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INTRODUCTION
De nombreuses affections
organiques ou fonctionnelles peuvent engendrer
des manifestations douloureuses thoraciques.
Ce symptôme ne permet pas de préjuger de
la gravité de l'affection responsable car
il n'y a pas de parallélisme entre l'intensité
des douleurs et la gravité de leur étiologie
; la décision de réaliser un bilan et du
type de bilan repose sur les données cliniques,
notamment d'interrogatoire, et sur le terrain.
En pratique, l'orientation diagnostique
devant une douleur thoracique est très différente
selon qu'il s'agit d'une douleur chronique
ou d'une douleurs aigue. Dans ce dernier
cas, l'hospitalisation immédiate est parfois
nécessaire pour affirmer le diagnostic d'une
pathologie qui menace le pronostic vital
immédiat.
Il faut donc différencier ces deux situations
cliniques.
DOULEURS
THORACIQUES AIGUES
Les douleurs thoraciques
aiguës peuvent être liées à une pathologie
anorganique banale sans valeur pronostique
particulière. Cependant, la gestion des
malades souffrant de douleurs thoraciques
aiguës doit être entreprise en gardant constamment
à l'esprit qu'elles peuvent être la traduction
d'une pathologie organique sérieuse engageant
le pronostic du malade à court terme telle
qu'infarctus, dissection aortique, embolie
pulmonaire.....
L'orientation diagnostique et les explorations
à mettre en œuvre sont très dépendantes
de la situation clinique et de la présentation
initiale.
ORIENTATION DIAGNOSTIQUE
INITIALE
L'orientation diagnostique
initiale repose sur l'interrogatoire, l'examen
clinique, la radiographie pulmonaire et
l'électrocardiogramme. En fonction de ces
premiers résultats, la poursuite ou non
des investigations sera décidée, mais dans
le doute, toute douleur thoracique justifie
l'hospitalisation.
1 - Les moyens de l'orientation
initiale
1.1
- Antécédents pathologiques :
On recueillera les antécédents familiaux
et personnels, en particulier antécédents
de maladie cardio-vasculaire, pathologie
thrombo-embolique, pathologie digestive
ou pulmonaire. On précisera les éventuelles
thérapeutiques médicamenteuses en cours.
1.2 - Les facteurs
de risque cardio-vasculaires :
Cardiopathie ischémique familiale, accident
vasculaire cérébral, hypertension artérielle,
décès subit ou d'origine cardio-vasculaire
dans la famille.
Personnels : hypertension artérielle, dyslipidémie,
tabac, diabète, surcharge pondérale, date
de la ménopause chez la femme.
1.3 - Les caractéristiques
de la douleur
Ce point est particulièrement important,
c'est en effet sur la description du symptôme
douloureux, que se fonde, pour une grande
part, la suspicion clinique d'une origine
cardio-vasculaire ou autre.
L'interrogatoire devra être donc particulièrement
précis, tout en évitant d'orienter les réponses,
en laissant le soin au patient de trouver
les adjectifs qui décrivent le mieux ses
sensations.
On notera la date de début de survenue de
ses douleurs, leur horaire (diurnes, nocturnes),
l'évolution de ses douleurs dans le temps
(quotidiennes, de plus en plus fréquentes
...), enfin les modalités d'apparition et
de disparition (progressive, brutale, à
la suite de la prise d'un médicament, pendant
l'effort ...).
L'interrogatoire précisera l'intensité,
le siège et les irradiations, la durée du
symptôme et enfin le type de ces douleurs
(brûlures, pincement, gêne thoracique généralisée,
striction, pesanteur). Enfin, il faudra
rechercher s'il existe des facteurs aggravants
ou favorisants ou des manoeuvres reproduisant
cette douleur (palpation ou mouvement).
1.4 - Signes d'accompagnement
:
On notera l'existence contemporaine ou précédant
le symptôme d'un syndrome grippal, d'une
altération de l'état général.
L'apparition de difficultés respiratoires,
dyspnée, douleurs à l'inspiration, palpitations,
hémoptysie ou toux.
L'existence de signes généraux comme sueurs,
pâleur.
L'existence de signes digestifs associés
: nausées, vomissements.
1.5 - Clinique
L'examen clinique recherchera d'abord
des signes de détresse hémodynamique, respiratoire
ou neurologique : fréquence cardiaque, tension
artérielle, coloration et température des
téguments, fréquence respiratoire, état
de conscience.
L'examen clinique doit être particulièrement
soigneux au niveau de l'appareil cardio-vasculaire
avec prise de la pression artérielle aux
deux bras, debout et couché, auscultation
cardiaque, palpation des pouls périphériques,
auscultation des trajets artériels notamment
au niveau des vaisseaux du cou et de l'abdomen,
enfin recherche de signes évocateurs de
phlébite.
1.6 - Examens complémentaires
Deux examens complémentaires de première
intention doivent être effectués dans un
contexte de douleurs thoraciques : radiographie
thoracique et électrocardiogramme.
Les autres examens complémentaires (examens
biologiques, enzymes, CPK et transaminases,
écho-cardiographie, scanner thoracique ou
autres) ne sont réalisés qu'ultérieurement.
2 - Les conclusions
du bilan initial
2.1
- Eléments permettant d 'envisager une origine
anorganique de la douleur.
2.1.1 -
L'origine " anorganique " de la douleur
n'est qu'un diagnostic d'élimination qui
doit être porté avec prudence. En cas de
doute il ne faut pas hésiter proposer une
surveillance hospitalière.
2.1.2 -
Examen clinique normal.
2.1.3 -
Radiographie pulmonaire normale, pas d'élargissement
du médiastin ni anomalie de la silhouette
cardiaque ou du parenchyme pulmonaire.
2.1.4 -
ECG normal.
2.1.5 -
Eléments d'interrogatoires en faveur d'une
cause non organique :
absence de facteurs de risque cardio-vasculaire
et patient de moins de 30 ans.
femme non ménopausée.
contexte de stress ou d'anxiété.
certaines caractéristiques de la douleur,
telles que :
- douleur chronique, très ancienne, évoluant
depuis plusieurs mois ou années.
- douleur prolongée sur plusieurs heures,
plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
- topographie sous mammaire très précise,
à type de picotements ou coups d'aiguille.
- douleur migratrice dans tout le thorax
ou vers les membres.
- douleur ne modifiant pas l'activité physique
du patient, surviennent au repos.
- douleur rythmée par les contexte de stress,
accompagnée d'une trop riche symptomatologie
fonctionnelle, (fourmillements des extrémités,
tremblements, palpitations, malaise etc).
- douleurs diffuses, de localisation imprécise
ou au contraire, très localisée (souvent
région sous mammaire gauche),
2.2 - L'élimination
d'une cause organique n'est rassurante
ni pour le médecin ni pour le malade. L'annonce
d'un examen négatif à un malade est souvent
suivi de la sempiternelle question : "si
je n'ai rien au coeur, alors pourquoi j'ai
mal dans la poitrine, Docteur ? ".
Il s'agit d'une question fort judicieuse
qui ne comporte pas toujours de réponse
précise. On se doit tout de même de rechercher
une pathologie non cardiaque, pleuro-pulmonaire,
éventuellement digestive.
Il faut bien reconnaître que le bilan demeure
souvent négatif et que ce n'est que par
éliminations successives qu'on est amené
à avouer son ignorance ou penser qu'il s'agit
de symptômes non organiques.
Ne pas oublier que si la description des
symptômes d'angine de poitrine ou d'infarctus
du myocarde est souvent caractéristique,
la médecine demeure un métier plein d'imprévus
et de surprises et que des patients avec
des symptômes qui paraissent tout à fait
anorganiques sont quelquefois d'authentiques
cardiaques ou d'authentiques coronariens..
2.3 - Certains
éléments permettent d'évoquer (et doivent
faire activement rechercher)
Une origine cardio-vasculaire : syndrome
coronarien aigu, dissection aortique, péricardite.
Une origine pulmonaire : embolie pulmonaire,
pneumothorax, épanchement pleural liquidien,
foyer infectieux pulmonaire.
Des origines gastro-duodénales, rhumatologique
ou neurologiques.
ORIENTATION VERS
UNE PATHOLOGIE ORGANIQUE
1 - Origine cardio
vasculaire : douleurs de topographie médiane,
antérieure ou postérieure
1.1
- Syndromes coronariens aigus
(cf. Chapitre Angine de Poitrine Instable
et Infarctus Non-Q, et Chapitre Infarctus
du Myocarde Aigu)
Interrogatoire
- Homme âgé de plus de 40 ans.
- Patient présentant des antécédents de
maladie cardio-vasculaire.
- Présence d'un ou plusieurs de facteurs
de risque cardio-vasculaires.
- Caractère récent de la douleur thoracique,
survenant au cours d'un effort ou spontanément.
- Douleur à type d'oppression thoracique,
en "barre" médiothoracique, pesanteur mal
localisée rétrosternale.
- Certaines irradiations sont évocatrices
d'une insuffisance coronarienne : irradiation
vers le cou, les mâchoires, les deux bras
ou le dos.
- Douleur associée à des signes généraux
majeurs, dyspnée, sueur, pâleur.
- Dans ces circonstances, la douleur thoracique
est très évocatrice d'une pathologie cardio-vasculaire,
elle justifie alors la mise en route immédiate
du bilan.
Examen clinique normal
Radio pulmonaire normale
ECG :
- sus décalage persistant du segment ST
: infarctus aigu : stratégie de reperfusion
à envisager.
- pas de sus décalage persistant du segment
ST, mais troubles de la repolarisation :
considérer comme un angor instable, évaluer
le risque en fonction de l'âge, facteurs
de risque, antécédent d'infarctus, type
de modifications ECG, marqueurs de dégâts
myocardique (CPK et Troponine)
- normal :
Hospitalisation en secteur de cardiologie.
Monitoring ECG à la recherche de troubles
de la repolarisation parfois asymptomatique,
Dosage CPK et troponine.
1.2 - Dissection
aortique
(cf. Dissection Aortique)
Interrogatoire : Le diagnostic est suspecté
devant l'existence d'une hypertension artérielle
ancienne et/ou d'un morphotype particulier,
la douleur est souvent intense et prolongée,
mais son type et ses irradiations sont très
variables.
Examen clinique : recherche un état de choc
par tamponnade ou collapsus, une hypertension
artérielle importante, un souffle systolique
ejectionel de base ou sus sternal, un souffle
diastolique d'insuffisance aortique, une
asymétrie tensionnelle, des souffles vasculaires,
Radiographie pulmonaire : élargissement
médiastinal en cas de dissection de l'aorte
ascendante, élargissement de la silhouette
cardiaque en cas d'épanchement péricardique.
ECG non contributif, hypertrophie VG en
cas d'HTA ancienne
Une suspicion de dissection aortique impose
la réalisation en urgence d'examen certifiant
ce diagnostic (Echographie trans-thoracique
et trans-oesophagienne, scanner ou IRM)
et d'en préciser le type.
1.3 - Péricardite
aiguë
(cf. Péricardite aiguë)
Interrogatoire : des douleurs péricarditiques
peuvent révéler trois types de péricardite
: péricardite aiguë, syndrome de Dressler
ou syndrome post-péricardotomie. La douleur
est souvent très vive, augmentée par les
mouvements respiratoires, calmée par l'antéflexion.
Peut durer plusieurs heures.
Examen clinique : frottement péricardique
inconstant mais de bonne valeur diagnostique,
signes d'insuffisance cardiaque droite,
tamponnade.
Radiographie pulmonaire : cardiomégalie
en cas d'épanchement volumineux.
ECG : microvoltage en cas d'épanchement.
La suspicion de péricardite impose un contrôle
échographique à la recherche d'un épanchement.
L'absence d'épanchement n'infirme pas le
diagnostic.
Cette étiologie ne peut être évoquée, là
aussi, qu'après un bilan soigneux, comportant
une échographie, sachant qu'une réaction
péricardique peut être la conséquence d'une
cardiopathie ischémique.
2
- Origine pulmonaire : douleurs latérales
2.1 - Embolie pulmonaire
(cf. Chapitre embolie pulmonaire)
Interrogatoire : contexte de maladie thrombo
embolique : alitement prolongé récent, chirurgie
orthopédique ou urologique, antécédents
de phlébite. Présentation très polymorphe
de cette maladie. La douleur est habituellement
latéro-thoracique, vive, augmentée par l'inspiration
Rechercher, par l'interrogatoire et l'examen
clinique, des signes hémodynamiques : tachycardie,
chute tensionnelle, malaise lipothymique
ou syncope, cyanose.
Rechercher des signes pulmonaire : dyspnée,
foyer pulmonaire, hémoptysie, toux.
Radiographie thoracique peut être normale,
foyer d'hypoventilation pulmonaire, sur
élévation d'une coupole, foyer infectieux
pulmonaire.
ECG : tachycardie, signes de cœur pulmonaire
aigu (bloc de branche droit, ischémie sous
épicardique antérieure)
La suspicion d'embolie pulmonaire impose
la réalisation d'examen complémentaire pour
confirmer le diagnostic et préciser la gravité
de l'atteinte :
Dosage des D dimères : si négatif, élimine
le diagnostic
Scintigraphie pulmonaire : si négative,
élimine le diagnostic ; Si anormale, en
fonction de la conviction clinique et de
la probabilité forte ou intermédiaire d'EP,
d'autres examens sont à réaliser (échocardiographie,
scanner spiralé thoracique, angiographie
pulmonaire, etc..).
Si la scintigraphie n'est pas disponible
: scanner thoracique spiralé.
2.2 - Pneumopathie
infectieuse :
Interrogatoire : Il existe généralement
un contexte de maladie infectieuse associant
fièvre, frissons, expectoration purulente.
Les douleurs sont souvent de type pleurétique,
l'auscultation à la percussion pulmonaire
permet de retenir un syndrome de condensation
pulmonaire.
Examen : auscultation pulmonaire de foyer
pulmonaire ou râles diffus
La radiographie thoracique fait également
le diagnostic montrant une opacité plus
ou moins dense, souvent systématisée parfois
plus diffuse.
2.3 - Epanchement
pleural :
Interrogatoire : La douleur est souvent
brutale, latéralisée, irradiant parfois
vers l'épaule, parfois superficielle, majorée
par les mouvements respiratoires et la toux.
Examen : dyspnée ou polypnée superficielle
par inhibition respiratoire. L'auscultation
et la percussion permettent de conclure
à un syndrome d'épanchement liquidien.
La radiographie thoracique fait habituellement
le diagnostic : aspect d'opacité en faveur
d'un épanchement liquidien, aspect d'hyperclarté
périphérique en faveur d'un pneumothorax.
2.4 - Pneumothorax
spontané :
Pathologie relativement rare. La douleur
est souvent très violente accompagnée de
phénomènes dyspnéiques mais pas toujours
lorsqu'il est localisé.
Examen clinique pauvre : baisse unilatérale
du murmure vésiculaire pneumothorax de la
grande cavité, le diagnostic est facile
à établir par le tympanisme, si pneumothorax
localisé, c'est plus difficile
Radiographie pulmonaire : permet le diagnostic.
3 - Autres origines
3.1 - Douleurs
abdominales irradiant vers le thorax
- cholécystite
aiguë
Cette douleur peut être ressentie essentiellement
au niveau de ses irradiations thoraciques
ou à l'épaule, l'examen clinique et surtout
l'échographie abdominale permettent le diagnostic
de la lithiase vésiculaire.
- La pancréatite
aiguë réalise un syndrome douloureux
extrêmement intense, accompagné parfois
de signes généraux, la douleur est transfixante,
de survenue brutale et calmée par l'antéflexion.
La pancréatite aiguë peut s'accompagner
de modifications non spécifiques de la repolarisation
sur ECG.
Le diagnostic repose sur la négativité du
bilan cardio-vasculaire, les examens biologiques
spécifiques (élévation de l'amylasémie).
L'échographie abdominale ou la tomo-densitométrie
permettent d'affirmer ce diagnostic
Autres urgences
abdominales : abcès sous-phrénique
ou péritonite.
3.2 - Douleurs
neurologiques
- la douleur est
de type radiculaire, habituellement
en ceinture ou hémi-ceinture, de survenue
très brutale.
Dans ce cas, les
étiologies sont :
- le zona intercostal caractérisé outre
par les douleurs, par une éruption métamérique.
- un tassement vertébral.
DOULEURS
THORACIQUES CHRONIQUES
DOULEURS NON
ORGANIQUES
Présentation et
éléments de diagnostic comparable à l'orientation
en cas de douleur aiguë.
ORIGINE
ORGANIQUE
1 - Gastro duodénale
-
Spasme oesophagien
Cliniquement Il s'agit d'une douleur médio-thoracique
constrictive ressemblant étrangement à la
douleur angineuse par son caractère de constriction
et de pesanteur. Elle est également habituellement
sensible à la prise de TRINITRINE. Elle
n'est pas déclenchée par les efforts, par
contre elle est souvent facilitée par la
déglutition.
Le diagnostic repose sur la manométrie oesophagienne
et la pH-métrie.
=> L'intrication avec une insuffisance
coronarienne est possible. L'élimination
d'une cardiopathie ischémique nécessite
parfois la réalisation d'une coronarographie
car on peut assister à des modifications
électro-cardiographiques per-critiques au
cours d'un spasme oesophagien (négativation
des ondes T) et au cours des tests de provocation
du spasme coronaire (test au Méthergin).
- Le reflux gastro-oesophagien
avec ou sans oesophagite
Cliniquement
Il s'agit d'une brûlure rétro-sternale accentuée
ou provoquée par l'antéflexion, elle survient
habituellement après le repas et soulagée
par la prise de protecteurs gastriques.
On recherche les facteurs favorisants qui
sont habituellement la prise d'alcool, café,
tabac, aliments riches en graisse ou boissons
pétillantes.
Le diagnostic est fait par l'endoscopie
oeso-gastrique permettant d'objectiver un
aspect de hernie hiatale ; cet examen est
souvent complété par une manométrie oesophagienne
et une pH-métrie.
Le diagnostic de hernie hiatale est fréquent,
et n'élimine pas forcément la coexistence
d'une insuffisance coronarienne.
- L'ulcère gastro-duodénal
La douleur peut être dorsale, sans périodicité
particulière, l'examen gastro-eosphagien
et en particulier la gastroscopie permet
de redresser le diagnostic.
2 - Rhumatologiques
-
Syndrome de Tietze :
La localisation est habituellement sur le
2ème cartilage chondro-costal, elle a un
caractère mécanique, augmentée lors des
efforts de toux. La palpation permet de
noter parfois une tuméfaction en regard
de l'articulation, sans signe inflammatoire.
Les radiographies sont habituellement normales.
La maladie évolue de façon variable par
poussées.
- Les douleurs
chondro-costales peuvent s'intégrer
dans le cadre de rhumatismes inflammatoires
(la polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite
ankylosante etc...).
3 - Cardiaques
Angor d'effort
:
(cf. Chapitre Angine de Poitrine d'Effort)
Interrogatoire oriente vers ce diagnostic
en raison du contexte (> 40 ans, facteurs
de risque, type de la douleur, association
avec les efforts).
Examen clinique n'est pas informatif.
ECG de repos peut être normal.
Le bilan doit comporter des épreuves non
invasives pour affirmer le diagnostic (épreuve
d'effort, scintigraphie myocardique au thallium,
stress-écho). En cas de confirmation du
diagnostic, une angiographie coronaire doit
être effectuée pour le bilan d'extension
des lésions et l'évaluation des possibilités
thérapeutiques. Il faut se rappeler que
les tests non invasifs n'ont pas une sensibilité
de 100% et qu'un contrôle coronarographique
doit être indiqué, malgré la négativité
d'une épreuve d'effort, en cas de forte
suspicion d'angor.
Prolapsus valvulaire
mitral
Il s'agit d'une anomalie valvulaire mitrale
assez fréquemment rencontrée en particulier
dans la population féminine. Elle se caractérise
par un excès de tissu valvulaire particulièrement
au niveau de la petite valve mitrale et
une élongation des cordages.
Cette anomalie se manifeste par un click
méso-télésystolique suivi d'un souffle de
petite intensité.
Elle est constamment bénigne sauf cas particulier.
CONCLUSIONS
De
nombreuses situations pathologiques peuvent
entraîner un symptôme de douleurs thoraciques.
Vis-à-vis de ce symptôme, l'interrogatoire
précis non orienté est fondamental afin
de conduire le bilan et avec l'examen clinique
(éventuellement la radiographie pulmonaire
et l'ECG), permettent d'isoler les causes
anorganiques pour lesquelles l'escalade
des moyens diagnostiques n'est pas souhaitable.
Le diagnostic de douleur anorganique n'est
pas forcément rassurant, ni pour le malade,
ni pour le médecin. Le risque de méconnaître
une pathologie organique à un stade précoce
ou larvé justifie la prudence et la recommandation
d'une nouvelle consultation ou hospitalisation
en cas de persistance, d'aggravation des
douleurs, ou élément nouveau.
Inversement, l'orientation initiale vers
une étiologie cardiaque ou pulmonaire a
pour conséquence de proposer fermement une
hospitalisation pour étayer le diagnostic,
évaluer le risque évolutif et débuter le
traitement, en particulier pour les syndromes
coronariens aigus qui représentent l'étiologie
la plus fréquente des douleurs thoraciques
organiques. |