Service de Cardiologie de Besançon - Pôle cœur-poumons Service de Cardiologie de Besançon - Pôle cœur-poumons Service de Cardiologie de Besançon - Pôle cœur-poumons Service de Cardiologie de Besançon - Pôle cœur-poumons   Service de Cardiologie de Besançon - Pôle cœur-poumons
CENTRE UNIVERSITAIRE HOSPITALIER DE BESANCON
 [INSCRIPTION] • email: mdp: rester
connecté:
General Info in English
Besançon
C.H.U.
Pôle cœur-poumons
Service de cardiologie
Remerciements
Contact
Accès Grand Public
Prévention du risque cardio-vasculaire
Examens réalisés au pôle cœur-poumons
Annuaire des associations de malades
Accès Professionnels
Forum Medical
Prise de rendez-vous
Publications du service
Référentiel
Liens
SIM 10
Recommandations
Annuaire des Médecins
Accès Étudiants
Table des matières
Base multimédia
SIM 10
Publications du service
 
« retour

PERICARDITES AIGUES


Professeur François SCHIELE
Docteur Pierre LEGALERY

Mise à jour du 18/10/2001



DEFINITION

La péricardite aiguë est une inflammation des deux feuillets du péricarde associée ou non à la présence d'un épanchement liquidien.

Le péricarde est formé d'une enveloppe externe fibreuse, et d'une enveloppe interne, la séreuse péricardique. Elle comprend elle-même deux feuillets, le feuillet viscéral et le feuillet pariétal. Physiologiquement, il existe entre ces deux feuillets une cavité virtuelle contenant de 20 à 50 ml de liquide.

Lors d'une péricardite aiguë, les feuillets péricardiques sont le siège de remaniements inflammatoires avec afflux de polynucléaires neutrophiles et de lymphocytes, associé à un dépôt de fibrine et une sécrétion liquidienne par la séreuse.

haut de page


DIAGNOSTIC POSITIF

Ce diagnostic s'appuie sur l'examen clinique, l'électrocardiogramme, la radiographie thoracique, l'échographie et les examens biologiques, l'interrogatoire et l'auscultation cardiaque sont bien sûr primordiaux.

1 - Clinique

1.1 - Signes généraux

Une fièvre à 38° à 38,5° fréquente, habituellement contemporaine de la doueur
Altération de l'état général, sueurs, arthralgies, myalgies, syndrome grippal, font partie des éléments importants du diagnostic à rechercher.

1.2 - Signes fonctionnels

Ils sont représentés par la douleur thoracique. Le début est souvent brutal avec une douleur violente, rétro-sternale, médio-thoracique, sans irradiation vraie. La douleur est souvent à type de point de côté, parfois des brûlures. Elle est rarement constrictive. L'irradiation est très rarement vers les bras, les épaules ou le dos.
La douleur est volontiers prolongée ou intermittente, sans rapport avec les efforts ou le repos, persistant plusieurs heures voire plusieurs jours.

Deux caractéristiques sont importantes à individualiser :
- l'augmentation de la douleur lors de l'inspiration ou de la toux.
- les modifications de l'intensité de cette douleur lors des changements de position; notamment exacerbation en décubitus et position antalgique lors d'une position assise ou anteflèchie .

La dyspnée est beaucoup plus rare. Il ne s'agit qu'une polypnée par inhibition respiratoire du fait de la douleur. Rarement on peut retrouver une dyspnée permanente ou intense.

1.3 - L'examen clinique est souvent pauvre :

On ne recherche qu'un élément d'orientation primordial : le frottement péricardique.

Le frottement péricardique est pathognomonique de cette pathologie mais inconstant; il s'agit d'un bruit surajouté, localisé et superficiel. Il n'irradie pas (il naît et meurt sur place). Il est perçu aux deux temps du cycle cardiaque (systolo-diastolique) et réalise un bruit de va-et-vient, rappelant classiquement des bruits de pas sur la neige fraîche ou le crissement du cuir neuf. L'intensité est individuellement très variable au cours de l'examen, variable avec la position, ou dans le temps.

Il persiste en apnée, ce qui le différencie du frottement pleural.

Le reste de l'examen est sans particularité dans la forme typique: le pouls, la pression artérielle et l'auscultation pulmonaire sont normaux, il n'existe pas de signe d'insuffisance ventriculaire droite ou gauche pouvant faire évoquer la compression par l'épanchement des cavités cardiaques.

1.4 - Electrocardiogramme :

Les modifications intéressent le plus souvent la repolarisation ventriculaire, elles sont discrètes.

Classiquement l'évolution se fait en 4 stades.

- Le stade 1 comporte un sus-décalage du segment ST, dans toutes les dérivations et sans "image en miroir". (Diagnostic différentiel avec l'infarctus au stade initial).

- Au stade 2, il existe un retour du segment ST à la ligne iso-électrique et il existe de plus un aplatissement des ondes T.

- Au stade 3, on retrouve une négativation des ondes T qui sont volontiers symétriques.

- Au stade 4 : retour de l'onde T à la normale en quelques semaines ou quelques mois.

Cette évolution électrocardiographique en 4 stades peut simuler une pathologie coronarienne ; il faut noter que les anomalies de la repolarisation sont concordantes, il n'existe pas d'aspect "en miroir". On ne retrouve bien sûr aucune évolution vers une onde Q de nécrose.

D'autres signes sont inconstants mais de grande valeur :

- le sous-décalage de l'espace PQ doit atteindre au mois 2 mm pour être significatif, le plus souvent il est observé en D1 D2 ou VL.

- fréquemment, il existe des troubles du rythme auriculaire à type d'extra-systoles auriculaires ou de fibrillation auriculaire paroxystique.

- en cas d'épanchement liquidien, il existe parfois un micro-voltage dans les dérivations standards.

2 - Imagerie radiologique :

2.1 - En règle la silhouette cardiaque est virtuellement normale au moins au début de l'évolution.
En cas d'épanchement péricardique abondant, la silhouette cardiomédiastinale est très élargie, avec un aspect triangulaire et symétrique du cœur. Le bord gauche du coeur rectiligne.
L'état du parenchyme pulmonaire est habituellement normal, par contre il peut exister, dans 25 % des cas, un épanchement pleural associé.
Il n'est nécessaire que dans certains cas douteux d'avoir recours à d'autres techniques d'imagerie comme la tomodensitométrie thoracique.

2.2 - Tomodensitométrie thoracique :
Dans certains cas, elle permet d'affirmer l'épanchement péricardique, notamment lorsque il existe un doute en échographie, en raison de la mauvaise échogénicité de certains patients.

2.3 - L'imagerie par résonance magnétique permet elle aussi de faire le diagnostic d'épanchement péricardique.

Ces examens ont un intérêt dans les cas douteux. De plus, ils permettent d'effectuer le diagnostic étiologique pouvant démontrer ainsi la présence d'un processus tumoral péricardique ou thoracique, ou bien sûr un aspect de dissection aortique non diagnostiqué.

Bien sûr, ces examens ne sont en aucun cas d'utilisation régulière et courante dans le diagnostic de la péricardite aiguë

3. Imagerie ultrasonnore :

Cet examen simple est l'examen clé indispensable au diagnostic et à la surveillance des patients porteurs d'une péricardite aiguë ou suspectés d'être porteurs d'une péricardite aiguë. Cet examen permet :

3.1 - Le diagnostic de l'épanchement péricardique :
L'échographie bidimensionnelle permet de visualiser l'épanchement liquidien, lorsque celui-ci existe, sous la forme d'un vide ultra-sonore (noir), séparant les deux feuillets du péricarde.


Il est possible de détecter ainsi des épanchements circonférentiels ou localisés (certains épanchements sont localisés en regard de la face latérale du ventricule gauche ou en regard des cavités droites). L'absence d'épanchement péricardique n'élimine en aucun cas le diagnostic de péricardite aiguë: l'épanchement peut d'une part apparaître secondairement ou il peut s'agir d'une "péricardites séches".

3.2 - L'échographie permet aussi d'apprécier d'une façon semi-quantitative l'importance de cet épanchement liquidien. Physiologiquement, il existe un décollement virtuel des deux feuillets péricardiques en systole, (ce décollement correspond au liquide intra-péricardique physiologique).

L'épanchement est dit mineur lorsque le décollement péricardique est inférieur à 1 cm.

L'épanchement est dit de moyenne abondance lorsque le décollement est compris entre 1 et 2 cm d'épaisseur.

Enfin l'épanchement est considéré comme très volumineux lorsque le décollement est supérieur à 2 cm d'épaisseur. Ces épanchements sont rarement bien tolérés. Il peut exister à ce stade des signes de compression des cavités droites.
Dans certains cas, l'aspect du coeur est très particulier, hyperkinétique semblant flotter au sein de cet épanchement liquidien majeur, réalisant l'aspect de "Swinging heart".

Enfin, l'échographie permet de surveiller l'évolution de l'épanchement sous traitement.

3.3 - Appréciation de la tolérance :

L'échographie permet de rechercher les signes de mauvaise tolérance de cet épanchement.
Il n'existe pas de corrélation stricte entre l'importance de l'épanchement et sa tolérance hémodynamique. En effet, certains épanchements de faible abondance, constitués rapidement, sont très mal tolérés et peuvent aboutir à une tamponnade; par contre, certains épanchements chroniques notamment néoplasiques peuvent atteindre 500 ml, et être parfaitement bien tolérés du fait de leur développement très lent.
C'est uniquement l'aspect comprimé ou non du ventricule droit qui permet d'évaluer la tolérance de l'épanchement. Les signes de gravité, évocateurs de la tamponnade sont :

aspect collabé et aplati du ventricule droit en diastole.
dilatation des veines sus-hépatiques.
dilatation de la veine cave inférieure.

3.4 - L'échographie doit rechercher des éléments diagnostiques positifs ou négatifs :

recherche de valvulopathie ou de trouble de la cinétique segmentaire du ventricule gauche.
recherche d'arguments en faveur d'une dissection aortique.

3.5 - L'apport du Doppler dans les cas de péricardite liquidienne est modeste :
Il est rarement effectué, uniquement en cas de tamponnade où il permet de mettre en évidence une diminution générale des vélocités d'écoulement sanguin transmitral notamment, ainsi que la chute des vitesses intra-cavitaires particulièrement importante en inspiration (l'équivalent du pouls paradoxal).

4 - La biologie est de peu de secours dans le diagnostic positif.
Le bilan biologique permet généralement de retrouver :
des signes inflammatoires, élévation de la vitesse de sédimentation, de la protéine C réactive, et du fibrinogène, la numération-formule sanguine permet d'apprécier l'hyperleucocytose.
L'ionogramme n'est en général pas perturbé.
Les enzymes (ASAT, ALAT,CPK) sont normales.
Les autres examens biologiques effectués dans le cadre d'une péricardite aiguë ne servent qu'à recherche une étiologie : bilan immunologique avec séro-diagnostic viraux, recherche de contamination par le VIH et intra-dermoréaction à la tuberculine (la tuberculose était une cause classique de péricardite).

5 - Ponction et biopsie péricardiques

5.1 - La ponction péricardique :
Cette ponction ne se justifie jamais à titre diagnostique, elle est quelque fois nécessaire pour l'évacuation d'urgence d'un épanchement péricardique devenu compressif. Il est bien sûr nécessaire en cas de ponction péricardique d'effectuer une analyse biochimique et bactériologique et cytopathologique du liquide de ponction permettant ainsi d'effectuer le diagnostic étiologique.

5.2 - De même, la biopsie péricardique ne s'avère nécessaire à titre étiologique que dans le cas d'une péricardite chronique, c'est à dire une péricardite liquidienne sans tendance vers l'amélioration sous traitement AINS avec persistance d'un épanchement inchangé ou augmenté après 3 semaines d'évolution. Il s'agit toujours d'une biopsie chirurgicale. C'est surtout l'examen anatomopathologique du prélèvement qui permettra d'éliminer ou d'affirmer un diagnostic justifiant une thérapeutique spécifique notamment en cas des péricardites tuberculeuses.

5.3 - En cas d'épanchement pleural associé à l'épanchement péricardique, la biopsie ou la ponction pleurale permet de se dispenser de biopsie péricardique lorsqu'un examen anatomo-pathologique s'avère nécessaire pour parvenir au diagnostic.
En effet, dans les pleuro-péricardites, la formule anatomo-pathologique de la biopsie de plèvre est identique à celle de la biopsie de péricarde.
La biopsie de plèvre est un examen transpariétal à l'aiguille alors que la biopsie péricardique est chirurgicale.

haut de page


EVOLUTION

1 - Surveillance.

Les éléments de surveillance sont représentés par :
la clinique : persistance ou non de la douleur thoracique, de la polypnée superficielle, du frottement péricardique. Il est nécessaire aussi de rechercher des signes de mauvaise tolérance avec apparition d'une insuffisance ventriculaire droite.
biologiques : bilan inflammatoire nécessaire à deux semaines de l'évolution.
échographiques : surveillance par une échographie à trois semaines de l'évolution pour évaluer l'importance de la diminution de l'épanchement ou a contrario l'évolution vers les signes de tamponnade.
Certains patients, dont l'épanchement est minime ou absent, peuvent être surveillés en ambulatoire; quand il existe un épanchement de moyenne ou grande abondance, une surveillance hospitalière est de règle, au moins pendant les premiers jours ; en cas d'épanchement très volumineux, l'hospitalisation en unité de soins intensifs cardiologiques s'impose.

2 - Durée :

L'évolution est en règle générale favorable en quelques semaines en cas de péricardite aiguë idiopatique, sous traitement anti-inflammatoire non stéroïdien simple. Elle peut être marquée par des rechutes ou des récurrences, même dans les péricardites aiguës idiopathiques nécessitant une poursuite du traitement anti-inflammatoire.

La péricardite peut être prolongée. On admet que la péricardite est d'évolution prolongée lorsque en l'absence de diagnostic étiologique précis, l'épanchement péricardique ne manifeste aucune évolution favorable vers la régression ou la disparition sous traitement anti-inflammatoire après trois semaines de traitement. C'est dans ce cas que la biopsie péricardique peut s'avérer nécessaire pour parvenir au diagnostic.

Enfin, certaines formes peuvent évoluer vers la constriction, notamment les péricardites tuberculeuses, ou post radiothérapiques.

haut de page


FORMES CLINIQUES

1 - Les formes symptomatiques

1.1 - Péricardite peu symptomatique :
Parfois il existe des péricardites sans douleur ou dont la douleur est peu intense, il existe de plus parfois une absence de frottement. Ce sont habituellement les données échographiques qui précisent le diagnostic (échographie cardiaque réalisée systématiquement devant une douleur thoracique).

1.2 - Péricardite aiguë avec compression ; dans ce cas, la péricardite aiguë réalise un tableau de tamponnade.

1.3 - Tamponnade : la tamponnade réalise une adiastolie aiguë.
Le malade est dyspnéique, recherche continuellement la position assise.
La tension artérielle est basse, il existe des signes de choc périphérique, avec marbrures périphériques.
Le pouls est rapide et il disparaît ou est dépressible à l'inspiration. Le pouls radial peut parfois n'être pas perçu, alors qu'il existe une véritable dépressibilité du pouls au niveau des fémorales. C'est le pouls paradoxal de Kussmaul.
Il existe des signes droits avec gros foie douloureux, reflux hépato-jugulaire et turgescence des jugulaires. Parfois lorsque la constriction évolue sur le mode subaigu, il existe un oedème des membres inférieurs.

1.4. Diagnostic échographique :
aspect de "swinging heart".
diminution inspiratoire des vélocités intracardiaques.
Distension majeure des veines sus-hépatiques et de la veine cave inférieure.
Le traitement est l'évacuation d'urgence par ponction péricardique trans-pariétal ou par ponction péricardique chirurgicale.

2 - Formes étiologiques :

2.1 - Certaines formes étiologiques sont devenues rares, les péricardites tuberculeuses et les péricardites infectieuses.

Les péricardites tuberculeuses.
- Leurs particularités cliniques sont une relative rareté depuis quelques années (de 4 à 5 % des péricardites aiguës); elles compliquent environ 10 % des tuberculoses pulmonaires, et leur installation est très progressive avec un épanchement habituellement abondant. Le début clinique comme dans toute tuberculose, est souvent insidieux, parfois latent, le diagnostic ne peut être fait parfois qu'au stade de péricardite chronique constrictive.
- Les éléments d'orientation sont le terrain (immuno-suppression, patient transplanté) l'altération de l'état général et notion de contage tuberculeux.
- Le diagnostic repose sur l'isolement du bacille de Koch, par exemple dans le liquide pleural ou péricardique, la biopsie permet parfois qu'elle soit péricardique ou pleurale, de démontrer l'aspect de follicule tuberculeux sur l'examen anatomo-pathologique.
- L'évolution peut se faire vers la constriction, par contre, il existe un faible risque de tamponnade.

Péricardite purulente.
- Elle survient généralement chez les sujets immuno-déprimés (insuffisance rénale chronique, patient sous immuno-suppresseur, lymphome, leucémie, SIDA). Les portes d'entrée sont habituellement ORL, articulaire, pulmonaire ou méningée. Les germes en cause peuvent être le pneumocoque, le staphylocoque, les hémophilus influensa ou les bacilles gram négatifs.
- Le diagnostic peut être fait dans un contexte d'un syndrome infectieux, associé à un frottement péricardique.
- L'évolution est grave malgré le traitement antibiotique. Elle se fait soit vers la compression ou la constriction. L'éradication de ce foyer infectieux étant très difficile, du fait de la mauvaise diffusion intra-péricardique des antibiotiques, la mortalité est donc élevée.

2.2 - Les péricardites virales.
Les péricardites virales sont les plus fréquentes. Elle sont rarement affirmées sur le plan virologique ou immunologique par des prélèvements biologiques. Chez un sujet jeune, lors d'un premier épisode, le bilan étiologique peut comporter essentiellement un bilan infectieux, rarement les sérologies virales, ainsi que la réalisation d'une intradermoréaction. En cas de rechute, il convient de discuter une éventuelle biopsie et analyse du liquide péricardique .

Les péricardites virales ont comme caractéristiques d'atteindre le sujet jeune, souvent adolescent, elles sont précédées d'un syndrome grippal ou d'infection des voies ORL. Le début est souvent brutal associant douleur thoracique intense et fièvre à 38,5°. Il existe fréquemment d'ailleurs une atteinte pleurale associée.

L'échographie révèle qu'il s'agit de péricardite sèche ou avec un épanchement peu abondant.

Les virus en cause rarement recherchés sont habituellement coxackie groupe A et B, échovirus, adénovirus, virus de l'hépatite virale AB, rougeole, rubéole et oreillons, et micro-organismes opportunistes (dans le cadre du sida).

Le diagnostic étiologique repose simplement sur le syndrome inflammatoire non spécifique, il existe rarement la nécessité d'isoler le virus dans les selles, la plèvre ou le liquide céphalo-rachidien. On peut effectuer des sérologies sur deux prélèvements réalisés à 2 ou 3 semaines d'intervalle.

L'évolution se fait rapidement vers la guérison habituellement en 2 à 3 semaines sous traitement anti-inflammtoire; elle peut être compliquée d'une myocardite associée dans environ 20 % des cas. De plus, il existe dans moins de 20% des cas un risque de rechute avec nécessité de poursuivre le traitement anti-inflammatoire ou l'évolution vers un épanchement péricardique abondant avec compression.

2.3 - D'autres péricardites s'observent de façon plus rare ou font partie du tableau d'une autre affection.

Péricardite néoplasique.
- Les néoplasies en cause sont habituellement les néoplasies pulmonaires, mammaires, les leucémies, et les lymphomes Hodgkiniens.
- L'atteinte péricardique représente environ 10%, en général en rapport avec une métastase in situ. Les modalités de découverte sont la compression aiguë du coeur, ou l'examen échographique systématique.
- Le diagnostic repose sur le contexte clinique d'altération de l'état général associée à des signes d'IVD avec confirmation par l'échographie. Eventuellement, il est effectué un drainage chirurgical pour permettre d'effectuer une biopsie péricardique dans le même temps.

Péricardite au cours de l'infarctus du myocarde.
- A la phase aiguë, il n'est pas rare de noter l'existence d'une réaction péricardique qui s'exprime par la réapparition de douleur différente de celle de l'angor, exacerbée par l'inspiration. Parfois on peut noter un frottement péricardique. Le diagnostic électrocardiographique est difficile, compte tenu des troubles de la repolarisation en rapport avec l'épisode aigu d'ischémie myocardique.
- Le traitement fibrinolytique a parfois été suspecté de favoriser la survenue de l'épanchement péricardique.
L'évolution se fait habituellement vers la guérison en quelques jours sous traitement anti-inflammatoire.
- Le syndrome de Dressler complique 3 à 4% des infarctus. Il survient tardivement entre la 2ème et 3ème semaine après la phase aiguë. Il s'agit d'un mécanisme auto-immun avec comme caractéristique des douleurs thoraciques récidivantes et l'association d'un épanchement péricardique et pleural dans un contexte fébrile et inflammatoire.
L'évolution est favorable sous traitement anti-inflammatoire .

Péricardite post-chirurgicale.
- Elle est présente dans 1/4 des cas après chirurgie cardiaque, il peut s'agir d'un mécanisme auto-immun ou d'un saignement, en général favorisé par le traitement anti-coagulant.
- Le diagnostic se fait par la clinique et l'échographie cardiaque réalisée systématiquement après une intervention de chirurgie cardiaque.
- L'évolution se fait fréquemment vers la tamponnade et impose le drainage systématique dès que l'épanchement est persistant et d'abondance important.

Péricardite au cours des affections rhumatologiques et collagénoses.
De très nombreuses maladies générales peuvent entraîner une réaction péricardique: il s'agit du rhumatisme articulaire aigu, du lupus érythémateux aigu disséminé, de la polyarthrite rhumatoïde, de la sclérodermie et des autres collagénoses.

Péricardite post-radiothérapique.
Elles surviennent tardivement un à cinq ans après l'irradiation. Elles sont directement liées à la dose totale d'irradiation, et de la durée du traitement. Le tableau clinique est habituellement sévère sous la forme d'une compression cardiaque imposant habituellement un drainage en urgence. Dans certains cas, elle se révèle tardivement par une péricardite constrictive.

Péricardite dans le cadre d'une insuffisance rénale chronique.
Elle est fréquente, détectée dans environ 20 % des cas par l'échographie systématique. Elle est habituellement asymptomatique mais peut entraîner, lorsque les séances d'hémodialyse sont mal tolérées, des complications hémodynamiques ou parfois s'aggraver avec apparition d'un volumineux épanchement et tamponnade.

haut de page


DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL

1 - Les syndromes douloureux thoraciques (voir conduite à tenir devant une douleur thoracique).

Le diagnostic différentiel est particulièrement important par rapport à l'infarctus du myocarde où co-existent les mêmes signes électriques et cliniques, c'est à dire des douleurs thoraciques et des modifications du segment ST.

L'embolie pulmonaire est également un diagnostic différentiel parfois difficile.

Les autres diagnostics possibles sont la dissection aortique, la pancréatite aiguë, la pneumopathie aiguë et la cholécystite.

2 - Diagnostic différentiel devant la cardiomégalie.

Les cardiomyopathies dilatées peuvent être aussi symptomatiques et se révéler par une cardiomégalie et des douleurs thoraciques. Rarement elles entraînent des douleurs thoraciques mais plutôt des manifestations d'insuffisance ventriculaire gauche. Bien sûr il existe parfois des poussées d'insuffisance cardiaque lorsqu'il existe un épanchement péricardique important.

haut de page


LE TRAITEMENT

1 - Péricardie aiguë bénigne (virale et idiopathique).

Le traitement symptomatique consiste en :
repos au lit,
antalgiques (Paracétamol)
traitement anti-inflammatoire : acide acétyl-salicylique ou anti-inflammatoire non-stéroïdien.
surveillance clinique, électrocardiographique, radiographique et surtout échocardiographique.
le traitement corticoïde favoriserait les rechutes et est donc à proscrire dans une première péricardite.
en cas de prolongation de la maladie au-delà de 3 semaines, la biopsie chirurgicale est nécessaire.

2 - Traitement spécifique.

2.1 - Péricardite septique :
Antibiothérapie adaptée au germe, drainage chirurgical.

2.2 - Péricardite tuberculeuse :
traitement anti-tuberculeux classique.
traitement corticoïde habituel dans ce cas, sous traitement anti-turberculeux, à raison de 30 à 40 mg de prednisone.

3. - Drainage chirurgical et biopsie péricardiques

Sont indiqués dès qu'il existe des signes de mauvaise tolérance clinique et échographique avec compression des cavités droites.
Sont indiqués systématiquement en cas de péricardite post-chirurgicale, traumatique, septique, ou en cas de péricardite prolongée, au delà du premier mois.
Ce traitement permet en outre l'analyse du liquide péricardique et l'examen anatomo-pathologique d'un fragment péricardique.



haut de page
COPYRIGHT © WWW.BESANCON-CARDIO.ORG 2005, 2006 - TOUS DROITS RÉSERVÉS. CONCEPTION: WEBCONFIANCE.COM