L'hypertension
artérielle atteint 10 à 15 % des adultes en
France, et son origine est multifactorielle,
faisant intervenir des facteurs individuels,
et des facteurs d'environnement.
Le concept "d'HTA maladie" s'est dégagé ces
dernières décennies à partir de données épidémiologiques
et de corrélations anatomo-cliniques qui montrent
que :
L'HTA est un facteur de risque majeur de la
pathologie cardio-vasculaire.
Il existe des corrélations entre l'HTA et
certaines maladies notamment vasculaires (rénales,
cérébrales, cardiaques, oculaires), avec des
aspects histo-pathologiques plus ou moins
spécifiques, fondant ainsi le concept de "maladie
hypertensive" à partir des complications de
l'HTA.
EPIDEMIOLOGIE La
pression artérielle (PA) est distribuée
de façon continue dans la population, selon
une répartition gaussienne. A l'échelle
des populations, la PA est un indicateur
de risque cardio-vasculaire, les complications
étant d'autant plus fréquentes que la tension
est plus élevée sans qu'il existe de seuil.
Le risque de survenue d'une complication
majeure est au moins autant lié à l'élévation
de la systolique qu'à celle de la diastolique.
L'importance de la systolique apparaît plus
grande chez les sujets âgés ou son élévation
isolée est fréquente (HTA systolique).
La pression artérielle est variable :
chez un individu
donné, selon l'effort, l'émotion, le sommeil,
la PA peut varier dans une large gamme de
valeur. Pour estimer la PA d'un sujet donné,
il faut donc la mesurer dans des conditions
standardisées. La mesure de référence est
aujourd'hui celle faite par le médecin sur
un patient resté assis ou couché en sa présence
depuis au moins 10 mn ;
selon le sexe
: les femmes ont une PA habituellement plus
basse que les hommes, mais la définition
OMS n'en tient pas compte ;
selon l'âge,
et cette augmentation s'accompagne d'un
risque cardio-vasculaire accru.
L'incidence de l'HTA (nouveau cas apparu
au cours d'une période d'observation) est
de 1 % chez la jeune femme, 5 % chez l'homme
jeune, et 45 % au delà de 60 ans.
L'HTA essentielle est d'origine multifactorielle.
Il existe des indicateurs de risque de survenue
d'une HTA :
Des facteurs individuels
: âge, sexe (hommes avant 60 ans, femmes
au-delà), surpoids et diabète ;
Des facteurs d'environnement
: consommation de sodium et d'alcool ; tabac
;
L'appartenance
à une catégorie socio-professionnelle défavorisée.
Le contrôle de la pression artérielle dans
la population ne progresse pas, ainsi seulement
60 à 70% des patients connaissent leur hypertension
artérielle, 50% sont traités et seulement
25 à 30% sont à l'objectif tensionnel, c'est
à dire ont une pression artérielle < 140/90
mmHg. Des constatations identiques sont
faites dans tous les pays d'Europe.
PHYSIOPATHOLOGIE
Quatre vingt dix à 95 % des hypertendus
ont une maladie dont la cause n'est pas
précisément identifiée : on parle d'HTA
essentielle :
La PA dépend du débit cardiaque (Q) et des
résistances périphériques (R) : PA = Q x
R. Le débit cardiaque est lié à des paramètres
cardiaques (fréquence et contractilité)
et un paramètre extracardiaque la volémie.
Toute variation quantitative de l'un des
composants de l'équation s'accompagne de
réactions de contre-régulations rénales,
endocriniennes, neurologiques et cardiovasculaires
au sein desquelles il est difficile de repérer
l'anomalie initiale. En réalité, il est
admis que l'HTA essentielle est une maladie
plurifactorielle, avec un ou des facteurs
déclenchants, et secondairement une excrétion
rénale de sodium inadaptée et une hypertrophie
vasculaire qui perpétue l'HTA. L'hypertrophie
vasculaire se fait par l'hyperplasie (prolifération)
et l'hypertrophie des cellules musculaires
lisses, éventuellement associées à une hyalinisation.
La conséquence globale est une réduction
de la compliance et du diamètre de la lumière
vasculaire.
Plusieurs théories ont été proposées pour
tenter d'expliquer la survenue d'une HTA
essentielle.
origine cardiogénique
: certains hypertendus limites jeunes ont
effectivement un débit cardiaque augmenté
avec des résistances périphériques restant
dans une zone normale, mais trop élevées
compte tenu de l'augmentation du débit cardiaque.
origine neurogénique
: une hyperactivité des centres presseurs
pourrait par le biais du système sympathique,
relayé par le système rénine-angiotensine
aldostérone induire une HTA.
origine rénale : il pourrait exister
un défaut d'excrétion sodée dont les conséquences
seraient majorées par une consommation excessive
de sel. Un facteur natriurétique (d'origine
hypothalamique ?) bloquerait la pompe à
sodium Na-k, favorisant l'entrée de sodium
dans la cellule. Cette entrée de sodium
permettrait une augmentation de l'excrétion
urinaire sodée, mais s'accompagnerait dans
les cellules musculaires misses d'une entrée
de calcium, d'ou vasoconstriction et élévation
tensionnelle.
déficit en facteurs
hypotenseurs: facteur natriurétique
atrial, prostacyclines, kallikréine, NO.
DIAGNOSTIC
1 - Circonstance
de découverte
L'HTA est le
plus souvent découverte lors d'un examen
systématique parfois lors d'une complication.
Certains symptômes (céphalées, vertiges,
acouphènes), ne sont pas spécifiques de
l'HTA ; à l'inverse, il faut connaître les
signes de l'HTA accélérée ou maligne : amaigrissement,
soif et céphalées.
2 - Technique
de mesure de la pression artérielle
Le patient
(bras complètement dévêtu) doit être au
repos depuis 5 mn, en décubitus ou assis,
le bras étant maintenu au niveau de coeur.
Complété systématiquement par une mesure
après 2 mn en position debout (hypotension
orthostatique) et la première fois par une
mesure au bras controlatérale (aniso-tension).
L'appareil est au mieux la colonne de mercure
; la vessie gonflable du brassard doit couvrir
les 2/3 du bras en longueur et en largeur.
Le brassard est gonflé jusqu'à l'abolition
du pouls, puis dégonflé lentement (3 mm
de mercure par seconde) : la systolique
correspond à l'apparition des bruits artériels,
la diastolique à leur disparition ou leur
diminution.
3 - Définition
de l'HTA
Les trois recommandations
(OMS 1999, ANAES (françaises) 1997, JNC
VI (américaines)) concordent sut la définition
de l'hypertension artérielle: il s'agit
d'une pression artérielle 140
et/ou 90 mmHg, mesurée au cabinet de consultation
par un sphygmomanomètre de préférence à
mercure. Cette valeur doit être retrouvée
à plusieurs consultations: la répétition
de mesures est en effet indispensable en
raison d'une variabilité spontanée importante
de la pression artérielle. Elle doit être
confirmée au cours d'au moins trois consultations
différentes (deux mesures à chaque consultation
au cours d'une période de 3 à 6 mois) si
toutefois la gravité de l'HTA ne justifie
pas un traitement immédiat.
4 - Classification
de l'HTA
Tableau 1 : Classification OMS 1999 selon
le niveau de PA (brassard) ; proche des
recommandation JNC VI (recommandation nord-américaines)
:
| Catégorie
|
PAS
(mmHg) |
PAD
(mmHg) |
|
Seuil optimal |
<120 |
<80 |
|
Normal |
<130 |
<85 |
|
Normal 'haut' |
130-139 |
85-89
|
|
Hypertension |
|
|
|
Stade ou grade
1 |
140-159 |
90-99 |
|
Sous-groupe
limite |
140-159 |
90-94 |
|
Stade ou grade 2 |
160-179 |
100-109
|
| Stade
ou grade 3 |
 180 |
 110 |
| Hypertension |
|
|
| Systolique
isolée |
 140 |
<90 |
| Sous-groupe
limite |
140-149 |
<90 |
Classification
basée sur une moyenne de 2 mesures au moins
par consultation, au cours de 3 visites
distinctes. Si la PAS et la PAD appartiennent
à des catégories différentes, le stade le
plus élevé est retenu.
5 - Bilan pré-thérapeutique
Plusieurs éléments peuvent peser dans la
décision de traiter, dans le choix d'une
thérapeutique et dans la recherche d'une
étiologie. Ils doivent être rechercher d'emblée
par l'interrogatoire, l'examen clinique
et quelques examens complémentaires.
5.1 - Interrogatoire
Il recherche :
Une
cause iatrogène (réglisse, vasoconstricteur,
contraceptifs oraux, corticoïdes, AINS,
alcool) ;
Des
antécédents familiaux d'HTA et des complications
cardio-vasculaires ;
Des
facteurs de risque associés (tabac, hypercholestérolémie,
diabète, sédentarité, obésité/surpoids)
;
Des
habitudes alimentaires (consommation de
sel en particulier)
Des
antécédents néphro-urologiques, traumatismes
lombaires.
Des
signes fonctionnels, céphalées, crampes,
dyspnées, angors, sueurs, palpitations ;
Une
pathologie associée : asthme, artérite,
insuffisance cardiaque, acrosyndrome.
5.2 - Examen clinique
Il est constitué par :
La
palpation et l'auscultation des trajets
vasculaires ;
l'auscultation
cardiaque ;
la
recherche de souffle abdominaux ;
la
recherche d'un contact lombaire.
5.3 - Examens complémentaires
Le bilan minimal conseillé par l'OMS comprend
:
Dans
le sang : natrémie, kaliémie, créatininémie,
cholestérolémie, glycémie à jeun,
hématocrite.
Dans
les urines : recherche de protéinurie,
d'hématurie, de glycosurie.
L'électrocardiogramme est recommandé après
45-50 ans, ainsi qu'un fond d'oeil en cas
d'HTA ancienne, sévère ou de crise hypertensive.
EVOLUTION ET
PRONOSTIC
Il est habituel
de distinguer les complications directes
de l'HTA (accident vasculaire cérébral,
insuffisance cardiaque) des complications
indirectes liées à l'athérosclérose. Cette
distinction se justifie sur un plan pronostic.
En effet, les complications directes sont
réduites par le traitement antihypertenseur
alors que l'efficacité du traitement sur
les complications indirectes en particulier
coronariennes est beaucoup plus discutable.
1
- Complications cardiaques
1.1 - L'hypertrophie
ventriculaire gauche (HVG)
L'HVG
peut se développer très précocement chez
l'hypertendu, en réponse à l'élévation de
la post-charge. Ce facteur n'est pas le
seul déterminant de l'HVG, d'autres facteurs
contribuent sans doute à son développement
(génétiques, hormonaux : catécholamine,
angiotensine II...).
L'HVG peut aujourd'hui être détectée soit
par l'ECG, soit de façon plus sensible par
l'échocardiographie. Sa présence multiplie
par 2 le risque de complication cardio-vasculaire.
Elle s'accompagne d'altération de la relaxation
et du remplissage ventriculaire (trouble
de compliance), d'une diminution de la réserve
coronaire, d'une fréquence accrue des troubles
du rythme.
Par contre, elle permet longtemps le maintient
de la fonction systolique. Cette HVG peut
régresser sous différents traitements hypertenseurs.
1.2 - L'insuffisance
cardiaque
Il s'agit d'une complication fréquente de
l'HTA. Le plus souvent, il s'agit d'une
altération de la fonction contractile du
myocarde après des années d'évolution. Elle
peut être favorisée par des lésions ischémiques.
Dans certains cas, la fonction contractile
est normale mais le remplissage ventriculaire
gauche est très perturbé du fait d'une importante
HVG avec pour conséquence une importante
élévation des pressions en amont. Ces deux
formes (systolique et diastolique) d'insuffisance
cardiaque sont indiscernables sur le plan
clinique.
1.3 - L'insuffisance
coronarienne
Elle peut avoir une "composante fonctionnelle"
en rapport avec l'HVG. Souvent, s'y ajoute
des lésions athéroscléreuses des artères
coronaires.
2 - Complications
cérébrales :
Elles se traduisent en clinique par des
accidents ischémiques transitoires (20 %)
ou plus souvent constituées, et alors bien
plus souvent ischémiques (75 %) qu'hémorragiques.
Les accidents ischémiques sont dus à une
thrombose artérielle ou à un embole d'origine
carotidienne, vertébrale ou cardiaque.
Sur le plan anatomique, on distingue :
Des
lésions artériolaires : l'artériosclérose
hyaline, les micro-anévrysmes de Charcot-Bouchard.
Des
lacunes parenchymateuses : lacune de 1 à
4 mn de diamètre, hémorragie profonde ou
sous-corticale, leucoencéphalopathie de
Biswanger.
3 - Les complications
rénales :
On distingue anatomiquement :
La
néphro-angiosclérose bénigne ;
La
néphro-angiosclérose maligne, caractérisée
par l'association d'une artérite fibreuse
des artères interlobulaires, et d'une nécrose
fibrinoïde des artérioles parfois étendues
aux glomérules.
En clinique, l'insuffisance rénale terminale
complique rarement l'HTA, même dans ses
formes les plus sévères.
4 - Complications
vasculaires :
4.1 - Modifications
directes
Les artères de l'hypertendu présentent très
précocement des modifications anatomiques
(hypertrophie de la média, augmentation
du collagène) et fonctionnelle (augmentation
de la sensibilité aux vaso-constricteurs,
diminution de l'élasticité). Ces altération
contribuent elles-mêmes à l'entretien de
l'HTA. Elles favorisent certaines complications
: dissection aortique, anévrysme. Elles
paraissent réversibles, au moins en partie
sous traitement anti-hypertenseur.
4.2 - Athérosclérose
L'HTA n'est qu'un des facteurs de risque
de l'athérosclérose. L'abaissement des chiffres
tensionnels n'est pas suffisant à lui seul
pour diminuer l'incidence des complications
athéroscléreuses, en particulier coronariennes.
TRAITEMENT
1
- Bénéfices et limites du traitement anti-hypertenseur
:
Il sont établis aux vues des essais organisés
depuis le début des années 60, avec une
réduction démontrée significative des complications
secondaires à l'hypertension artérielle
notamment les AVC, l'insuffisance rénale
etc.
Chez l'adulte,
avant 60 ans : le traitement médicamenteux
augmente l'espérance de vie quand la diastolique
habituelle est supérieure ou égale à 100
mmHg. Il est donc toujours justifié à ce
niveau.
2 - Les objectifs
du traitement :
Efficacité
: elle n'est en pratique appréciable qu'au
niveau des chiffres tensionnels. Cependant,
il ne faut jamais perdre de vue que l'objectif
est la protection des organes cibles et
la prévention des complications.
Tableau : Objectifs tensionnels selon les
différentes recommandations :
| |
ANAES |
OMS |
| |
PA
manuelle |
PA
manuelle |
|
Tout hypertendu |
<140/90 |
130/85
à 120/80 |
|
Hypertendu âgé |
<140/90 |
<140/90
|
|
HTA systolique,
sujet âgé |
<160 |
- |
|
Diabète |
"nettement"
<140/90 |
<130/85 |
|
Insuffisance
rénale |
"nettement"
<140/90 |
<130/85 |
En cas de néphropathie
protéinurique, le contrôle tensionnel devra
être plus rigoureux encore. La distinction
se fait selon le niveau de protéinurie :
< 1g/24h --> < 130/85
> 1g/24h --> < 125/75
Sûreté
: le traitement ne doit induire aucun effet
néfaste pour le patient. Des effets secondaires,
même mineurs, doivent conduire à changer
la thérapeutique car ils compromettent son
suivi à long terme par des patients habituellement
asymptomatiques.
Simplicité
: gage d'un bon suivi du traitement.
Economie
: à avantages égaux pour le patient, le
traitement le moins coûteux doit avoir votre
préférence.
3 - Les règles
hygiéno-diététiques :
Elles peuvent être suffisantes à normaliser
la PA dans certains cas et doivent toujours
être préconisées avant tout médicament dans
l'HTA légère à modérée. Elles doivent également
accompagner tout traitement médicamenteux.
Diminution
de la consommation de sel, d'alcool.
Perte
de poids si surcharge pondérale.
Lutte
contre les facteurs de risque associés (tabac,
cholestérol, sédentarité).
Dans
certains cas, relaxation.
4 - Les anti-hypertenseurs
4.1 - Le traitement
de première intention
Il emploie les produits efficaces et bien
tolérés en mono-thérapie, actifs en une
prise quotidienne. Les produits types sont
les diurétiques et les bêtabloquants.
Les diurétiques
sont répartis en 3 classes :
Les
thiazidiques (ex: hydrochlorothiazides)
sont les plus utilisés; les diurétiques
de l'anse (ex: furosémide) sont seuls actifs
en cas d'insuffisance rénale ; les diurétiques
distaux (ex: spironolactone) sont anti-kaliurétiques,
à l'opposé des précédents et sont en général
combinés aux thiazidiques et contre-indiqués
par l'insuffisance rénale.
Il existe 3 classes
de bêtabloquants :
Les
bêtabloquants purs (propanolol), les bêtabloquants
sympathomimétiques (pindolol) moins bradycardisants,
les bêtabloquants cardiosélectifs (acebutolol),
moins bronchostricteurs.
A quelques nuances près, les contre-indications
sont communes : blocs auriculoventriculaires,
insuffisance cardiaque, asthme).
Néanmoins, il existe de divergences d'appréciation
sur le traitement de première intention
puisque :
Le
JNC VI (1997, américaine) recommande d'utiliser
les diurétiques ou les bêtabloquants, sauf
indication spécifique ;
L'ANAES
(1997, française), tous les médicaments
ayant une autorisation de mise sur le marché
;
l'OMS
(1999) recommande l'utilisation de six classes
d'antihypertenseurs (diurétiques, bêta-bloquants,
inhibiteurs de l'enzyme de conversion, inhibiteurs
calciques, alphabloquants et antagonistes
de l'angiotensine II).
4.2 - Le traitement
de 2ème intention
C'est une bi-thérapie qui combine généralement
une petite dose de diurétiques à un bêtabloquant,
à un IEC, à un inhibiteur calciques ou un
anti-hypertenseur central (méthyl-dopa).
4.3 - Le traitement
de 3ème intention
C'est typiquement l'association diurétique
+ bêtabloquant + vasodilatateur, ce dernier
étant non spécifique (dihydralazine, IEC,
inhibiteur calcique ou alphabloquant).
Le bêtabloquant peut être utilement remplacé
par un anti-hypertenseur central : en revanche,
l'omission de diurétiques à cette étape
est une cause fréquence de pseudo-résistance
au traitement.
5 - Méthodes :
Le traitement doit toujours être adapté
à l'individu. Quelques règles simples peuvent
servir de guide :
Toujours
instituer des règles hygiéno-diététiques
;
Ne
commencer le traitement médicamenteux qu'après
confirmation de l'HTA (sauf si PAS 180 mmHg
et/ou PAD 110 mmHg lors de la première mesure)
et un bilan minimun ;
débuter
en mono-thérapie, mono-prise. Le choix parmi
les classes en première intention dépend
:
- du respect des contre-indications éventuelles
- de certaines indications liées à des pathologies
associées (HTA + angor : bêtabloquants et/ou
inhibiteurs calciques) ;
- des habitudes et préférences du prescripteur.
En
cas d'échec de la monothérapie, essayer
une autre mono-thérapie, plutôt que d'emblée
passer en bi-thérapie.
l'échec
d'une bi-thérapie doit faire reprendre ou
entreprendre une enquête étiologique.
Le traitement doit toujours être assorti
d'une information du patient sur les nécessités
et les conditions du suivi thérapeutique.
Cette information est essentielle pour faire
accepter à un patient asymptomatique une
thérapeutique très prolongée et pas toujours
dénuée d'effets secondaires.
6 - Indications
thérapeutiques :
Indication de traitement:
Pour les trois recommandations, il faut
traiter sans délai si la pression artérielle
est >180/110 mmHg.
Pour les pression artérielles 140/90
mmHg, il faut estimer le risque cardio-vasculaire.
En
présence d'un risque cardio-vasculaire élevé
(diabète +++, antécédents vasculaires (infarctus,
artériopathie, AVC), hypercholestérolémie,
tabagisme, insuffisance rénale), il faut
toujours traiter l'hypertension artérielle.
En
présence d'un risque faible, les
recommandations sont les suivantes:
- JNC VI : le traitement sera débuté si
la pression artérielle reste >140 ou 90
mmHg.
- ANAES : le traitement sera débuté si la
pression artérielle reste 160
ou 100 mmHg.
- OMS : le traitement sera démarré si la
pression artérielle reste >150 ou 95 mmHg,
malgré les règles hygiéno-diététiques.
Les recommandations de l'OMS précisent de
débuter un traitement antihypertenseur si
la pression artérielle est > 130/85 mmHg,
en présence d'un diabète ou d'une insuffisance
rénale.
Ce tableau peut constituer une aide à la
décision thérapeutique
|
Groupes |
Caractéristiques |
(130-139)
(85-89) |
(140-159)
(90-99) |
(>160)
(>90) |
|
A |
ACV=0
diabète=0
Maladie rénale=0
Pas de FRCV |
MHD* |
MHD° |
TMed |
|
B |
ACV=0
diabète=0
Maladie rénale=0
FRCV=1 |
MHD° |
MHD# |
TMed |
|
C
|
ACV=1
ou diabète=1
ou Maladie rénale=1 |
TMed |
TMed |
TMed |
ACV = antécédent
cardio-vasculaire
FRCV = facteur de risque cardio-vasculaire
MHD = mesure hygiéno-diététique
Tmed = traitement médicamenteux
- *12 mois
- ° 6 mois
- # 3 mois |