Le
traitement de l’endocardite a la phase aiguë
pose des problèmes de stratégie
thérapeutique difficiles. L’endocardite
atteint la valve aortique dans environ 50%
des cas, la valve mitrale dans environ 27%
des cas. L’atteinte est aorto-mitrale dans
environ 18% des cas. Les endocardites aortiques
sont plus à même de développer
des abcès de l’anneau que les endocardites
mitrales (33 à 50% en position aortique
versus 10 à 20% en position mitrale)
[1]. Dans
les cas les plus favorables les endocardites
sont traitées "à froid"
c’est-à-dire une fois le processus
septique contrôlé. Ce traitement
diffère peu, dans ses indications
et ses modalités d’application, d’un
remplacement valvulaire ou d’une plastie
habituels. Nous ne reviendrons pas sur les
indications du traitement chirurgical déjà
traitées et résumées
dans le tableau 1. Le but de ce chapitre
est de décrire les modalités
du traitement chirurgical des endocardites
à la phase aiguë et ses indications
en fonction des dégâts anatomiques
et des tissus atteints.
STRUCTURE
FIBREUSE DU COEUR :
Le squelette
fibreux du cœur est une charpente constituée
des orifices aortique, mitral, et tricuspide.
Les deux anneaux auriculo-ventriculaires
et l’anneau aortique sont situés
dans un même plan. Ces orifices sont
solidarisés par des trigones fibreux.
Le trigone fibreux droit solidarise l’anneau
aortique aux deux anneaux auriculo-ventriculaires
(en regard de la commissure postérieure
de la valve mitrale et de la valve septale
de la valve tricuspide), le trigone fibreux
gauche solidarise l’anneau aortique a l’anneau
mitral en regard de la commissure antérieure.
Le feston non coronaire de l’anneau aortique
est relié à la partie moyenne
de la grande valve mitrale par le rideau
sous aortique. Dans la suite de l’exposé
toute atteinte limitée à la
valve native sera appelée valvulopathie.
Sont considérées comme squelettopathies
toutes les atteintes septiques du squelette
fibreux du cœur comme, par exemple, les
abcès de l’anneau ou bien encore
les fistules entre les différentes
cavités. Nous verrons que tant le
traitement que le pronostic opératoire
diffèrent selon qu’il s’agit d’une
valvulopathie ou d’une squelettopathie.
PRINCIPES DU
TRAITEMENT DES ENDOCARDITES A LA PHASE AIGUE
:
Les principes
régissant le traitement chirurgical
des endocardites à la phase aiguë
sont identiques à ceux de tous les
processus septiques fermés. Il s’agit
de l’excision de tous les tissus atteints
en passant au large des lésions de
façon à ne laisser en place
aucune zone ni aucun tissus suspects. Cette
phase de l’intervention est primordiale :
on ne doit pas limiter l’excision pour faciliter
la reconstruction. Les valves ainsi que
la structure fibreuse du cœur se défendent
mal contre l’infection et la pénétration
des antibiotiques y est faible. Ainsi le
processus septique reprendra et évoluera
pour son propre compte à partir de
toute zone septique laissée en place.
Les pertes de substances réalisées
aux dépens de la structure fibreuse
du cœur nécessitent une reconstruction.
Celle ci peut être réalisée
soit, lorsque cela est possible, en rapprochant
directement les berges de la zone excisée,
soit en couvrant la zone excisée
par la suture sur ses bords d’un patch de
péricarde autologue ou bovin. L’autre
solution consiste a insérer des substituts
valvulaires permettant d’exclure ces zones.
LES SUBSTITUTS
VALVULAIRES :
Les substituts
valvulaires sont nombreux : nous les
décrirons ici uniquement selon leur
type.
1 - Les prothèses
mécaniques : 
Les plus utilisées
sont les prothèses à double
ailette. Ces prothèses sont recouvertes
de pyrolite de carbone. Une collerette de
Dacron permet la suture de la prothèse
sur l’anneau du patient. Pour améliorer
la résistance des prothèses
mécaniques à l’infection,
un laboratoire avait créé
une prothèse mécanique dont
la collerette imprégnée de
sels d’argent eût permis de mieux
lutter contre la récidive infectieuse.
Cette prothèse a été
retirée du marché car elle
présentait plus de fuites para prothétique
que les mêmes prothèses non
traitées aux sels d’argent.
2 - Les prothèses
biologiques avec armature métalliques
(ou xénogreffes " stentées ")
:
Ce sont des xénogreffes, elles sont
réalisées soit à partir
de péricarde de veau soit à
partir de valves de porc montées
sur une armature rigide. Un anneau de dacron
permet la suture sur l’anneau du patient.
3 - Les prothèses
biologiques sans armature métallique
(ou xénogreffes non stentées
ou " stentless ")
Les prothèses stentées dégénèrent
avec le temps. Outre le type de traitement
physique et chimique, une des raisons supposées
de cette dégénérescence
est la force de cisaillement qui s’exerce
entre la partie mobile (les cusps) et la
partie fixe (l’armature). Les prothèses
non stentées ont pour avantage théorique
de diminuer ces forces de cisaillement dans
la mesure où les commissures sont
suturées dans l’aorte. Solidaire
de l’aorte, la structure soutenant les cusps
suit les mouvements de l’aorte au cours
du cycle cardiaque ce qui diminue les contraintes
mécaniques : " The
aortic root is the best stent for a valve ".
4 - Les plasties :
Elles consistent
à réparer la valve atteinte
en réséquant la zone détériorée
et en utilisant des techniques connues pour
assurer sa continence. Ce type de geste
est le plus souvent réalisé
dans les atteintes mitrales.
5 - Les homogreffes
:
Ce sont des valves
humaines provenant de cœurs non utilisés
pour la transplantation ou de cadavres récents.
Ces valves sont traitées et cryopréservées.
6 - Les autogreffes
:
C’est l’utilisation
chez un patient de sa valve pulmonaire saine
en remplacement de la valve aortique malade.
La valve pulmonaire est alors remplacée
par une homogreffe.
LES DIFFERENTS TYPES D'INSERTION DES SUBSTITUTS
VALVULAIRES EN POSITION AORTIQUE
Les valves mécaniques
et biologiques stentées sont insérées
par suture directe sur l’anneau du patient.
Les autres substituts valvulaires peuvent
être insérés de 3 façon
différentes [2].
D’une part en "free-hand" : 
Le substitut
est découpé pour ne laisser
que la valve et les commissures. Son insertion
nécessite 2 lignes de sutures, l’une
inférieure pour fixer le substitut
à l’anneau ou éventuellement
sous l’anneau du patient ; l’autre,
supérieure, suture les commissures
et le pourtour du substitut à l’aorte
en prenant soin de passer en dessous des
ostia coronariens.
D’autre part en "root" : 
Le substitut
est gardé cylindrique. L’insertion
se fait au niveau de l’anneau ou sous le
niveau de l’anneau du patient ; ensuite
un orifice est réalisé à
la face postérieure du substitut
pour permette la suture de l’ostium coronarien
gauche ; un autre orifice est réalisé
à la face antérieure du cylindre
pour permettre la suture de l’ostium coronarien
droit, enfin le bord supérieur du
cylindre est suturé à la tranche
de section distale de l’aorte du patient.
En troisième lieu en "mini-root"
: 
L’aorte est
conservée dans sa totalité
et l’homogreffe est positionnée à
l’intérieur de la racine aortique
formant avec celle-ci 2 cylindres concentriques.
Le choix entre root et mini-root n’offre
aucun avantage sur le plan du traitement
de l’endocardite, ceci fait uniquement appel
aux habitudes du chirurgien.
LES DIFFERENTS
TYPES DE REPARATION
Les degrés
d’atteinte sont très variables selon
les endocardites. Ces variations sont dues
d’une part au germe responsable, certains
sont plus destructeurs que d’autres, et
d’autre part à la durée d’évolution
de l’affection avant son traitement. Par
ordre de sévérité croissante,
on peut avoir :
- une destruction
limitée aux valves avec ou sans
végétations
- un abcès
de l’anneau de localisation et d’extension
variables. Au niveau aortique cet abcès
peut atteindre l’aorte initiale et provoquer
son détachement avec réalisation
d’un faux anévrysme
- différents
types de fistules, aorto-pulmonaires,
entre aorte et oreillette droite, entre
aorte et oreillette gauche, entre aorte
et ventricule droit par atteinte septique
du septum inter ventriculaire.
Les abcès
de l’anneau mitral posent des problèmes
spécifiques du fait de la proximité
de l’artère circonflexe, du sinus
coronaire ainsi que de la possibilité
de détachement entre les massifs
auriculaire et ventriculaire [1]. Ces abcès
peuvent réaliser des faux anévrysmes
pouvant s’ouvrir directement dans le péricarde
causant la mort subite du patient.
On peut également
avoir une atteinte simultanée de
plusieurs valves. L’association la plus
fréquente, pour des raisons de contiguïté,
concerne valve aortique et valve mitrale,
mais toutes les associations peuvent se
rencontrer et même aboutir à
l’atteinte de 3 voire des 4 valves. Le substitut
de choix sera fonction du degré d’atteinte,
son mode d’insertion sera fonction de l’étendue
de la destruction et donc de la reconstruction
nécessaire après excision.
Si après
l’excision large des zones infectées
la perte de substance est importante on
peut avoir intérêt à
insérer le substitut en root de façon
à exclure complètement la
perte de substance .
Ainsi l’insertion inférieure sera
réalisée en dessous du niveau
de l’anneau. Le substitut remplaçant
complètement le culot aortique toutes
les pertes de substance sont alors réparées.
Lorsque les pertes de substance sont limitées
on peut découper le substitut de
façon adéquate pour exclure
les pertes de substance et l’insérer
alors en free hand "adapté"
[3]. Une autre solution consistera à
couvrir la perte de substance par un patch
de péricarde autologue ou par un
substitut péricardique et à
mettre en place une prothèse mécanique
ou biologique.
DONNEES DE LA
LITTERATURE
L’étude
de la littérature ne permet pas de
conclure de façon formelle en faveur
d’un substitut pour un type d’atteinte.
Les raisons sont multiples. D’une part,
il n’y a pas d’étude randomisée
sur ce thème. D’autre part, il s’agit
souvent d’études de cohortes sur
une dizaine d’années, les biais de
ce type d’études étant nombreux.
En particulier elles favorisent les techniques
les plus récentes (ici homo et autogreffes)
qui bénéficient de l’expérience
de l’équipe. En troisième
lieu, les 3 cadres (valvulopathie, squelettopathie
ou endocardite sur prothèse) ne sont
souvent pas individualisés, d’où
la difficulté à comparer les
résultats.
Comparaison des résultats du traitement
des endocardites sur valve native et des
endocardites sur prothèse
L’étude
de Larbalestier [4] incluait 158 patients
dont 109 traités pour une endocardite
sur valve native et 49 pour une endocardite
sur prothèse. La mortalité
opératoire était de 6% dans
les endocardites sur valve native et 22%
dans les endocardites sur prothèse.
La survie à 10 ans était
de 66% pour les endocardites sur valve
native et 29% pour les endocardites sur
prothèse. Le taux de récidive
infectieuse était de 15% pour les
endocardites sur valve native et 18% pour
les endocardites sur prothèse.
Cette étude portait sur des patients
opérés entre 1972 et 1991.
Actuellement les résultats sont
meilleurs mais le pronostic des endocardites
sur prothèse reste nettement plus
défavorable que le pronostic des
endocardites sur valve native.
Résultats du traitement des endocardites
sur valve native avec abcès de l’anneau :
Knosalla
[5] donne les résultats de 65 patients
opérés d’endocardite à
la phase aiguë avec abcès
de l’anneau. Pour les 47 patients ayant
eu une homogreffe, la mortalité
opératoire était de 8.5% ;
le taux de récidive infectieuse
à 11 ans était de 3.2%,
et la survie à 11 ans était
de 82% .
Dans la
série où Baumgartner [1]
étudie le devenir des endocardites
sur valve native avec abcès de
l’anneau, les résultats dans le
groupe où il a été
implanté des valves mécaniques
est excellent, avec une seule récidive
infectieuse sur 35 valves mécaniques
implantées.
Résultats du traitement des endocardites
sur prothèse :
Edwards
[6] décrit 322 cas d’endocardites
sur prothèse, 170 aortiques et
152 mitrales. Le traitement a consisté
en une excision des zones infectées,
et en l’implantation d’une prothèse
soit mécanique, soit biologique.
La mortalité opératoire
était de 20%, La survie à
1, 5, et 10 ans etait respectivement de
67 +- 5%, 55 +- 6%, et 38 +- 10%. Le taux
de récidive infectieuse à
1, 5, et 10 ans était respectivement
de 12%, 13%, et 13%.
Publications traitant à la fois des
endocardites sur valve native et des endocardites
sur prothèse :
Haydock
[7] compare l’implantation d’homogreffes
en free-hand (78 patients) à celle
de prothèses mécaniques
ou biologiques (30 patients) chez 108
patients dont 66 présentaient une
endocardite sur valve native et 42 une
endocardite sur prothèse. La mortalité
opératoire était de 18%.
Le taux de survie global était
de 73% à 1 an, 64% à 5 ans
et 36% à 15 ans. Le taux de récidive
septique était de 20% à
10 ans. Le risque de récidive septique
présentait un pic à la 6ème
semaine post-opératoire pour les
valves mécaniques (à 32
évènements pour 1000 patients
par mois, alors que le risque de base
est à 0.83 évènements
pour 1000 patients par mois) alors qu’il
était constant dans le temps (1.8
évènement pour 1000 patients
par mois) et au bout du compte inférieur
pour les homogreffes. Cette constatation
confirmait les études de Ivert
[8] et de Kirklin [9]. Cette résistance
des homogreffes à la reprise infectieuse
en post-opératoire précoce,
lors des atteintes graves, est attribuée
par Haydock au fait que les antibiotiques
pénètrent mieux l’homogreffe.
Les atteintes septiques limitées
étaient corrélées
avec un risque de récidive infectieuse
plus important dans le groupe homogreffe
(3.1 évènement pour 1000
patients par mois dans les valvulopathies
versus 0.045 évènement pour
1000 patients par mois dans les squelettopathies)
alors que cette variable n’intervenait
pas dans le groupe prothèse. Ainsi
dans le groupe des valvulopathies l’homogreffe
n’apparaît pas supérieure
à la prothèse.
Dans le
travail de Niwaya [10], 81 patients ont
été opérés
d’endocardite à la phase aiguë
dont 29 endocardites sur prothèse
et 52 endocardites sur valve native. 32
patients avaient une atteinte complexe
alors que chez 49 patients l’atteinte
se limitait à la valve native ou
à la prothèse. Dans cette
série, les 46 homogreffes avaient
une mortalité opératoire
de 17% et une survie à 5 ans de
69 +- 11%. Les 25 autogreffes avaient
une mortalité opératoire
de 12% et une survie à 5 ans de
88 +- 9%.
Dans la
série de Bauernschmitt [11] portant
sur 138 patients, le taux de récidive
infectieuse avec des valves mécaniques
était de 4 %.
Alexiou
[12] publie 91 patients opérés
d’endocardite mitrale. L’atteinte était
limitée a la valve mitrale dans
71% des cas, elle était mitro-aortique
dans 28% et mitro-aorto-tricuspide dans
1% des cas. 66% des patients présentaient
une endocardite sur valve native, et 34%
une endocardite sur prothèse. Après
réparation des zones excisées
par des patch de péricarde, une
prothèse mécanique ou biologique
a été implantée chez
86 patients, la plastie a été
possible chez 5 patients. La mortalité
opératoire était de 11%.
La survie était de 73% à
5 ans, 63% à 10 ans, et 59% à
15 ans. Le taux de récidive infectieuse
était de 11% à 10 ans. Les
facteurs pronostiques de survie étaient
l’œdème pulmonaire préopératoire ;
le facteur pronostic de récidive
infectieuse était l’endocardite
sur prothèse, ce qui met en exergue
la gravité particulière
de l’endocardite sur prothèse et
la nécessité de trouver
dans ce cas une alternative à l’implantation
d’une prothèse : l’homogreffe.
Dans la
série de D’Udekem [13], sur 70
patients opérés, 34 avaient
une endocardite sur valve native et 36
une endocardite sur prothèse. Tous
les patients avaient un abcès de
l’anneau. Le traitement a consisté
en une excision des zones infectées,
une reconstruction par patch de péricarde
et l’implantation de 36 valves mécaniques,
de 30 bioprothèses et de 4 divers.
La mortalité opératoire
était de 13%. La survie à
8 ans était de 64 +- 8%. Le taux
de récidive infectieuse était
de 24 +- 10% à 8 ans.
Ainsi il apparaît
que dans les endocardites sur prothèses
les résultats sont défavorables
pour la réimplantation d’une nouvelle
prothèse, qu’elle soit mécanique
ou biologique. Pour les endocardites sur
valve native avec squelettopathie les résultats
sont plus nuancés avec de bons résultats
publiés pour l’implantation de prothèses.
Par contre pour les atteintes limitées
à la valve, les résultats
semblent en faveur de la prothèse.
Quel que soit le substitut utilisé,
les auteurs sont unanimes sur la nécessité
du traitement radical des tissus infectés.
CRITERES DE CHOIX
DES SUBSTITUTS
Les données
de la littérature permettent de dégager
les tendances suivantes.
1. Endocardite
sur valve native :
Les valvulopathies :
Dans le
cas de l’atteinte limitée aux cusps
de la valve native,
il semble raisonnable d’implanter une valve
mécanique ou biologique. Le choix
entre les deux types de valves ne doit être
guidé que par les indications habituelles
du chirurgien en dehors du contexte-normal
de l’endocardite. Les bioprothèses
contrairement à des idées
reçues ne se défendent pas
mieux contre l’infection. Le seul argument
pour utiliser de préférence
des bioprothèses à des prothèses
mécaniques est que, en cas de récidive
septique, l’ endocardite sur bioprothèse
est volontiers limitée à une
atteinte des cusps sans atteinte du squelette
fibreux, alors que l’endocardite sur prothèse
mécanique est plus souvent accompagnée
d’une atteinte du squelette fibreux. Les
xénogreffes non stentées sont
peut-être la solution à appliquer
dans ces cas, mais le recul est actuellement
insuffisant pour conclure. Néanmoins,
certains utilisent d’emblée les homo
ou autogreffes dans ce cas. Ce choix ne
semble pas judicieux dans cette indication
car la preuve de la supériorité
n’a pas été faite, et la disponibilité
des homogreffes est limitée. Dans
le cas d’une valvulopathie mitrale, si cela
est réalisable, on donnera la préférence
à une réparation plutôt
qu’à un remplacement valvulaire.
Les squelettopathies :
En position mitrale certaines squelettopathies
peuvent bénéficier d’une plastie
après réparation de l’anneau.
Dans les autres cas, bien que la reconstruction
par patch de péricarde avec mise
en place d’une prothèse mécanique
soit licite, l’évolution se fait
plutôt vers la mise en place d’une
homogreffe. L’autogreffe en position aortique
est de réalisation délicate
sans avoir fait la preuve de sa supériorité
par rapport à l’homogreffe.
2. Endocardite
sur prothèse : 
L’endocardite
sur prothèse est une complication
grave du remplacement valvulaire ou de la
plastie. L’incidence de cette complication
est maximale dans les douze mois suivant
le geste initial ; elle est estimée
entre 1.4 et 3.1% [14-17]. Les germes responsables
les plus fréquents sont, par ordre
décroissant : les staphylocoques
coagulase négative (52% des cas),
les levures (13% des cas), les staphylocoques
aureus (10% des cas), et les entérocoques
(8% des cas). Selon Gordon [18] elle survient
plus fréquemment en cas de remplacement
prothétique mécanique (1.6%)
ou biologique (1.1%) que dans les plasties
(0.2%). Pour certains, toute endocardite
sur prothèse doit être considérée
comme une squelettopathie ; pour d’autres
lorsque l’atteinte est limitée à
la prothèse sans abcès péri
prothétique, elle doit être
considérée comme une valvulopathie.
Ainsi, certains traitent les endocardites
limitées à la prothèse
en réimplantant une prothèse
mécanique ou biologique stentée.
Bien qu ‘il y ait encore des défenseurs
de la réimplantation d’une prothèse
mécanique ou biologique stentée,
l’évolution se fait vers l’utilisation
de xénogreffes non stentées,
d’homogreffes,
ou d’autogreffes dans les endocardites sur
prothèse.
CAS PARTICULIERS
1 - Endocardites
tricuspides :
Elles sont rares.
Soit elles apparaissent soit chez les patients
toxicomanes ou immunodéprimés
soit, et cette étiologie devient
prépondérante, il s’agit d’endocardites
sur sonde de pace-maker. Elles justifient
soit la réalisation d’une plastie
soit la mise en place d’une homogreffe mitrale
totale ou partielle [19]. Le remplacement
valvulaire par xénogreffe stentée
est plus discutable.
2 - Les interventions
exceptionnelles :
Elles sont réalisées
dans les récidives multiples d’endocardite
sur prothèse avec dégâts
très étendus. Il s’agit d’homogreffes
monobloc aorto-mitrale [20] ou encore de
l’occlusion de l’orifice aortique avec pontage
coronarien et mise en place d’un tube apico-aortique
[21]. La transplantation cardiaque peut
se discuter dans des cas très particuliers
.
CONCLUSION
Le traitement
des endocardites à la phase aiguë
est difficile. Le chirurgien doit posséder
l’ensemble des techniques chirurgicales
développées ici pour pouvoir
adapter le traitement au cas particulier
de chaque patient. Il n’y a pas à
l’heure actuelle de consensus tant l’expérience
des chirurgiens est variable. Les publications
portant sur des nombres restreints de patients
et n’étant pas randomisées,
peu d’éléments du traitement
peuvent être considérés
comme acquis. Le seul élément
faisant l’unanimité est l’excision
de tous les tissus atteints en passant au
large des lésions de façon
à ne laisser en place aucune aucun
tissus suspect. L’excision ne doit pas être
limitée pour faciliter la reconstruction.
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