriale introduit un risque accru de thrombose
intra atriale gauche.
2.2 - D'autres
troubles du rythme
peuvent s'observer comme la tachycardie
paroxystique supra ventriculaire.
3 - Manifestations
pulmonaires :
La survenue des manifestations pleuro pulmonaires
est favorisée par le régime
excessivement sodé, l'effort, les
émotions, la grossesse, la fibrillation
atriale. A l'inverse, le traitement diurétique
permet souvent de les contrôler, au
moins pendant une période de l'évolution.
La dyspnée d'effort est le symptôme
de la maladie. Elle est gradée selon
les 4 classes de la New York Heart Association
(NYHA).
L'oedème aigu du poumon peut prendre
toutes les formes, aigu, subaigu ou larvé
d'effort. Il est rare que les manifestations
dyspnéiques prennent le masque d'un
pseudo asthme cardiaque.
Les
épisodes dyspnéiques paroxystiques
sont souvent déclenchés par
la survenue de la fibrillation atriale,
par les émotions ou un régime
excessivement sodé.
Les
hémoptysies s'observent moins fréquemment.
Elles peuvent s'observer isolément
mais le plus souvent en association avec
des manifestations dyspnéiques de
type oedème pulmonaire. Elles sont
le signe d'une hypertension artérielle
pulmonaire. Elles peuvent être la
conséquence d'un infarctus pulmonaire.
L'épanchement
pleural peut-être secondaire à
une embolie pulmonaire ou être satellite
de manifestations de poumon cardiaque.
Broncho-pneumopathie
chronique. Classique chez le mitral, elle
se manifeste sous forme de bronchites à
recrudescence saisonnière. Dans les
formes très serrées, une véritable
broncho-pneumopathie chronique de forme
obstructive ou restrictive peut s'observer.
4 - Manifestations
d'insuffisance cardiaque :
L'insuffisance cardiaque est à forme
droite. Elle s'installe plusieurs années
après les manifestations d'oedème
pulmonaire. Elle est le témoignage
ou d'une hypertension artérielle
pulmonaire sévère ou d'une
valvulopathie tricuspidienne associée.
Tous les stades depuis le simple oedème
malléolaire avec augmentation du
volume hépatique et turgescence jugulaire
et la grande insuffisance droite avec cirrhose
cardiaque et ascite peuvent s'observer.
Les manifestations d'insuffisance cardiaque
sont longtemps corrigées par le traitement
diurétique mais finissent par y devenir
réfractaires.
5 - Accidents
thrombo-emboliques :
5.1 - Systémiques.
Leur fréquence
est estimée à 1,5 pour 100/années
patient. Les embolies systémiques,
rarement observées en rythme sinusal,
sont plus fréquentes en présence
d'une fibrillation atriale. Huit fois sur
dix dans le territoire cérébral,
les embolies systémiques ont une
conséquence désastreuse pour
l'évolution du rétrécissement
mitral en raison des séquelles motrices
souvent définitives.
5.2 - Pulmonaires.
L'embolie pulmonaire était classique
lorsque le rétrécissement
mitral était parvenu au stade d'insuffisance
cardiaque droite.
5.3 - Thrombose
atriale gauche. Le
plus souvent découverte d'examen
systématique par échographie
transœsophagienne, sa fréquence
est diversement appréciée,
de l'ordre de 2 à 5 % chez les sujets
asymptomatiques. La forme complète
avec thrombose massive de l'oreillette gauche
ne s'observe pratiquement plus. 
6 - Endocardite
infectieuse rarissime mais de diagnostic
tardif.
7 - Syndrome
d'Ortner. Il
est devenu exceptionnel. Il s'agit d'une
paralysie récurrentielle par compression
du nerf récurrent par la dilatation
auriculaire gauche.
FORMES CLINIQUES
1
- Le rétrécissement mitral
oedémateux :
Il s'agit de la forme du sujet jeune, volontiers
en rythme sinusal, sans hypertension artérielle
pulmonaire significative. L'oedème
pulmonaire est de type aigu, subaigu ou
larvé d'effort. Il se manifeste particulièrement
après les efforts.
2 - Rétrécissement
mitral avec hypertension artérielle
pulmonaire :
Dans ces formes, l'hypertension artérielle
pulmonaire prédomine. Elle peut excéder
dans les formes historiques la pression
systémique. L'hypertension artérielle
pulmonaire est manifestée cliniquement
par un syndrome infundibulo-pulmonaire avec
deuxième bruit pulmonaire palpable
et audible au foyer pulmonaire. Un souffle
d'insuffisance tricuspidienne existe fréquemment.
La symptomatologie du rétrécissement
mitral peut être difficile à
percevoir. Dans ces formes, l'hypertension
artérielle pulmonaire peut être
incomplètement régressive
après cure chirurgicale.
3 - Le rétrécissement mitral
de l'enfant :
Le rétrécissement mitral acquis
de l'enfant est rare. Il s'observe surtout
en région d'endémie rhumatismale
intense dans les pays en voie de développement.
Il est volontiers très serré
avec manifestations d'hypertension artérielle
pulmonaire sévère. Classiquement,
il s'accompagne d'un retard staturo-pondéral.
Les lésions anatomiques sont toujours
très intenses. La récidive
après commissurotomie est fréquente.
4 - Rétrécissement
mitral et grossesse :
La grossesse, par l'augmentation du débit
cardiaque qu'elle entraîne, aggrave
les manifestations du rétrécissement
mitral. Elle est parfois révélatrice
de la maladie. La gravité des symptômes
fonctionnels, en particulier de l'oedème
pulmonaire, peut justifier la cure chirurgicale
ou la réalisation d'une valvuloplastie
en cours de grossesse.
Les accidents gravido-cardiaques s'observent
particulièrement au premier trimestre,
au cours du travail et lors de la délivrance.
5 - Rétrécissement
|