GENERALITES
La syncope est une
manifestation clinique fréquente, due à
une anoxie cérébrale généralisée transitoire.
Il est difficile de proposer une définition
claire et précise de la "perte de connaissance"
ou de la "syncope".
On peut proposer
la définition suivante: "on appelle syncope
toute privation ou suspension des fonctions
de la vie de relation". La notion de brièveté
de la syncope est également importante.
La syncope est un trouble de vigilance de
courte durée, de quelques secondes à quelques
minutes au plus.
La lipothymie réalise
une simple sensation de malaise général,
sans perte de connaissance. Il faut parfois
la considérer comme un équivalent de perte
de connaissance brève, lorsque le trouble
passager du niveau de vigilance, très bref,
s'accompagne d'un oubli post-critique.
La syncope est
l'expression clinique d'une ischémie cérébrale
subaiguë ou aiguë, survenant soit à la faveur
d'un arrêt circulatoire transitoire, soit
d'une chute de pression artérielle brusque
et également transitoire, soit d'une hypoxémie
artérielle temporaire. Le plus souvent, ces
trois mécanismes sont plus ou moins intriqués.
SYNCOPE TYPIQUE
Nous prendrons comme
type de description la classique syncope
"à l'emporte pièce", qui réalise une perte
de connaissance complète, brutale, brève,
le plus souvent avec chute et blessures.
Habituellement, le
début survient de façon brusque. Le patient
ne peut prévoir la survenue d'une perte
de vigilance (absence de prodrome). Il s'ensuit,
le plus souvent, une chute brutale, parfois
avec traumatisme. La reprise de conscience
est également brutale, parfois avec une
phase d'obnubilation post-critique de courte
durée.
Souvent, il existe
une amnésie de la crise, sans amnésie antérograde.
C'est dire que le patient n'a parfois pas
conscience qu'il a perdu connaissance, et
que le diagnostic ne peut être fait que
grâce à l'interrogatoire de son entourage.
Pendant l'épisode
syncopal, le patient présente habituellement
une pâleur importante avec hypotonie musculaire.
Généralement, il n'y a pas de mouvement anormal,
ni de perte d'urine ou de morsure de langue,
sauf lorsque l'anoxie cérébrale se prolonge.
FORMES
ATYPIQUES Les
forme atypiques sont fréquentes :
1 - Formes avec prodromes
Rarement, la perte
de connaissance est précédée pendant quelques
secondes de signes annonciateurs : sueurs,
vertiges, troubles visuels...
2 - Formes convulsives
La survenue de
convulsions, d'une morsure de langue, d'une
perte d'urine orientent habituellement vers
une perte de connaissance d'origine neurologique
(épilepsie), mais ils peuvent se voir également
lorsque la syncope est prolongée (au delà
de 30 secondes).
DIAGNOSTIC
DIFFERENTIEL 1
- Lipothymies
La lipothymie ne
s'accompagne pas d'une véritable perte de
connaissance. Il y a seulement un simple
fléchissement de la conscience, avec troubles
neurologiques divers (troubles visuels,
bourdonnements d'oreilles, sensation de
malaise général...).
Souvent, le patient
à l'impression qu'il va perdre connaissance,
mais l'épisode d'hypoxie cérébral est trop
bref pour entraîner une perte de connaissance
complète.
Dans certains cas,
notamment en cas d'amnésie, il faut considérer
la lipothymie comme un équivalent syncopal.
2 - Le coma
Il s'agit d'un trouble
de conscience, plus ou moins profond, qui
diffère de la syncope du fait de sa durée
prolongée.
3 - La catalepsie
Il s'agit d'une perte
de la relation avec l'entourage, laissant
toutefois la conscience intacte.
4 - Pertes de connaissance
épileptiques
Pratiquement toutes
les formes de comitialité sont susceptibles
de se traduire par une perte de connaissance
brève. La distinction avec une syncope est
parfois difficile, notamment lorsque cette
dernière est prolongée, et s'accompagne
d'une crise convulsive.
5
- Les accidents neurologiques comportant
un déficit neurologique focalisé sont à
distinguer des syncopes. Le plus souvent,
ils ne sont pas accompagnés d'une perte
de connaissance même brève.
6 - Les pertes de connaissance
par troubles métaboliques
Certains troubles
métaboliques autre que l'anoxie (hypoglycémie,
hypocalcémie), ou certaines intoxications
(alcool, CO) peuvent entraîner des pertes
de connaissance. Il s'agit plus souvent d'un
coma que d'une perte de connaissance brève.
EXAMEN
CLINIQUE
L'examen clinique d'un patient victime d'un
malaise syncopal est un temps essentiel
au diagnostic, notamment l'interrogatoire,
qui comprend l'interrogatoire du patient,
mais également de l'entourage, lorsque celui-ci
a assisté au malaise. Il permet de faire
un diagnostic étiologique dans près de 50%
des cas.
1 - Examen per-critique
Rarement, le médecin
peut assister à l'épisode syncopal. Etant
donné la brièveté habituelle des syncopes,
on s'attache surtout à rechercher une anomalie
du rythme ou de la conduction cardiaque
: auscultation cardiaque, recherche des
pouls périphériques (pouls radial, fémoral
ou carotidien).
On note également
la résolution musculaire, l'état des pupilles,
l'existence ou non de convulsions, d'une
cyanose...
Si la perte de connaissance
se prolonge, les manœuvres de réanimation
habituelles sont réalisées : position latérale
de sécurité, assistance ventilatoire...
2 - Examen clinique
post-critique
Le plus souvent,
le patient est examiné alors qu'il a retrouvé
une conscience normale.
L'anamnèse du patient
et de l'entourage, précise les circonstances
de survenue (que faisait-il avant, était-il
fatigué), la durée de la perte de connaissance.
Les antécédents personnels et familiaux
du patient doivent être pris en compte ainsi
que son traitement et l'éventuelle consommation
de drogues ou de toxiques (alcool, cocaïne...).
L'examen clinique
est complet, en insistant particulièrement
sur l'examen cardio-vasculaire et neurologique
:
Auscultation cardiaque attentive
Palpation et auscultation de tous les pouls
périphériques et notamment des vaisseaux à
destinée encéphalique.
Recherche de déficits sensitifs ou moteurs.
Examen des fonctions supérieures.
Prise de la tension artérielle couchée et
debout.
EXAMENS
COMPLEMENTAIRES Pendant
la perte de connaissance, le seul examen
éventuellement réalisable est l'ECG, qui
permettra de documenter de façon précise
et durable l'activité électrique cardiaque.
En phase post-critique,
le diagnostic étiologique dépend des examens
complémentaires cardiaques, vasculaires
et neurologiques. L'indication de ces examens
et l'ordre de leur réalisation dépend des
données de l'interrogatoire, de l'examen
clinique et de l'ECG.
La radiographie de thorax est systématique,
ainsi que l'ECG standard, avec massage sino-carotidien.
ECG éventuellement répété en cas de suspicion
de trouble du rythme paroxystique.

Enregistrement type Holter : l'enregistrement
longue durée de l'électrocardiogramme est
systématique en cas de syncopes graves, prolongées
ou récidivantes, de façon soit conventionnelle
(enregistreur portatif autonome) soit au cours
de l'hospitalisation en unité de soins intensifs
(surveillance scopique si les circonstances
l'exigent).
L'échographie cardiaque n'est pas systématique.
Elle est réalisée en cas d'anomalie auscultatoire
cardiaque ou d'anomalie ECG.
L'exploration électrophysiologique endocavitaire
(exploration du faisceau de His) est réalisée
lorsque l'on suspecte un trouble conductif
paroxystique, ou une dysfonction sinusale
grave, qui n'a pas pu être prouvé ou suspecté
par l'ECG habituel ou le Holter.
L'échographie Doppler des vaisseaux du cou
est rarement réalisé sauf en cas de souffle
artériel cervical. En
fait, les épisodes neurologiques en relation
avec une athérosclérose des artères cervicales
à destinée encéphalique se manifestent exceptionnellement
par des syncopes. Cet examen n'est en fait
à envisager que lorsqu'il existe une suspicion
d'accident ischémique cérébral ou une intrication
des phénomènes.
Electro-encéphalogramme et scanner cérébral
peuvent être proposés lorsque le bilan cardiovasculaire
est négatif.
L'examen sur table basculante (tilt test)
est parfois réalisé à la recherche d'une réaction
vasovagale exacerbée. Ce test peut être sensibilisé
par la perfusion d'isoproténérol (ISUPREL)
ou de la trinitrine en spray.
DIAGNOSTIC
ETIOLOGIQUE 1
- Perte de connaissance d'origine cardiaque
Il est d'usage de
classer les nombreuses étiologies de perte
de connaissance d'origine cardiaque selon
leur circonstances de survenue, en distinguant
les syncopes liées à l'effort, les syncopes
posturales, et les syncopes spontanées.
1.1 - Syncopes d'efforts
Lorsque la syncope
est liée à l'effort, elle doit faire rechercher
en priorité une origine cardiaque, notamment
un obstacle à l'éjection du ventricule gauche
ou du ventricule droit.
Le rétrécissement aortique valvulaire représente
de loin la cause la plus fréquente. Le diagnostic
est auscultatoire, et sera confirmé par
l'échographie Doppler. La syncope marque
un tournant dans l'évolution du rétrécissement
aortique, et doit faire considérer que l'indication
de remplacement valvulaire aortique est
formelle et très urgente si celui-ci est
serré. Il faut rechercher de principe un
bloc auriculo-ventriculaire paroxystique,
fréquent dans ce type de pathologie, et
qui nécessite la mise en place d'un stimulateur
cardiaque définitif.
Les autres variétés de rétrécissements aortiques
(rétrécissements sous ou sus-valvulaires)
sont exceptionnels et entrent dans le cadre
de la pathologie cardiaque congénitale.
La myocardiopathie obstructive est moins
fréquente que le rétrécissement aortique
valvulaire. La syncope est le plus souvent
due à l'obstacle à l'éjection, mais peut
être en rapport avec un trouble du rythme
ventriculaire paroxystique, fréquent dans
cette pathologie.
Ici encore, le diagnostic
est clinique (souffle systolique, avec B2
conservé), électrique (HVG avec aspect de
pseudo-nécrose à l'ECG), et échographique.
L'échographie Doppler permet d'affirmer
le diagnostic en montrant un septum interventriculaire
épais, alors que le Doppler prouve l'obstacle
à l'éjection ventriculaire.
La tétralogie de Fallot est responsable
de syncope chez l'enfant. Ici encore, le
diagnostic est essentiellement échographique
(CIV, HVD, obstacle à l'éjection pulmonaire).
L'hypertension artérielle pulmonaire primitive
est exceptionnelle, et de très mauvais pronostic.
L'angor d'effort s'accompagne parfois d'une
syncope, et doit faire rechercher un trouble
du rythme ou de conduction à l'effort, ou
une sténose aortique.
1.2 - Syncopes posturales
Par définition, ces syncopes surviennent
aux changements de position. La cause de
loin la plus fréquente est l'hypotension
artérielle orthostatique (Cf infra, syncope
d'origine circulatoire).
Les autres causes sont très rares. Quelques
cardiopathies peuvent entraîner une syncope
par ischémie cérébrale aiguë transitoire,
du fait d'un engagement intra orificiel
d'une masse située dans les cavités gauches.
Classiquement, cet engagement se fait volontiers
à l'occasion d'un changement de position
du malade. En réalité, cette particularité
est rarement retrouvée.
Le myxome de l'oreillette est la tumeur
cardiaque la plus fréquente. Presque toujours
situé dans l'oreillette gauche, il s'engage
en diastole dans la valve mitrale et peut
donner des signes auscultatoires de pseudorétrécissement
mitral. L'échographie fait le diagnostic.
Les thrombus intra-cardiaques, notamment
intra-auriculaires gauches sont rarement
responsables de syncope. Chez un patient
porteur d'une prothèse valvulaire, notamment
mitrale, il faut craindre une thrombose
de prothèse, qui impose une hospitalisation
en urgence.
Les autres tumeurs intra-cardiaques sont
exceptionnelles.
1.3 - Syncopes spontanées
Troubles de conduction
auriculo-ventriculaires
(cf. chapitre intitulé
"Troubles du rythme ventriculaire (Sémiologie
ECG)" ou chapitre intitulé "Les blocs atrio-ventriculaires
(Sémiologie ECG) Généralités".
Les troubles de conduction auriculo-ventriculaires,
notamment paroxystiques, sont responsables
de syncopes en générale typiques.
- Le trouble de conduction
peut être chronique, dégénératif : le diagnostic
est facile à faire, le pouls étant lent
en permanence, généralement inférieur à
40/mn en cas de BAV complet (pouls lent
permanent). La survenue de syncope dans
ce contexe réalise le syndrome de Stokes
Adams. Le diagnostic est facilement fait
par l'ECG qui montre un BAV du 3ème degré,
avec échappement ventriculaire lent à QRS
larges.
- En cas de trouble
de conduction paroxystique, le BAV est plus
difficile à documenter sur le plan électrique.
La mise en évidence de l'existence d'un
trouble conductif peut nécessiter un ECG
endocavitaire, à la recherche de troubles
de conduction intra ou infra-hissiens.
Troubles de l'excitabilité auriculaire :
- Le dysfonctionnement
sinusal s'accompagne rarement d'accidents
paroxystiques syncopaux. Le plus souvent,
il existe un dysfonctionnement sinusal qui
est aggravé par un traitement antiarythmique.
- La maladie de l'oreillette
est caractérisée par l'association de troubles
de l'excitabilité auriculaire (flutter ou
fibrillation), et de dysfonctionnement sinusal
responsable d'une bradycardie.
Les tachycardies :
- Les pertes de connaissance
brèves sont exceptionnelles dans les tachycardies
supra-ventriculaires. Elles se voient, soit
lorsque l'accès de tachycardie est très
rapide (pré-excitation ventriculaire), soit
en cas de cardiopathie sévère (cardiomyopathie).
- Les tachycardies
ventriculaires peuvent donner une syncope
au démarrage, notamment en cas de mauvaise
fonction ventriculaire gauche.
- Enfin, la syncope
peut survenir à la fin de l'accès tachycardique,
qui est parfois suivi d'une pause sinusale
un peu prolongée.
- Une mention spéciale
doit être faite à propos des torsades de
pointe, qui s'inscrivent dans un contexte
particulier avec bradycardie, QT long et
troubles métaboliques (hypokaliémie).
Cf chapitre intitulé
"Troubles du Rythme Ventriculaire (Sémiologie
ECG)"
Autres causes :
Certaines cardiopathies
peuvent s'accompagner de pertes de connaissance
spontanées, notamment en cas d'affection
aiguë :
- Les accidents coronariens
: l'angor de PRINZMETAL est une variété
particulière d'angor, habituellement en
relation avec un spasme coronaire, ou la
crise hyperalgique se termine éventuellement
par des troubles du rythme ventriculaire,
parfois responsables de syncope.
- A la phase aiguë
de l'infarctus du myocarde, la syncope survient
habituellement du fait d'un syndrome vasotonique,
favorisé par la douleur. Il s'agit le plus
souvent d'un infarctus postérieur (syndrome
de Shillingford). La syncope peut également
survenir à la faveur d'un bloc auriculo-ventriculaire
transitoire, ou d'un trouble du rythme.
- Prolapsus mitral
: des accidents syncopaux sont rencontrés
dans 2 à 4 % des prolapsus mitraux. Le diagnostic
est auscultatoire et échographique. Le Holter
montre souvent une hyperexcitabilité ventriculaire.
- QT long congénital
: certains syndromes congénitaux avec allongement
idiopathique de la repolarisation ventriculaire
se compliquent d'accidents syncopaux en
relation avec des torsades de pointe.
- Syncopes chez les
patients porteurs de pace maker : une récidive
de syncope chez un patient porteur de pace
maker doit faire rechercher un déplacement
de sonde, une usure ou un dysfonctionnement
de la pile, voire une arythmie ventriculaire
induite par le pace-maker.
2 - Syncopes d'origine
circulatoire
Une chute du débit
cardiaque cérébral n'est pas forcément en
rapport avec un trouble cardiaque et peut
intéresser le système vasculaire lui-même.
Il s'agit de causes extrêmement fréquentes
et souvent bégignes.
2.1 - Syncopes vasovagales
Il s'agit de la
cause la plus fréquente de syncope, qui
se caractérise par une perte de connaissance
brève, souvent précédée de prodrome (sueurs,
pâleur, acouphène, chaleur...). Elle touche
surtout les sujets jeunes, anxieux et émotifs,
et les circonstances de survenue sont assez
stéréotypées : fatigue, émotions, atmosphère
confinée, contrariétés...
Elle évolue classiquement
en trois temps : phase de prodrome, puis
syncope de quelques minutes, puis phase
de récupération avec asthénie et pâleur.
Lorsque l'on peut
examiner le patient durant la phase prodromique,
on constate habituellement une bradycardie
avec chute tensionnelle.
En cas de doute diagnostique,
la technique du tilt-test permet souvent
de reproduire le phénomène et de faire le
diagnostic.
2.2 - Syncope de l'hypotension
orthostatique
Habituellement, lors
du passage de la position couchée à la position
debout, il y a peu de modification tensionnelle.
On admet une chute maximale de 20 mmHg pour
la pression artérielle moyenne (30 mmHg
pour la systolique, 15 mmHg pour la diastolique).
Lorsque la chute de pression est plus importante,
les manifestations cliniques habituelles
sont banales : vertiges, acouphènes, asthénie,
obnubilation. La traduction clinique la
plus spectaculaire est la syncope, qui survient
sans signe prémonitoire, au moment ou le
patient se lève.
La recherche de la
chute tensionnelle au lever doit être réalisée
selon une technique rigoureuse, et fait
partie de l'examen systématique de tout
bilan de syncope.
Les hypotensions
orthostatiques sont le plus souvent secondaires.
Elles surviennent surtout chez le sujet
âgé, hypertendu, recevant un traitement
hypotenseur.
L'hypotension artérielle
orthostatique est le plus souvent secondaire,
et d'origine iatrogène :
les neuroleptiques sont fréquemment en cause.
les ganglioplégiques ne sont pratiquement
plus utilisés actuellement.
les vasodilatateurs artériels et inhibiteurs
de l'enzyme de conversion, ainsi que les
antihypertenseurs centraux et diurétiques
favorisent les hypotensions orthostatiques.
les antidépresseurs tricycliques peuvent
être en cause ainsi que les IMAO, notamment
lorsqu'ils sont associés.
La L DOPA favorise l'hypotension orthostatique
chez les parkinsoniens traités.
les tranquillisants et analgésiques centraux
peuvent également favoriser des hypotensions.
Certaines hypotensions orthostatiques ont
d'autres origines :
affection endocrinienne, comme la maladie
d'Addison, le myxoedème, le panhypopitritarisme
et même le phéochromocytome.
les hypovolémies sévères peuvent également
être en cause.
parfois l'hypotension artérielle orthostatique
reste primitive :
Syndrome de Bradburg-Eggleston : il s'agit
d'une hypotension orthostatique isolée pure,
idiopathique.
Syndrome de Shy-Drager : il associe une
hypotension orthostatique à des signes neurologiques,
notamment syndrome extra-pyramidal.
2.3 - Hyper-réflectivité
sinocarotidienne
L'hyper-réflectivité
sinocarotidienne, ou syndrome du glomus
carotidien, se rencontre plus fréquemment
chez l'homme après 40 ans, et plutôt chez
les sujets athéromateux ou hypertendus (à
la différence de la syncope vaso vagale
pure).
Les syncopes sont
dues à une exagération de l'arc réflexe
sinocarotidien. La stimulation des récepteurs
du glomus carotidien peut induire dans certains
cas une réponse exagérée, qui conduit à
une pause ventriculaire transitoire.
Le plus souvent,
ces anomalies sont favorisées par une athérosclérose
carotidienne banale. Exceptionnellement,
on retrouve une tumeur du glomus carotidien
ou de la région.
Les circonstances
sont assez stéréotypées : la syncope survient
alors que le patient est en position debout,
et fait des mouvements de rotation de la
tête. Parfois, il y a une stimulation directe
du glomus carotidien (rasage, col trop serré...).
Le diagnostic est
habituellement facile. La syncope est reproduite
par un test de provocation : le massage
sinocarotidien est réalisé prudemment, chez
un patient allongé, chez qui on réalise
simultanément un enregistrement ECG. Schématiquement,
trois types de réponses sont possibles :
réponse dite inhibitrice, avec bradycardie
importante, voire pauses prolongées (rares).
réponse vasodépressive, avec chute tensionnelle
de plus de 50 mmHg, sans pause cardiaque,
ni bradycardie importante. C'est la forme
la plus fréquente.
forme vaso-inhibitrice, mixte, avec bradycardie
et réponse vaso-dépressive.
Le traitement est
souvent difficile, la mise en place d'une
stimulateur cardiaque n'empêche pas la chute
tensionnelle qui est souvent prédominante,
et ne représente un traitement approprié
que dans la forme cardio-inhibitrice.
2.4 - Autres syncopes
réflexes
Elles sont dues à
une stimulation intempestive des baro-récepteurs
cardio-inhibiteurs, et peuvent, dans des
cas extrêmes, aboutir à l'arrêt cardiocirculatoire
complet.
Elles surviennent,
la plupart du temps, dans des situations
privilégiées, notamment en cas de stimulation
douloureuse :
ictus laryngé : la syncope apparaît à l'occasion
d'un effort de toux important.
stimulation douloureuse, intense ou prolongée
: toutes les douleurs peuvent être responsables,
principalement lors de stimulation de la
sphère ORL, des muqueuses viscérales, de
la plèvre du péritoine, l'infarctus myocardique...
on en rapproche les syncopes post-mictionnelles,
qui surviennent typiquement chez l'homme
âgé.
d'autres causes sont classiques : syncope
du donneur de sang occasionnel, syncope
émotive, syncope post commotionnelle.
en fin de grossesse, le simple clinostatisme
peut suffir à provoquer une bascule de l'utérus
gravide, et une compression de la veine
cave inférieure, qui entrave le retour veineux,
et provoque un désamorçage de la pompe cardiaque.
3 - Syncopes de causes
indéterminées
Il est fréquent,
notamment après un premier épisode syncopal
(30 % des cas) qu'un bilan étiologique complet
ne permette pas de retrouver d'étiologie.
Fréquemment, notamment
chez le sujet âgé, le bilan ne permet pas
de retrouver une seule cause bien individualisée,
mais différentes anomalies. La syncope peut
résulter d'une intrication de diverses étiologies.
Les causes mixtes,
vaso-cardiaques sont fréquentes. L'association
de lésions vasculaires cérébrales et de
troubles du rythme cardiaque ou de la conduction
est également fréquemment retrouvée.
CE
QU'IL FAUT RETENIR L'interrogatoire,
l'examen clinique et l'ECG permettent d'établir
un diagnostic étiologique dans 50 % des
cas. Les différents examens paracliniques
sont souvent peu productifs. Enfin, 30%
des syncopes restent inexpliquées.
Au terme de l'interrogatoire,
de l'examen clinique et après enregistrement
d'un ECG, trois questions essentielles se
posent pour orienter la stratégie diagnostique
:
1. Affirmer
la syncope (pas toujours simple chez
un patient ne se rappelant pas d'avoir perdu
connaissance).
2. Recueillir
le plus d'informations possible sur
les circonstances de survenue et l'ancienneté
des syncopes. Cela permet de classer la
syncope comme cardiaque, neurologique voire
autre (psychiatrique).
3. Déceler
ou identifier une cardiopathie sous-jacente.
Une syncope survenant sur cardiopathie organique
identifiée a un pronostic potentiellement
grave. Les critères de mauvais pronostic
sont : âge > 45 ans, antécédents d'insuffisance
cardiaque, troubles du rythme ventriculaire,
ou présence d'une anomalie électrocardiographique.
Une cause cardiaque est probable en cas
de :
Une bradycardie sinusale < 40/min, une dysfonction
sinusale ou des pauses > 3 sec.
Un bloc type mobitz II voire un bloc atrioventriculaire
complet.
Un bloc de branche alternant, bloc de branche
complet avec PR long, ou bloc de branche
déguisé.
Tachycardie paroxystique rapide supra- ou
ventriculaire.
Une dysfonction de pacemaker avec des pauses.
L'hospitalisation est nécessaire lorsque
:
On suspecte ou il existe une cardiopathie
sous-jacente.
Il existe des anomalies ECG suggérant un
trouble de conduction ou une arythmie.
La syncope survient pendant l'effort, ou
couché.
Il existe des antécédents familiaux de mort
subite.
La syncope entraîne un traumatisme sévère.
La syncope est précédée de palpitations.
Les récidives sont fréquentes.
La stratégie va
donc dépendre de ces éléments.
1. Parfois
le diagnostic est posé sans examens complémentaires.
C'est le cas de la lipothymie caractéristique
survenant chez les sujets jeunes avec circonstances
déclenchantes.
2. A défaut,
si la phase d'évaluation initiale ne permet
pas de conclure, le point pertinent devient
la présence ou non d'une cardiopathie.
Un premier épisode sans cardiopathie, avec
ECG normal, ne nécessite pas d'exploration
complémentaire.
Si les épisodes sont nombreux ou accompagnés
de traumatisme, un tilt-test est nécessaire.
Il peut dévoiler une réponse cardio-inhibitrice
responsable des syncopes. En cas de négativité,
l'opportunité d'autres explorations à la
recherche d'une cause cardiaque identifiable
peut s'avérer nécessaire.
3. Une exploration
cardiaque plus complète avec échocardiographie,
Holter-ECG, épreuve d'effort, voire recherche
de potentiels tardifs, explorations electrophysiologiques
peut s'avérer nécessaire à la recherche
d'une cardiopathie organique pour les malades
n'entrant pas dans les deux catégories précédentes
ou lorsque les syncopes sont répétées et
aucune cause n'a été identifiée, en particulier
avec tilt-test négatif.
Ces explorations peuvent permettre d'identifier
des causes cardiaques. Se souvenir tout
de même que quelles que soient les explorations,
30% des syncopes demeurent parfaitement
inexpliquées.
Syncope - Algorithme
Décisionnel :
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