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I-GÉNÉRALITÉS
1 - Définition.
- Les artériopathies
chroniques obstructives de l'aorte et des
artères des membres inférieurs regroupent
toutes les lésions de la paroi artérielle
dont l'évolution (plus ou moins rapide)
est la sténose puis l'oblitération complète
du tronc artériel à un niveau quelconque.
- Le terme d'artérite
couramment utilisé est impropre. Le suffixe
" ite " sous-entend la notion " d'inflammation
de la paroi artérielle " ; celle-ci est
le plus souvent absente (ou au second plan),
notamment dans l'étiologie habituelle des
artériopathies chroniques obstructives :
l'athérosclérose. Cependant, des phénomènes
inflammatoires participent sans doute aux
évolutions des lésions athéromateuses pouvant
entraîner une complication vasculaire.
2
- Physiopathologie
Les lésions de la
paroi entraînent une réduction du calibre
de la lumière de l'artère. Cette sténose
entraîne un retentissement hémodynamique
(réduction du débit artériel), lorsqu'elle
réduit le calibre de plus de 50 %. La conséquence
en est une ischémie tissulaire an aval,
dans le territoire vascularisé par le tronc
artériel atteint.
L'ischémie est intermittente,
c'est à dire déclenchée par l'effort musculaire
lorsque le débit au repos assure les besoins
de base en oxygène, mais à cause de la sténose,
ne peut augmenter suffisamment à l'effort
pour assurer des besoins accrus. Le développement
progressif d'une circulation collatérale
de suppléance est habituel et compense plus
ou moins les conséquences de la ou des sténose(s).
L'aggravation de
la sténose et l'oblitération totale de l'artère
peuvent entraîner une ischémie en aval permanente,
plus ou moins sévère selon la suppléance
par la circulation collatérale et selon
l'état du lit artériel distal, (artères
de la jambe et du pied). L'oblitération
rapide de l'artère ne laisse pas se développer
la circulation collatérale, et l'ischémie
en sera plus brutale et sévère.
3
- Classification de Leriche et Fontaine.
Selon la gravité
clinique (liée au niveau et au degré de
l'obstruction artérielle, et au développement
plus ou moins important de la circulation
collatérale), on distingue 4 stades :
Stade I
: absence de symptomatologie fonctionnelle,
mais abolition d'un ou plusieurs pouls traduisant
l'oblitération d'un ou plusieurs tronc artériels
Stade II : ischémie musculaire à
l'effort, se manifestant par la claudication
intermittente à la marche. A ce stade, le
débit sanguin artériel au repos est suffisant.
Stade III : ischémie tissulaire permanente.
Le débit au repos est " limite " :
- en position debout, la pression hydrostatique
peut assurer une perfusion limite ;
- lors du décubitus, sa suppression suffit
à faire apparaître des phénomènes ischémiques
entraînant.les douleurs de décubitus ;
Stade IV : ischémie évoluée avec
troubles trophiques et gangrène.
L'aggravation
spontanée de la maladie fait passer le malade
par ces stades successifs, l'évolution étant
parfois accélérée par des complications
aiguës à type de thrombose artérielle aiguë
sur lésions sténosantes.
II - ÉTIOLOGIES.
1 - L'athérosclérose.
C'est la cause habituelle
des ACOMI (90% à 95% des cas).
1.1 - La lésion anatomique
élémentaire :
C'est la plaque athéromateuse.
Elle intéresse l'intima du vaisseau et fait
nettement saillie dans la lumière artérielle
: le centre de la lésion contient des lipides
et de nombreux débris cellulaires (bouillie
athéromateuse).
Elle évolue vers
des complications à type de :
- calcifications de la paroi artérielle
;
- sténose de la lumière ;
- ulcération dans la lumière ;
- thrombose au contact de la plaque, à l'origine
d'occlusions aiguës du tronc artériel ou
d'embolies en aval;
- fragilisation pariétale (anévrysmes).
1.2 - Les localisations
artérielles.
Elles sont souvent
multiples.
a)
- Au niveau de l'aorte abdominale et des
artères des membres inférieurs
- l'aorte abdominale : c'est le segment
artériel le plus touché, surtout l'aorte
abdominale sous-rénale ;
- artères iliaques, trépieds fémoraux, terminaison
des artères fémorales superficielles, artères
poplitées et artères de jambe sont les segments
les plus souvent atteints.
b)
- Au niveau des autres territoires artèriels,
deux atteintes sont fréquentes
- artères coronaires ;
- artères cérébrales (bifurcation carotidienne).
Leur atteinte doit
être recherchée lors du bilan de diffusion
de la maladie athéromateuse.
1.3 - Facteurs de risque
cardio-vasculaire.
Ils doivent être
dépistés, en raison de l'incidence sur la
thérapeutique.
1.4 - Tabac
- il favorise l'athérosclérose
et ses complications : il existe une relation
directe entre niveau d'intoxication et accroissement
du risque artériel ;
- c'est un facteur capital d'athérome au
niveau des membres inférieurs.
1.5 - Diabète
Il agit de deux façons
:
- il augmente le risque d'athérosclérose
banale : atteinte des gros vaisseaux = macroangiopathie
;
- il est associé à une atteinte des artères
de petit calibre : artères distales des
membres, mais aussi artères viscérales :
rétinopathie, néphro-angiopathie... (microangiopathie).
1.6 - Hypertension
artérielle
- l'athérosclérose
n'existe pas dans les artères à basse pression,
comme l'artère pulmonaire ;
- c'est un facteur athérogène très puissant.
1.7 - Hypercholestérolémie
- facteur majeur
d'athérosclérose coronarienne
- présente dans 30 à 50 % des ACOMI
Par contre, il existe
un effet inotrope négatif qui s'exprime
parfois lorsque la fraction d'éjection du
ventricule gauche est déjà atteinte, et
l'abaissement de la charge de travail systolique
rend donc les inhibiteurs calciques contre-indiqués
dans l'insuffisance cardiaque.
1.8 - Hérédité, sexe
et âge
-
le sexe masculin est exposé beaucoup plus
tôt, notamment au risque d'athérosclérose
coronarienne et des artères des membres
- l'âge est le plus puissant des facteurs
de risque de maladie artérielle (> 70 ans).
- l'hérédité est un facteur important.
1.9
- Autres désordres métaboliques
L'obésité, l'hyperuricémie
et l'hypertriglycéridémie agiraient essentiellement
par le biais de l'hypertension artérielle
ou de l'hypercholestérolémie qu'elles peuvent
entraîner.
Tous ces facteurs
se potentialisant (effet multiplicateur),
le traitement préventif doit permettre de
minimiser les risques de survenue ou d'évolution
de l'athérosclérose.
III - AUTRES
ÉTIOLOGIES.
1 - Les maladies inflammatoires.
Elles viennent en
deuxième position par ordre de fréquence.
1.1 - La thrombo-angéite
oblitérante ou maladie de Buerger.
Anatomiquement, elle
prédomine aux membres inférieurs, mais intéresse
aussi les artères des membres supérieurs
et les veines, atteignant de façon segmentaire
les artères de petit et de moyen calibre.
Elle touche surtout l'homme (90% des cas),
jeune (25 à 40 ans), grand fumeur (l'intoxication
tabagique joue un rôle important).
Cliniquement, les atteintes sont distales,
hyperalgiques, avec phénomènes vaso-moteurs,
et atteintes veineuses éventuellement associées
(oedème).
L'évolution se fait par poussées ; l'aspect
artériographique est évocateur, mais non
pathognomonique : aspect gracile des artères
distales.
1.2 - La maladie de
Takayasu.
Elle intéresse surtout
la crosse aortique et ses branches ; l'atteinte
de l'aorte abdominale et ses branches viscérales
est possible, mais beaucoup plus rare. Elle
touche surtout la femme (85% des cas), jeune,
et s'accompagne d'un syndrome inflammatoire
important qui, en général, préexiste à l'atteinte
artérielle.
1.3 - Les collagénoses.
Elles peuvent toutes
donner lieu à une atteinte artérielle, prédominant
aux membres supérieurs. Les plus habituellement
en cause sont la périarthrite noueuse (PAN),
le lupus érythémateux disséminé (LED) et
la maladie de Horton.
2 - Les causes infectieuses.
Elles sont très rares.
La syphilis ne se rencontre plus qu'au niveau
de l'aorte initiale.
Les rickettsioses ont été " invoquées "
dans l'athérosclérose (valeur du sérodiagnostic).
2.1 - Les atteintes
dégénératives.
En
dehors de l'athérosclérose commune intéressant
l'intima, elles sont représentées par l'artériosclérose
de la média :
- médiacalcose, sénile ou juvénile
- médianécrose kystique
- dégénérescence kystique de l'adventice
:
avec constitution
d'un kyste sous-adventiciel refoulant la
lumière artérielle,
cette atteinte intéresse quasi exclusivement
l'artère poplitée (de façon exceptionnelle
l'artère iliaque externe),
c'est un diagnostic à évoquer en cas d'oblitération
poplitée en regard de l'interligne du genou,
alors que le reste du réseau artériel est
sain.
- dysplasie fibro-musculaire,
touchant avant tout les artères rénales
et les carotides mais pouvant intéresser
les artères iliaques, vertébrales ou digestives.
2.2 - Les atteintes
artérielles de certaines maladies congénitales.
- La
maladie de Marfan : la dégénérescence
des fibres élastiques de la média (média-nécrose
kystique) aboutit le plus souvent à la constitution
d'une dissection ou d'un anévrisme.
- La maladie d'Ehlers-Danlos
entraîne une fragilité des vaisseaux, plus
facilement lésés lors des traumatismes.
- L'élastorrhexie
touche avant tout les vaisseaux du tube
digestif, mais parfois les artères des membres.
- La neurofibromatose
de Recklinghausen intéresse en règle
les petits vaisseaux.
2.3 - Les troubles
de la viscosité sanguine.
- l'hyperviscosité
sanguine peut être responsable de troubles
micro-circulatoires distaux : syndrome de
Raynaud, gangrène distale, alors que les
troncs artériels principaux sont intacts.
- causes d'hyperviscosité sanguine : polyglobulie,
thrombocytose, dysprotéinémie, existence
d'une cryoglobuline, hyperhomocystéinémie...
2.4 - Les ischémies
aiguës tissulaires.
Elles se voient
dans les gelures, les grands collapsus et
certaines CIVD.
2.5 - Les atteintes
toxiques ou chimiques.
- Elles ont été
rencontrées lors d'intoxications par métaux
lourds (arsenic, plomb).
- Des lésions artériolaires distales peuvent
se voir au cours de l'ergotisme.
- Elles peuvent aussi être localisées au
territoire d'injection d'un agent toxique.
3 - Les atteintes "
focalisées ".
Elles regroupent
diverses entités (atteinte mécanique ou
radique).
3.1 - Micro-traumatismes
artériels dans une zone de compression
- défilé osseux thoraco-cervico-axillaire
au membre supérieur ;
- compression osseuse par un ostéo-chondrome
; ou un cal osseux
- artère poplitée piégée : striction par
trajet anormal médialement au muscle jumeau
interne ou par une structure fibromusculaire
anormale du creux poplité ou par l'arcade
du soléaire.
3.2 - Artérite post-embolique
: réaction inflammatoire sur une paroi artérielle
lésée par un embole.
3.3 - Artérite post-radique
dans un territoire irradié pour traitement
d'un cancer (artères iliaques notamment).
La cause essentielle
de la très grande majorité des ACOMI (90
à 95%) est l'athérosclérose.
IV - DIAGNOSTIC
1 - Circonstances de
découverte. Le malade vient consulter :
- souvent, pour une
claudication intermittente à la marche ;
- parfois, à un stade plus évolué, pour
des douleurs nocturnes, ou des troubles
trophiques, pouvant survenir au décours
d'une complication aiguë à type de thrombose
ou d'embolie ;
- parfois, c'est un examen systématique
qui découvre l'abolition d'un ou plusieurs
pouls chez un malade asymptomatique (= Stade
I de la classification de Leriche et Fontaine).
2 - Examen clinique.
Il est fondamental
et permet à lui seul de porter le diagnostic.
2.1 - L'interrogatoire
Il précise le terrain,
les facteurs de risque de la maladie athéromateuse
et la symptomatologie fonctionnelle :
Le
Terrain :
- Profession, activité physique.
- Intoxication alcoolique souvent associée
au tabac.
- Autres facteurs de risque CV
La
claudication intermittente d'effort = Stade
II
Elle signe de
façon quasi-pathognomonique l'ischémie artérielle
par ses caractères :
- elle survient à l'effort, notamment à
la marche ; il faut préciser le seuil de
survenue : la distance de marche est le
nombre de mètres effectués sans douleur
sur terrain plat (importance dans la conduite
thérapeutique et dans la surveillance du
traitement) ;
- elle oblige à l'arrêt de l'effort ;
- elle cède à l'arrêt de l'effort en une
à quelques minutes (moins de 10 minutes).
- son type : c'est en général une crampe
douloureuse.
- son siège : le plus souvent au mollet
; elle peut siéger à des niveaux différents,
ce qui permet de préjuger du niveau de l'oblitération
:
- douleur de la fesse dans les oblitérations
iliaques hautes ;
-
douleur de la cuisse dans les oblitérations
iliaques basses ou de l'artère fémorale
commune
- douleur du mollet dans les oblitérations
fémoro-poplitées.
Les
douleurs de décubitus = Stade III
souvent importantes,
entraînant l'insomnie ;
siégeant au pied et au mollet ;
plus ou moins calmées par la mise en déclivité
du membre ;
2.2 - L'examen physique
Palpation
des pouls :
Tous les trajets artériels superficiels
doivent être explorés de façon bilatérale
et symétrique en consignant le résultat
sur un schéma daté :
- artère fémorale, au scarpa ; · artère
poplitée, au creux poplité ;
- artère tibiale postérieure, en arrière
de la malléole interne ;
- artère pédieuse (tibiale antérieure),
au milieu du cou-de-pied ;
- artères du membre supérieur (artère axillaire,
artère humérale, artère radiale), à titre
systématique.
Auscultation
Aux mêmes sites, recherche un souffle signant
la turbulence de l'écoulement sanguin. L'auscultation
des pouls périphériques à la cheville à
l'aide du stétho-Doppler permet de mesurer
le Pression Artériel distale et de calculer
d'Index de Pression Systolique à la cheville
:
| IPSC= |
Pa
distale du membre inférieur |
| ------------------------------------ |
| PA
humérale |
normalement compris
entre 0.9 et 1.2, et plus ou moins abaissé
selon le degré de la ou (des) sténose(s)
artériel(s), et le stade clinique.
Recherche et appréciation
des troubles trophiques
Signes
mineurs :
- peau sèche, squameuse, dépilée ;
- ongles cassants (soins locaux dangereux)
;
- modification de coloration lors des tests
de posture : pâleur du pied à la surélévation
du membre et érythrocyanose lors de la mise
en déclivité (signe de la chaussette)
Signes
majeurs = stade IV :
- retard de cicatrisation des petites plaies
;
- ulcère de jambe ;
- gangrène distale
(stade évolutif ultime), pouvant rester
localisée ou s'étendre rapidement, souvent
à la faveur d'une surinfection.
3 - Au terme de l'examen
clinique :
3.1
- Le diagnostic d'ACOMI est porté, les diagnostics
différentiels ayant été éliminés :
Douleurs d'origine
nerveuse (sciatalgies), différentes :
- par leur siège habituel à la fesse ;
- par leur chronologie, car évoluant sans
aucun rapport avec l'effort, sauf si elles
sont liées à une compression ou une oblitération
de l'artère du nerf sciatique.
- douleurs d'origine articulaire (arthrose
de hanche, du genou...)
Claudication intermittente médullaire, qui
ne s'accompagne pas de douleur.
3.2
- L'artériopathie peut être classée dans
un des 4 stades de la classification de
Leriche et Fontaine (diagnostic de gravité),
et son évolutivité est évaluée.
3.3
- Les niveaux d'oblitération, ou de sténose
artérielle (diagnostic topographique) ont
été précisés au mieux (schéma daté).
4 - Examens complémentaires.
a - Examens aux
ULTRA-SONS : DOPPLER CONTINU et ECHODOPPLER.
C'est un examen simple et anodin qui permet
d'objectiver le passage sanguin dans l'artère
et de le quantifier.
Il est plus sensible que la simple prise
des pouls.
Couplé à l'échographie, il permet une étude
de la paroi et de la lumière artérielles.
il étudie le retentissement hémodynamique
des lésions.
b - Aorto-artériographie
des membres inférieurs. 
Elle permet
de visualiser l'anatomie des artères et
leurs lésions.
Elle n'est réalisée que si l'on a un objectif
de traitement chirurgical.
Technique :
L'examen est pratiqué après vérification
de l'hémostase.
Le plus
fréquemment : ponction percutanée rétrograde
d'une artère fémorale ( technique de Seldinger)
permettant la montée d'un cathéter dans
l'aorte Injection de produit de contraste
;
Numérisation qui améliore la qualité des
images de l'angiographie par traitement
informatique.
Résultats
:
Outre les calcifications artérielles parfois
visibles avant injection du produit de contraste,
cet examen permet de visualiser la totalité
des axes artériels et de préciser
- la topographie du ou des obstacle(s)
- son type :
* thrombose ou oblitération
(arrêt total) ;
* sténose de la lumière
d'importance variable;
- l'état de l'ensemble
du réseau artériel
- les axes en amont des lésions
- le lit artériel en aval des lésions permettant
de préjuger des possibilités de revascularisation
l'existence d'une circulation collatérale
de suppléance plus ou moins importante.
V - BILAN LESIONNEL
A ce stade, les examens
cliniques et complémentaires ont permis
d'établir un bilan lésionnel précis, qui
doit être replacé dans son contexte : diffusion
de la maladie artérielle, facteurs favorisant
la maladie athéromateuse.
LA MALADIE ATHÉROMATEUSE
IMPOSE UN DOUBLE BILAN :
1
- Diffusion de la maladie artérielle avec
recherche d'une localisation :
- cardiaque : auscultation,
ECG de repos, voire ECG d'effort échographie
ou scintigraphie (test au dipyridamole)
: leur positivité peut conduire à la coronarographie
;
- cérébrale : recherche d'un accident vasculaire
cérébral régressif, auscultation des vaisseaux
du cou, examen écho-Doppler qui peut objectiver
une sténose carotidienne.
2 - Étude des facteurs
favorisant la maladie athéromateuse, à dépister,
et contrôler :
- intoxication tabagique
(à quantifier) ;
- hypertension artérielle (en faire le bilan)
;
- hypercholestérolémie, dyslipidémie (dosages)
;
- diabète (en faire le bilan) ;
- obésité (à chiffrer) ;
- hérédité.
- mode de vie
VI - ÉVOLUTION.
Plusieurs évolutions
sont possibles :
1
- Amélioration et stabilisation, après
suppression des facteurs de risque de la
maladie athéromateuse et traitement médical
ou chirurgical des lésions des artères des
membres inférieurs.
2
- Complication cardio-vasculaire
- infarctus du myocarde
- accident vasculaire cérébral
3
- Aggravation de l'ischémie des membres
inférieurs :
elle est favorisée par la persistance de
l'exposition aux facteurs de risque, des
traumatismes locaux (soins intempestifs
de pédicurie), une insuffisance cardiaque,
une infection...
elle peut se faire de façon progressive
:
- passage d'un stade à un autre : ischémie
d'effort puis de repos,
- évolution terminale vers la gangrène :
le plus souvent " sèche ", parfois surinfectée
et " humide " notamment chez le sujet diabétique
;

elle peut se faire de façon aiguë par thrombose
aiguë.
VII - TRAITEMENT
1 - Méthodes.
1.1 - Le traitement
médical.
II est toujours indispensable
et comporte plusieurs volets :
Suppression
des facteurs de risque et prescriptions
hygiéno-diététiques :
- suppression totale et définitive du tabac
;
- traitement d'une HTA, d'une obésité (régime
alimentaire hypocalorique), d'un diabète
(bonne équilibration) ;
- marche quotidienne assez lente et prolongée
(avant le seuil d'apparition des douleurs)
: fondamentale dans le traitement.
Traitement
anticoagulant et anti-agrégant :
- l'héparinothérapie intraveineuse est utile
dans les poussées aiguës ;
- Un traitement anti-agrégant plaquettaire
(Aspirine(r) 75 à 160 mg par jour ou Plavix(r)
: 1cp par jour) est indispensable.
Traitement vasoactif : L'efficacité des
médicaments vasodilatateurs est difficile
à chiffrer. Ils sont disponibles par voie
intraveineuse (cure lors des poussées aiguës)
et per os (traitement d'entretien).
Exemple : Buflomedil 700mg IV/ 24H ou 300mg
per os 2 fois par jour ou Naftidrofluryl
200 mg per os 3 fois par jour...
1.2 - Le traitement
chirurgical :
Il comporte 3 aspects
différents :
1.2.1
- La sympathectomie lombaire.
Réalisée dans le but d'améliorer la circulation
collatérale distale, elle peut être :
- chirurgicale, enlevant la chaîne sympathique
de L1 à L4, en règle par voie sous-péritonéale,
éventuellement en vidéoscopie
- chimique : phénolisation de la chaîne
sympathique par ponction per-cutanée sous
repérage scanner.
1.2.2
- La chirurgie restauratrice : à ciel ouvert
et/ou par voie endovasculaire :
Elle vise à restaurer la circulation
principale tronculaire, en faisant appel
à 3 modalités :
les
techniques de dilatation endo-luminale :
elles peuvent traiter des lésions
(occlusion ou sténose) courtes sans aborder
chirurgicalement les artères, par dilatation
au ballonnet de l'artère après ponction
artérielle percutanée.
l'endartériectomie : elle enlève
le séquestre athéromateux et l'intima (le
plan de clivage passant dans la média).
Le pontage :
- il court-circuite la zone oblitérée,
- la greffe veineuse (autogreffe) est le
matériau de choix ; son utilisation est
quasi formelle pour les pontages distaux
(calibre adapté, passage " en souplesse
" des plis de flexion) ;
- les prothèses synthétiques (Dacron ou
PTFE) sont surtout utilisées pour les pontages
des vaisseaux proximaux (étage aorto-iliaque).
1.2.3
- Les amputations.
Elles constituent l'ultime recours dans
les formes évoluées sans possibilités de
revascularisation ou avec gangrène trop
étendue.
II faut toujours tenter de limiter au maximum
le niveau d'amputation, en réalisant cette
intervention dans un contexte de chirurgie
vasculaire associée : sympathectomie, pontages
distaux, traitement médical par cures intraveineuses.
| |
Stade
évolutif |
| Méthodes
de traitement |
I |
II Faible |
II Fort |
III |
IV |
| Règles
hygièno-diétiétique |
+ |
+ |
+ |
+ |
+ |
| ·
arrêt total du tabac |
+ |
+ |
+ |
+ |
+ |
| ·
marche |
+ |
+ |
+ |
+ |
+ |
| ·
Traitement d'une obésité, HTA, dyslipidémie
, diabète |
+ |
+ |
+ |
+ |
+ |
| Médicaments |
|
+ |
+ |
+ |
+ |
| ·
Vasodilatateurs |
|
+ |
+ |
+ |
+ |
| ·
Anti-agrégants |
|
+ |
+ |
+ |
+ |
| Chirurgie
restauratrice |
|
|
+/- |
+ |
+ |
2- Indications
Elles sont
avant tout fonction du stade évolutif
et du terrain et tiennent compte du type
des lésions obstructives et de leur niveau
proximal ou distal. Schématiquement, dans
une ACOMI isolée:
2.1 - Au STADE
I.
Suppression
des facteurs de risque et mesures hygiéno-diététiques,
essentielles pour stabiliser l'évolution.
2.2 - Au STADE
II.
a) - Traitement
médical
Il reste fondamental à ce stade et peut
donner de bons résultats, surtout dans
les localisations moyennes et distales.
b) - Traitement chirurgical.
Il devra être proposé dans certaines circonstances
:
- stade II fort, rebelle au traitement
médical ;
- stade II fort du sujet jeune ;
- stade II avec lésions proximales (aorto-iliaques).
Dans ce cas,
en fonction du lit d'aval, de la localisation
des obstacles, il sera proposé
- une dilatation
endoluminale sur des lésions localisées
;
- une intervention de revascularisation
directe (pontage) ;
- parfois, une sympathectomie lombaire,
notamment dans les lésions distales.
2.3 - Au STADE
III.
La menace évolutive
justifie l'hospitalisation immédiate du
malade pour artériographie, optimisation
du traitement médical et chirurgie quasi
systématique :
- de préférence, chirurgie restauratrice
(à ciel ouvert et endovasculaire);
- en cas d'impossibilité de revascularisation
une sympathectomie lombaire peut parfois
être proposée.
3.4 - Au STADE
IV.
Tout doit être
mis en oeuvre (moyens médicaux et chirurgicaux)
pour éviter l'amputation ou limiter son
niveau.
|